News: ISRAËL FRANCE MUSIQUE - AGENDA : Une Nouba d'Israël le 12 octobre au Bataclan, avec l'Orchestre andalou d'Israël.
Par Dan Ben-Ami
Rubrique: Musique
Publié le 6 septembre 2008 à 08:47
Le Festival d’Ile-de-France présente une Nouba d’Israël le 12 octobre au Bataclan, avec l’Orchestre andalou d’Israël dirigé par Shmouel Elbaz. La musique arabo-andalouseي, aussi appelée al-ala ou al-andaloussi au Maroc, gharnati, san’â ou malouf en Algérie, malouf en Tunisie et en Libye est un genre musical profane, classique ou savant, du Maghreb, distinct de la musique arabe classique pratiquée au Moyen-Orient (ou Machrek) et en Égypte.
Elle est l’héritière de la musique chrétienne pratiquée en Espagne et au Portugal avant la Conquista, de la musique afro-berbère du Maghreb et de la tradition musicale arabe transmise au IXe siècle de Bagdad (alors capitale des Abbassides) à Cordoue et Grenade grâce notamment à Abou El Hassan Ali Ben Nafiq ou Ziriab, musicien brillant qui en créa à l’époque les bases, en composant des milliers de chants et en instituant le cycle des noubat, composées de formes poétiques tels le muwashshah ou le zajal (qui furent une des sources des Cantigas de Santa Maria du roi Alphonse X de Castille, et du flamenco). La nouba se distingue de la wasla et de la qasida arabes tant par ses modes que par ses formes.
À sa suite, Abu Bakr Ibn Yahya Al Sayih, dit Ibn Bâjja ou (Avenpace), poète et musicien lui aussi, a mis au point l’accord du oud maghrébin, a perfectionné la nouba et a laissé un grand nombre de compositions.
La musique arabo-andalouse, bien que reposant sur des règles très strictes, est une musique non écrite se transmettant oralement de maître à élève. Bien avant la chute de Grenade, de nombreux musiciens musulmans s’étaient repliés en Afrique du nord. La tradition musicale arabo-andalouse s’y est développée jusqu’à nos jours, particulièrement dans les villes ayant accueilli les réfugiés andalous (Tlemcen, Constantine, Rabat, Salé, Fès, Oujda, Tunis…).
À partir du XVIe siècle, la culture et la musique ottomane investissent sur plusieurs siècles, à l’exception du Maroc, la totalité des pays arabes influençant les formes musicales locales de l’Algérie à la Syrie. Le Maroc est épargné et sa musique ne connaît pas à ce moment de genre mixte, tel le malouf, héritier à la fois des Andalous et des Ottomans.
Ce n’est qu’à partir du XVIIIe siècle que des corpus écrits par le Tétouanais Muhammed Ibn al-Hasan al-Hayik apparaissent, recueillant ce répertoire poétique menacé.
Le début du XXe siècle verra lui un recueil systématique par des transcriptions musicales ainsi que l’organisation de congrès internationaux (au Caire et à Fès).
La musique arabo-andalouse est constituée autour d’un cycle de 24 noubat originelles, dont seule la moitié subsistent inaltérées. Elles s’inspirent largement des modes byzantins, perses, et arabes. Bien des noms sont encore en résonance, avec leurs origines : Ispahan, Iraq, Hijaz, Mashriq, etc. Ces 24 noubat étaient jouées sur 24 modes correspondant chacun à une heure des 24 que compte un jour (système similaire au râga indien). Chaque nouba est composée d’une suite fixe alternante de mouvements musicaux instrumentaux et poétiques. Il n’existe pas de répertoire unique et commun au Maghreb ; des noubas de même nom diffèrent d’écoles en écoles, et à l’intéreur même d’une école, il peut y avoir des dizaines de versions d’une même nouba.—
Source: IsraelValley et Wikipedia


