News: ISRAEL MOYEN-ORIENT - CRISE ALIMENTAIRE - En Egypte 32 millions de personnes vivent avec moins de $ 2 par jour.
Par IsraelValley Desk
Rubrique: Actualité
Publié le 28 juin 2008
Revue de Presse – Conférence du Carnegie Middle East Center sur la flambée des prix au Moyen-Orient. Comment affronter la crise alimentaire dans les pays arabes ? Un article publié par L’Orient Le Jour.
Avec près de quinze millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, le monde arabe est durement frappé par la flambée des produits alimentaires. Jusque-là, des mesures de court terme ont été prises. Mais les gouvernements de la région n’ont toujours pas traité les vrais problèmes de fond que sont le secteur agricole, la consommation excessive d’énergie et la nécessité d’améliorer les filets sociaux, surtout dans les pays non producteurs de pétrole, a souligné l’expert économique Ibrahim Saif, lors d’un séminaire organisé par le Carnegie Middle East Center.
La crise alimentaire, tirée par l’utilisation des biocarburants, la demande des pays émergents, la spéculation et la hausse des coûts de transport, est mondiale, a-t-il souligné. Mais les économies arabes ont également des problèmes qui leur sont propres, notamment un secteur agricole inefficient, un manque de ressources hydrauliques, une consommation d’énergie par rapport à la production nationale parmi les plus élevées au monde, et le plus souvent des marchés oligopolistiques.
La levée des droits de douane, dans le cadre des accords de libre-échange, a également contribué au déclin de l’agriculture arabe, transformant des pays exportateurs nets, comme l’Egypte ou le Maroc, en importateurs nets, surtout de blé américain fortement subventionné.
Toutefois, grâce à la hausse des prix du pétrole, les pays exportateurs du Golfe ont pu contenir l’impact social de la hausse des prix des produits alimentaires, en doublant quasiment les salaires dans la fonction publique, en augmentant les dépenses publiques et en maintenant les prix des carburants à des niveaux stables. Mais ces derniers affichent des taux d’inflation record, seul Bahreïn ayant pu tirer son épingle du jeu.
Quant aux pays non exportateurs, ils ont également revalorisé les salaires dans le public et subventionné un certain nombre de produits, sans pour autant réussir à calmer la colère de la rue. En Egypte, par exemple, où 32 millions de personnes sur les 80 millions d’habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour, le gouvernement a alloué 2,5 milliards de dollars pour subventionner le pain, suite à l’éclatement d’émeutes violentes.
En Jordanie, où les prix des produits alimentaires ont augmenté de 60 % sur un an, le gouvernement a contrebalancé la levée des subventions sur l’essence en relevant les salaires, en annulant les taxes douanières sur certains produits et en améliorant les filets sociaux pour les plus démunis.
Au Liban et en Syrie, les prix de la nourriture ont augmenté de 30 % et 20 % respectivement, au dernier trimestre. Le premier a donc relevé (en théorie) le salaire minimum et subventionné le blé, tandis que le second a accordé au public une hausse de salaire de 25 %.—






