News: ISRAEL DRONES - AVIONS SANS PILOTE : les leaders américains, israéliens, suédois, russes, seront confrontés bientôt a une concurrence asiatique.
Par Gilles Gouteux
Rubrique: Aéronautique
Publié le 29 juillet 2008 à 08:55
ISRAELVALLEY a demandé à Gilles Gouteux, spécialiste d’intelligence économique, de nous transmettre le résultat d’un travail de recherche sur les drones. Ce travail a été présenté à l’ESCP-EAP dans le cadre d’une soutenance de thèse.
Faisons un tour du monde des acteurs du secteur.
1. La France est active dans la conception de drones. Son premier drone opérationnel, le CL289, a été mis en service en 1993 et le Crécerelle a été déployé lors des conflits de Bosnie et du Kosovo, avec de très faibles taux de perte.
Le Sperwer de Sagem (Safran) a d’abord été acheté aux Pays-Bas, en Suède, au Danemark, en Grèce et au Canada avant même d’être acquis par la France. En matière de drone tactique, Sperwer constitue de fait le standard en la matière.
EADS, Dassault et Thalès nourrissent aussi de grandes ambitions, le premier voulant même se positionner comme le leader européen des drones, mais il leur faut composer avec l’Etat qui joue de son influence pour éviter ainsi les conflits d’intérêt, nuisibles aux ambitions nationales.
La règle en la matière est d’éviter toute guerre « franco-française » et de préconiser des répartitions « maître d’oeuvre / maîtrise d’ouvrage » croisées (cas de l’EuroMale et du Neuron).
En plus de ces grands groupes, on peut aussi citer des PME performantes qui ont su développer une réelle compétence. On peut ainsi citer :
Hélices Halter, PME familiale de 7 personnes et leader mondial des hélices de drones,
Bertin Technologies qui travaille sur les batteries ultra puissantes utilisées par les mini drones qu’il produit,
Alcore technologies fabrique des micro drones et des rampes de lancement pour UAV,
CAC systèmes qui se positionne sur le domaine de la reconnaissance et la prestation de service.
La France veut se doter de systèmes de drones du plus petit au plus grand permettant de réaliser le plus large spectre de missions possible.
Elle est la seule en Europe à avoir directement affiché cette ambition et a ainsi obtenu d’être considéré comme leader en ce domaine.
Pour compléter ce tableau, il faut citer le rôle de l’ONERA, centre de recherche qui participe à de nombreux projets civils et militaires, y compris à l’échelle européenne.
Nota : La France a obtenu la présidence du groupe de travail « drone » de l’Agence Européenne d’Armement.
2. Israël
Pays pionner de la fabrication des drones, Israël en est l’un des principaux exportateurs et des es sociétés comme Israeli Aeronautics Industries (IAI) et Elbit Systems, via sa filiale Silver Arrow, inondent le marché mondial de leurs drones tactiques (Hunter, Hermes, Heron) et des dérivés développés en partenariat avec les pays européens, comme la France, mais aussi en participant à des projets de recherche de l’Union Européenne.
3. Les Américains ont, quant à eux, investi essentiellement dans drones tactiques, mais investiguent aussi fortement dans les Male (Predator) et dans les Hale (haute altitude, longue endurance), dont le Global Hawk, le seul opérationnel actuellement sur ce marché et testé en réel dans de nombreux conflits.
Le Pentagone prévoit d’affecter prochainement environ 4 milliards de dollars en développement et en acquisition du Global Hawk, jusqu’en 2009 (à 65 millions de dollars environ l’unité) et accorde une grande place dans ses réflexions stratégiques au développement et à l’usage des drones lors de conflits de moyenne ou forte importance.
D’autres pays essayent également de produire des drones, mais de moindre importance : la Suède avec Saab (modèle Sharc) et l’Italie avec la société Alenia, la Russie et l’Afrique du Sud a développé plusieurs drones.
La Russie n’est pas vraiment présente sur ce marché pour le moment, mais sa récente tentative de coopérer avec le projet de drone Neuron montre qu’elle y est intéressée, d’autant qu’elle veut reconstituer sa force militaire et que ses moyens financiers actuels lui en donnent les moyens.
Plusieurs pays asiatiques ont développé une culture drones, avec ou sans partenaires étrangers. La relative simplicité des systèmes de base les amène à se lancer dans ce type d’armes et plusieurs pays ont présenté différents modèles lors du salon Asian Aeropace à Singapour en février : la Chine, Taïwan, la Corée du Sud et l’Inde. ont également des projets de drones de surveillance ou tactiques.


