ACTUALITÉ CCFI: DÎNER ANNUEL DE LA CCFI AVEC CARLOS GHOSN - 8 DÉCEMBRE 2008 - 60 ANS D'ISRAËL News: ISRAEL EDUCATION - Les diplômes des Grandes Écoles françaises sont-ils reconnus en Israël ?

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Par Jacques Bendelac
Rubrique: Education
Publié le 3 juillet 2008 à 09:59

Les diplômes des Grandes Écoles françaises (comme Polytechnique et Ponts et Chaussées) ne jouissent pas d’une pleine reconnaissance de la part des autorités israéliennes. Pourtant, l’intégration professionnelle des diplômés va en s’améliorant, même si tous les employeurs israéliens ne leur déploient pas un tapis rouge. Les diplômes français sont de plus en plus connus des employeurs israéliens et l’effet boule de neige va en s’amplifiant.

Il est vrai qu’aujourd’hui encore les autorités israéliennes refusent de reconnaître le diplôme d’une Grande École française à sa juste valeur. En fait, l’homologation officielle a connu deux grandes périodes :

• jusqu’en 2002, l’équivalence délivrée par le Ministère israélien de l’Education était celle d’un Master en Sciences (M.Sc. ou Bac+5) ;
• depuis 2003, l’équivalence délivrée par le Ministère au diplômé d’une Grande École française n’est plus que celle d’une Licence en Sciences (B.Sc. ou Bac+3).

C’est la non-reconnaissance des classes préparatoires aux Grandes Écoles (généralement 2 années d’étude) qui se traduit par une dévalorisation de leur homologation israélienne. Les tentatives menées par diverses associations francophones, comme l’Association des Anciens Etudiants des Grandes Écoles françaises en Israël (AAEGE-Israël), auprès du Ministère de l’Education n’ont encore pas permis de parvenir à une solution satisfaisante.

Il faut toutefois remarquer une différence sensible entre le secteur public et les employeurs privés :
• dans le public, les entreprises nationales et les banques, l’embauche, le salaire et les règles d’avancement dépendent beaucoup de la reconnaissance du diplôme par le Ministère israélien de l’Education ;
• dans le reste du secteur privé, les employeurs sont indifférents aux homologations du Ministère de l’Education ; contrairement à la France, le diplôme compte moins que d’autres critères professionnels comme l’expérience et le contact humain.

Témoignage :
L’expérience vécue en Israël par un diplômé d’une Grande École française vaut mieux que de longues explications. Ecoutons E.K. qui est arrivée en Israël il y a une dizaine d’année alors qu’elle venait de terminer ses études à l’École Centrale de Paris. Nettement surqualifiée pour le poste qui lui était proposé, E. K. a immédiatement senti que le concept « Grandes Écoles » était mal compris : « Ici, personne ne savait ce que signifie d’étudier à Centrale. L’aspect élitiste de ces établissements et le fait que le plus difficile c’est d’y rentrer, sont des choses impossibles à expliquer. Au bout d’un moment, je déclarais simplement que j’étais ingénieur chimique, puisque c’était ma spécialité. En France, sortir d’une Grande École est un atout réel, une reconnaissance de vos compétences et de vos qualités intellectuelles qui facilite la vie professionnelle, mais en Israël les choses sont totalement différentes. Même les élèves issus des Grandes Écoles doivent recommencer de zéro et faire leurs preuves ! ». Mais E. K. aime les défis et ces difficultés n’ont pas été pour lui déplaire. Aujourd’hui intégrée à la vie professionnelle israélienne dans une grande entreprise pharmaceutique, E. K. conseille les Français issus des Grandes Écoles : « Je suis frappée par les difficultés que rencontrent certains Français qui viennent vivre en Israël. Ils sont un peu perdus au départ. Surtout s’ils sont seuls et n’ont pas de réseau. Quand j’en ai l’occasion et dans le cadre du projet « Grandes Écoles & Universités », j’essaie de les introduire dans les entreprises israéliennes, de leur avoir des entretiens mais aussi de leur donner des conseils. Ces Français jugent parfois trop vite les Israéliens et se campent dans leurs différences. Beaucoup veulent aussi être tout de suite embauchés à des fonctions équivalentes à celles qu’ils occupaient en France. L’important, c’est de rentrer dans l’entreprise, même s’ils n’y gagnent qu’un tiers de ce qu’ils gagnaient en France. Je leur dis que ça vaut le coup parce qu’ensuite leurs qualités seront reconnues ! » (Sources : PGEU et Israelvalley).

Aujourd’hui, le nombre de diplômés des Grandes Écoles françaises qui sont arrivés à des postes de direction dans les sociétés israéliennes est en augmentation, ce qui facilite l’intégration des nouveaux immigrants diplômés des Grandes Écoles.—

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