News: Israël Hezbollah : Samir Kantar promu au rang de vedette de la lutte armée palestinienne…
Par Mati Ben-Avraham
Rubrique: Editorial
Publié le 30 juin 2008 à 00:43
Il faut rappeler qui est Samir Kantar, condamné voici 28 ans, à 542 années de détention criminelle. L’homme, un Druze libanais, enrôlé par le Front de Libération de la Palestine, avait surgit, un an auparavant, dans un quartier de la ville côtière de Naharya.
Il avait abattu un père devant sa fille, âgée de quatre ans, puis fracassé le crâne de celle-ci à coups de crosse. Et dans sa foulée meurtrière, il avait abattu deux autres personnes, dont un policier.
Samir Kantar n’a jamais exprimé le moindre regret. A ses yeux, il s’agissait d’un acte légitime. Il sera libre sous peu, alors que, jusqu’à présent, les différents gouvernements israéliens avaient refusé de l’inclure dans tout échange de prisonniers.
Libre et transformé en héros de la lutte armée anti-israélienne. Du côté palestinien, les manchettes donnent dans le lyrisme : ” Symbole de l’héroïsme arabe et du combat pour la libération de la Palestine ” , ” Samir, le combattant venu du Liban”, Le héros combattant Samir”, ” Samir, le peuple palestinien et la direction palestinienne sont derrière toi”…
Le “héros” est également récupéré par le Hezbollah, qui l’accommode à sa propre sauce. Pour Cheikh Nasrallah, sa libération met le point final à la deuxième guerre du Liban, confirmant la suprématie de son mouvement sur l’armée israélienne.
C’est cette transformation en icône d’un vulgaire assassin que craignaient les opposants à la transaction, en particulier les patrons du Mossad et du Shabbak. La crainte est aussi que ce troc ne nuise aux négociations sur la libération du soldat Guilad Shalit, détenu par le Hamas, quelque part dans la bande de Gaza. Ne donne des idées à ses geôliers.
Les journaux israéliens, pour leur part, ont rivalisé dans les comptes et mécomptes avec les organisations terroristes oeuvrant au Liban. 14 mars 1979 : un soldat contre 79 terroristes. 24 novembre : six soldats contre 98 terroristes et 4700 détenus. 20 mai 1985 : le fameux troc Djibrill, 1150 terroristes contre 3 soldats. 11 septembre 1991 : 9 dépouilles de terroristes et libération de 57 détenus contre des informations sur le sort de deux soldats. 12 septembre 1991 : la dépouille d’un soldat contre le retour, dans les territoires, de deux leaders du Front démocratique. 21 juillet 1996 : les dépouilles de deux soldats contre 123 corps de terroristes. 25 décembre 1998 : le corps déchiqueté d’un commando de la marine contre 60 détenus libanais et 40 dépouilles de miliciens du Hezbollah. 23 décembre 1999 : cinq corps de terroristes contre la libération, en Iran, d’un citoyen allemand. 26 décembre 1999 : libération de cinq Libanais contre des informations sur le sort de Ron Arad. 29 janvier 2004 : l’homme d’affaires Elhanan et les dépouilles de 4 soldats contre 36 prisonniers, dont le cheikh El Karim Obeid et Moustapha Dirani. 15 octobre 2007 : libération d’un Libanais et restitution de deux terroristes contre la dépouille d’un Israélien, noyé en mer trois ans plus tôt et déposé par les courants sur une plage libanaise. 1er juin 2008 : libération d’un espion d’origine juive contre les dépouilles de cinq soldats israéliens et une plaquette d’identification.
Longue liste, qui témoigne de l’abandon progressif de l’intransigeance israélienne quant à toute négociation sur les conditions d’un échange. C’est bien pour cela que la valse hésitation du gouvernement, Premier Ministre en tête, sur l’opportunité du troc Kantar-Goldwasseur/Regev, a choqué les familles et l’opinion publique dans son ensemble. Sans oublier le comportement des ministres face aux parents des soldats détenus au Liban. Comme le chantait Jacques Brel : ” …je sais, on fait ce qu’on peut, mais il y a la manière…”—


