News: ISRAEL FRANCE - EDITORIAL - SHALOM MONSIEUR LE PRESIDENT SARKOZY. Les accents de la France d'il y a 60 ans...
Par Mati Ben-Avraham
Rubrique: Editorial
Publié le 22 juin 2008 à 07:59
A première vue, la liste des ministres, parlementaires, personnalités d’horizons différents accompagnant le président de l’Etat français laisse pantois.
Quelques 300 personnes, dit-on, pour fêter un anniversaire, le soixantième de l’Etat d’Israël? Les mauvaises langues laissent entendre que Nicolas Sarkosy entend faire mieux que Georges W. Bush et la chancelière allemande… Ce qui est parfaitement injuste.
En fait, le président français retrouve les accents de la France d’il y a 60 ans. Et même un peu plus. De cette France qui avait sauvé la majorité de ses citoyens juifs face au marteau-pilon allemand et vichyssois.
Du temps où administration et population prêtaient la main aux rescapés des camps de la mort nazis pour gagner clandestinement la Palestine interdite. Ou le jeune député Edgar Faure, accompagné d’autres parlementaires courroucés, faisait irruption dans le bureau du chef de la diplomatie, s’insurgeant contre le comportement britannique. Et Georges Bidault s’écriant, en levant les bras au ciel : ” Mais que voulez-vous que je fasse? Déclarer la guerre à l’Angleterre?”
Le temps de la Ligue française pour la Palestine libre, militant en faveur d’un Etat pour les Juifs. Jean-Paul Sartre en fut. L’amiral Lacaze aussi.
Le temps où, ensuite, un jeune commis de l’Etat, Shimon Pérès, se sentait comme chez lui au Ministère français de la Défense. Ou chez Dassault, avec dans sa serviette des photographies aériennes et des analyses du comportement en vol des Mirages, alors fer de lance de la jeune armée de l’air israélienne. Le temps qui vit Ariel Sharon, qui connaissait les rues de Paris comme sa poche pour les avoir arpentées lors de son adolescence, être chouchouté par l’état-major français lors de ses études à l’Ecole de guerre.
Le temps où ingénieurs et techniciens français élevaient le site nucléaire de Dimona. Où les essais de Colomb-Béchar de se doter du deuxième vecteur, assurant le socle de l’indestructibilité de l’Etat d’Israël.
Puis vint le temps de la grisaille. Des mots assassins. Des vexations inutiles. D’une hostilité manifeste. Le temps où la rue arabe, au Quai D’Orsay, donnait le ton. Celui où le légendaire ministre israélien des affaires vécut ce revirement comme un damoiseau trahit par sa belle.
De cette période date cet ancrage, dans l’imaginaire israélien, d’une France pro-arabe, donc anti-israélienne tous crins. Certes, François Mitterand a corrigé le tir. Des divergences politiques ne doivent pas entraver des relations normales, dit-il. Mais l’ère du soupçon ne fut pas effacée pour autant. Alimentée, il est vrai, par quelques maladresses.
Depuis une bonne décennie, les relations bilatérales se sont singulièrement améliorées. Sur tous les plans. Grâce à des initiatives privées, mais soutenues par une volonté commune de mieux faire. Au plan politique, les divergences d’approche subsistent, mais elles alimentent un dialogue sincère, un dialogue d’amis.
C’est à une consolidation d’une amitié retrouvée que vise cette arrivée massive d’une forte partie du Gotha français. C’est l’impression qui se dégage des déclarations du président français au cours de l’année écoulée. C’est ce qui ressort aussi de son interview publiée, avant-hier, par le quotidien Yédiot Aharonot. ” Quiconque menace de détruire l’Etat d’Israël trouvera la France sur son chemin ” a-t-il martelé. Allez, bienvenue monsieur le président !—


