SARAH TOURS: Voyage en Israel

SAVE THE DATE: Rencontres sur la Sécurité le lundi 16 novembre 2009 News: ISRAEL MUSIQUE - Idan Raichel : fusion de la musique électronique, folk israélien, musiques africaines et éthiopiennes.

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Par Gilles Sitruk
Rubrique: Musique
Publié le 20 juillet 2008 à 08:49

UN TEMOIGNAGE EXCEPTIONNEL - Claviériste, compositeur, interprète et arrangeur de talent, Idan Raichel a fait une entrée fracassante dans le milieu de la chanson israélienne en fusionnant musique électronique, folk israélien et musiques traditionnelles africaines (notamment éthiopiennes).

Il est considéré aujourd’hui comme le chanteur le plus populaire et inventif d’Israël.

Gilles Sitruk : Qu’est-ce que le Projet Idan Raichel et pourquoi l’avoir appelé projet ?

Idan Raichel : Tout a commencé comme un projet expérimental. Je faisais quelques essais musicaux dans un studio que j’avais monté dans la cave de mes parents et j’avais invité beaucoup de chanteurs et musiciens à travailler avec moi. J’espérais ainsi inventer une nouvelle musicalité, à partir de ce travail en groupe, comme l’aurait fait tout compositeur de chansons, mais finalement ces ébauches ont ensuite servi de base aux enregistrements de la plupart des chansons de mon album.

G.S. D’où vient cette idée d’établir un nouveau projet musical ?

I.R. J’avais envoyé quelques bouts d’essais de ces chansons ainsi réalisées dans mon petit studio, à la maison de disques Helicon. Son manager Gadi Gador a beaucoup aimé, et nous avons immédiatement commencé à travailler à la réalisation d’un album complet. Puis les gens de Helicon ont souhaité que j’en fasse un spectacle, jusqu’au jour où une offre m’est venue de la Maison de l’Opéra de Tel-Aviv que je ne pouvais pas refuser.

Pourquoi avez-vous choisi une musique spécialement éthiopienne ?

Idan : L’âme et l’esprit de la musique éthiopienne m’attirent vraiment. Elle a une réelle authenticité, comme les premiers blues. J’aime leurs rythmes et mélodies très exotiques, mais au-delà de cela, j’aime les gens de ce pays. J’ai commencé à faire la connaissance de la communauté éthiopienne en Israël quand je travaillais dans un pensionnat pour les adolescents immigrés. Beaucoup d’adolescents avaient des problèmes d’identité. J’ai rencontré alors un petit groupe resté proche de ses racines en écoutant des musiques qu’il avait reçues d’Addis Abeba. J’ai commencé à écouter et à aimer les musiques de Mahmoud Ahmed, Gigi, Aster Aweke et d’autres. Puis j’allais de plus en plus dans les bars éthiopiens que l’on trouve à Tel-Aviv, puis aux cérémonies, mariages et synagogues éthiopiennes, et j’y ai noué de nombreuses amitiés, aujourd’hui confortées par ma musique et le métier que j’exerce.

Quel public vos chansons visent-elles ?

Idan : La musique existe pour tout le monde, n’importe où. J’ai joué partout dans le monde, y compris le Mexique, l’Inde, Singapour, l’Europe et l’Amérique du Nord. Pour la plupart, la réaction a été très positive et les gens perçoivent et aiment cette musique et les motivations de mon projet musical.

Quel message essayez-vous d’envoyer au public, et est-il le même en Israël et à l’étranger?

Idan : Je crée, joue et chante ma musique sans songer à quel type de public elle s’adresse. Il y a un seul message commun à tous, c’est l’unité et la solidarité, l’amour et l’intégration du voisin.

Quand vous jouez à l’étranger, estimez-vous que vous êtes “un ambassadeur” d’Israël?

Idan : Dans un certain sens, oui. Le Projet est à l’image des rues de Tel-Aviv en réunissant de nombreux artistes de différents âges et d’origines diverses. Quand j’ai commencé mon Projet, il n’y avait vraiment aucun message sous-jacent. Maintenant que le projet a réussi en Israël, il est réconfortant de voir que les Israéliens apprennent à vivre en harmonie avec leurs frères éthiopiens, palestiniens, marocains ou yéménites. J’ai toujours considéré que le racisme et les préjugés sur l’autre viennent de l’ignorance. Les paroles de ma musique sont basées sur les thèmes universels de l’amour, de la paix et de la tolérance. Notre succès musical en Israël et dans le monde démontre que les gens sont désireux d’entendre notre message de paix.

Croyez-vous qu’il y a plus de solidarité pour Israël grâce à des artistes comme vous qui chantez la paix et l’amour ?

Idan : Cela peut être difficile pour les artistes israéliens voyageant en différents pays, où l’opinion générale n’est pas très favorable à Israël, mais j’ai constaté que les gens sont curieux et plus désireux d’apprendre auprès des Israéliens et sont souvent étonnés de découvrir que beaucoup d’entre nous ne veulent plus du conflit.

Avez-vous pensé à l’ajout d’autres styles à votre musique d’inspiration éthiopienne, et songez-vous à chanter un jour vos chansons également en anglais ou en français ?

Idan : Etant donné que je parcours le monde, j’essaie toujours de réaliser des enregistrements avec les musiciens des pays que je visite. Chacun y apporte sa propre langue et son style !

Vous avez souvent chanté en Israël, en France et partout dans le monde. Trouvez-vous le public français radicalement différent du public israélien et si oui, de quelle manière ?

Idan : Les réactions du public ne sont pas réellement différentes d’un pays à l’autre. Les gens chantent en chœur avec nous, partout où nous sommes. Et je suis profondément heureux de voir combien la musique peut toucher tout autant les gens, quelles que soient leur culture ou leurs origines.

Aujourd’hui, quelles sont vos nouvelles ambitions par rapport à votre “projet” et quel est votre programme pour le court terme ?

Idan : J’espère développer mon Projet avec d’autres artistes à travers le monde. J’ai déjà commencé à enregistrer avec des chanteurs africains, d’Amérique latine et de l’Inde. Un nouveau single sort très bientôt et nous sommes en train de réaliser un nouvel album qui sera distribué dans le monde entier en 2009.

De toutes vos chansons, avez-vous une chanson préférée ?

Idan : Comment puis-je choisir ? Cela ressemble à demander à un père lequel de ses enfants il préfère. Toutes mes chansons me parlent, mais j’en aime parfois particulièrement une, en fonction de mon humeur.

La plupart de vos chansons ont atteint un haut niveau musical. Considérez-vous que vous pourriez encore et toujours avoir l’inspiration pour créer des chansons d’une telle qualité ?

Idan : Nous sommes tous confrontés à toujours plus de défis et de montagnes à escalader. Mon défi actuellement est de mieux conquérir le public hors d’Israël. Quoi de plus important en effet que de toucher des gens différents par sa musique ? Rien n’est plus beau et exaltant…

Les chanteurs qui chantent dans votre groupe sont radicalement différents. Comment les choisissez-vous et cherchez-vous un certain style ?

Idan : Honnêtement, je n’ai pas cherché de chanteurs avec un profil particulier. J’ai juste invité mes amis à enregistrer avec moi. Or, il se trouve que mes amis sont de différentes cultures. C’est la réalité de l’Israël moderne. Je profite ainsi du génie de mes amis-musiciens qui apportent, chacun à sa manière, son talent, sa sensibilité et son expérience musicale.

Quelle était votre carrière avant “le projet” ?

Idan : Comme tous les jeunes gens en Israël, j’ai dû rejoindre l’armée quand j’ai eu 18 ans. C’est le service obligatoire, quoique beaucoup de conscrits n’accomplissent pas toujours des tâches militaires habituelles. Ainsi, mon activité militaire a consisté à diriger un groupe pop, où j’ai acquis beaucoup d’expérience et rencontré certains des musiciens qui aujourd’hui, travaillent avec moi, par exemple Cabra Casey, un des chanteurs éthiopiens. C’était vraiment une formidable occasion de pouvoir s’entraîner musicalement dans le cadre de mon service militaire! Puis, j’ai beaucoup sillonné les bases pour chanter parmi les troupes. Je me rappelle même qu’un jour, je donnais un concert lorsque soudain une alerte a été déclenchée… Tous les soldats se sont alors rués dans les abris tandis que je poursuivais mon concert… face à un chien, d’ailleurs très attentif. C’était assez bizarre.—

Source: Gilles Sitruk de SVP- Israël ?

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