News: ISRAEL PHARMACIE - Teva reprendrait à son compte environ 1,5 milliard de dollars de dette nette de Barr.
Par Mickael Finkelstein
Rubrique: Pharmacie
Publié le 19 juillet 2008 à 06:54
TEVA a besoin de se renforcer sur ses marchés de prédilection aux USA et en Europe contre ses concurrents qui se montrent de plus en plus téméraires (certains affirment déjà avoir développé un générique du médicament phare de la société israélienne, la Copaxone).
Pour se renforcer donc, rien de mieux que d’absorber un de ses plus gros concurrents, en l’occurrence Barr Pharmaceuticals.
Les analystes estiment ce rachat à 7,46 milliards de dollars (4,7 milliards d’euros), ce qui constituerait la plus grosse acquisition de son histoire, quelques millions de plus que les 7,4 milliards de dollars dépensés pour acheter l’Américain Ivax il y a deux ans.
D’après le Jpost, Barr est spécialisé dans les médicaments génériques et a également développé ses 30 propres médicaments. A la fin de l’année 2007, la société américaine avait cumulé un bénéfice de 128 millions de dollars. Son revenu total cette même année s’élevait à 2,5 milliards de dollars.
Pourtant, Teva reprendrait à son compte environ 1,5 milliard de dollars de dette nette de Barr.
Le nouveau géant compterait environ 37.000 employés répartis dans plus de 60 pays, et afficherait un chiffre d’affaire astronomique (Barr et Teva ont un chiffre d’affaires cumulé de 11,9 milliards de dollars en 2007, dont 9,4 milliards de dollars pour Teva uniquement).
Pour rappel, l’objectif de Teva est de disposer de 30% du marché des génériques d’ici 2012, contre environ 20% actuellement.—
M.F
REVUE DE PRESSE. Lefigaro.fr : Le marché pharmaceutique est en pleine ébullition. Hier, le numéro un mondial des médicaments génériques, Teva, a annoncé qu’il allait acquérir le numéro quatre du secteur, l’américain Barr Pharmaceuticals. Le laboratoire israélien y met le prix : 7,46 milliards d’euros, soit trois fois le chiffre d’affaires de la firme américaine.
Teva a été d’autant plus généreux qu’il est hors de question de revivre la mésaventure de l’année dernière. Merck Generics, vendu par l’Allemand Merck, lui était passé sous le nez. L’Américain Mylan, en mettant 7 milliards de dollars sur la table, a raflé la mise.
«Le prix proposé est relativement élevé, explique Alain Gilbert, associé gérant au cabinet de conseil spécialisé, Bionest Partners. Mais je pense que Teva a bien calculé les bénéfices d’une telle opération.»
Clairement, comme tous ses concurrents, Teva a besoin de nouveaux relais de croissance pour accroître son chiffre d’affaires et encore améliorer ses marges. En effet, même si les médicaments génériques sont vendus beaucoup moins chers que les produits originaux, les volumes réalisés, le bas coût de production et de distribution assurent des marges confortables aux génériqueurs.
Barr Pharmaceuticals apporte à Teva son portefeuille très fourni en copies de médicaments de spécialités, une compétence très nette dans les biogénériques, et une présence très développée en Europe centrale. Il y a un peu moins de deux ans, en effet, le laboratoire américain a racheté à prix d’or l’un des leaders régionaux, le croate Pliva.
Le mouvement de concentration entre génériqueurs a pris un nouveau tournant ces dernières semaines. Les big pharma, essentiellement concentrés sur les médicaments innovants, ne cachent plus leur intérêt pour les génériques. Ce marché représente 25 % des ventes de médicaments dans le monde et devrait encore croître dans les prochaines années avec des pertes de brevets considérables.
Bataille pour Zentiva
Sanofi Aventis a ainsi fait une offre sur les 75 % du capital du tchèque Zentiva qu’il ne détient pas. Ce dernier a décliné la proposition, jugée trop basse. Le prix offert n’est pourtant pas négligeable. L’offre du laboratoire pharmaceutique français valorise en effet Zentiva à 2,7 milliards de dollars. Pas mal, pour celui qui se place au quatorzième rang mondial des génériqueurs. Mais Zentiva sait qu’il est en position de force. Un autre de ses grands actionnaires, son compatriote PPF, a déjà fait une offre sur la firme tchèque et pourrait à nouveau surenchérir. Sanofi Aventis devra donc certainement faire un effort financier supplémentaire s’il veut pousser ses pions en Europe centrale, l’une des zones à plus forte croissance dans la vente de médicaments.
La bataille promet d’être intéressante. Comme celle qui aurait pu naître entre le leader japonais, Daiichi Sankyo, et le numéro un mondial, Pfizer. La rumeur voulait qu’ils se déchirent pour le rachat d’un autre leader des génériques, l’indien Ranbaxy. Finalement, la guerre n’aura pas lieu. Après avoir signé avec Ranbaxy un accord sur la commercialisation d’une copie du Lipitor, Pfizer n’ira pas, laissant la voie libre à Daiichi Sankyo.
Les prochains mois devraient être féconds en rapprochements. « Les principaux laboratoires mondiaux, en perte de vitesse, cherchent par tous les moyens à se diversifier pour limiter les risques. Il y aura d’autres opérations dans les biotechnologies et d’autres acquisitions dans les génériques », prédit Alain Gilbert.—


