News: ISRAEL START-UP : G.ho.st est un exemple de coopération et d’entente entre Israéliens et Palestiniens.
Par IsraelValley Desk
Rubrique: Hi-tech & innovation
Publié le 14 juillet 2008 à 08:52

Le journal LIBERATION est bien diffusé ce 14 Juillet à Paris. Surprise : en très bonne place dans le journal un article apparaît sur une coopération exemplaire entre Israéliens et Palestiniens. Son titre : La start-up qui fait une place à la concorde. Envoyée spéciale à Modi’in (Israël) par DELPHINE MATTHIEUSSENT.
Libération (Copyrights):”Les salariés de la start-up Internet G.ho.st, à Ramallah en Cisjordanie, profitent de la pause matinale pour fêter la naissance du fils d’un collègue. Dans la salle de conférences, les blagues fusent autour d’un knafel (gâteau arabe à base de fromage). Soudain, une femme souriante apparaît sur l’écran géant de vidéoconférence accroché au mur : la directrice commerciale, membre de l’équipe israélienne de la start-up, située à Modi’in en Israël, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Ramallah. «Mazel tov [félicitations en hébreu, ndlr] ! Mabrouk [la même chose en arabe] ! Moi aussi je veux du gâteau», lance Ory Wainroth à ses collègues palestiniens par webcam interposée.
G.ho.st n’est pas seulement un exemple de coopération et d’entente entre Israéliens et Palestiniens. La start-up développe une nouvelle technologie : l’accès gratuit à un ordinateur virtuel, hébergé sur le Web, permettant aux utilisateurs d’accéder à leur ordinateur via Internet, où qu’ils se trouvent. «L’idée m’est venue lorsque j’ai vu un nombre croissant d’applications et de logiciels disponibles sur le Web», explique Zvi Schreiber, le PDG israélien, de l’entreprise.
Barrages. Une version test de G.ho.st (Global Hosted Operating System ou système d’exploitation international sur Internet) est déjà disponible (www.g.ho.st) et son lancement officiel est prévu pour Halloween, à l’automne 2008. Le service – qui intègre d’autres applications existantes, entre autres offertes par Amazon, Google, Zoho (suites bureautiques en ligne) ou Flickr (gestion et partage de photos en ligne) – est gratuit pour les utilisateurs. Ce sont les fournisseurs de services qui rémunèrent G.ho.st avec un certain pourcentage pour chaque internaute renvoyé vers ses pages. Benchmark Capital, une entreprise de capital-risque de la Silicon Valley, célèbre pour avoir contribué à la réussite d’eBay, a investi 2 millions de dollars (1,25 million d’euros) dans la start-up.
L’équipe palestinienne de G.ho.st compte 35 programmateurs et ingénieurs rassemblés dans un immeuble moderne du quartier d’affaires de Ramallah. Dans le bureau, atmosphère décontractée, open space, jeans, baskets et moyenne d’âge de 26 ans. «Nous recrutons les meilleurs diplômés en informatique des universités palestiniennes, explique Adel Hazboun, 30 ans, un des directeurs de projet. Notre partenariat avec les Israéliens nous permet de bénéficier d’importants investissements et transferts de compétences.» Les entretiens d’embauche ont souvent lieu dans la cafétéria d’une station-service, sur la route entre Jérusalem et Jéricho, dans une zone ouverte à la fois aux Palestiniens et aux Israéliens. La courte distance qui sépare Ramallah de Modi’in est en effet semée de barrages militaires et divisée par le mur de sécurité israélien. Le gouvernement de l’Etat hébreu interdit à ses ressortissants l’entrée dans les villes de Cisjordanie et les Palestiniens doivent obtenir des permis de Tsahal pour passer les barrages qui contrôlent l’accès à Israël.
«Ensemble». Les salaires des employés palestiniens sont d’un tiers inférieurs à ceux pratiqués en Israël, mais Schreiber souligne qu’il ne s’agit pas de sous-traitance. «Nous travaillons ensemble, Israéliens et Palestiniens, comme une seule équipe. Tous les employés ont un plan d’actions et nous décidons en commun de la stratégie de l’entreprise», explique-t-il. Schreiber s’est associé à un homme d’affaires palestinien, Tareq Maayah, pour mettre sur pied le bureau de Ramallah de G. ho.st. «Je voulais créer des emplois pour les Palestiniens, contribuer à l’établissement de relations de travail et personnelles entre Israéliens et Palestiniens. C’est ma manière de contribuer à la résolution du conflit», explique Schreiber. Et d’ajouter : «Nous ne parlons presque jamais de politique parce que nous avons tous un but commun : le lancement du produit sur le marché international. Cela nous fait oublier ce qui se passe autour de nous.»—
Source: Libération ( Copyrights)


