News: ISRAEL EGYPTE - Entretenir la moindre relation avec Israël est considérée comme une ignominie.

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Par IsraelValley Desk
Rubrique: Actualité
Publié le 7 mai 2008 à 06:51

LIBERATION DE CE JOUR - De la correspondante au Caire CLAUDE GUIBAL. «Ici, on peut débattre sexualité, voire religion, mais pas d’Israël ! C’est le tabou absolu.» Etudiante en communication à l’université du Caire, Iman n’ose pas le dire : elle aurait bien envie d’aller faire un tour de l’autre côté de la frontière, en Israël. «Je déteste ce pays, compte tenu de ce qu’il fait subir aux Palestiniens. Mais je ne vois pas en quoi aller se confronter à la réalité d’Israël et parler à des Israéliens serait une trahison de la cause arabe. Au contraire ! Je pourrais débattre directement avec eux, ça ferait peut-être avancer les choses !»

Fruits amers. Mais cela, Iman ne peut pas le dire : en Egypte, l’idée d’entretenir la moindre relation avec Israël est considérée comme une ignominie. Le dramaturge Ali Salem en sait quelque chose, lui qui a osé, au lendemain des accords d’Oslo (1993), se rendre en Israël au volant de sa vieille Lada. Il en a ramené un livre qui retrace sa rencontre de ce pays avec lequel il pense qu’il faudra bien apprendre à vivre en paix, loin de la haine et de la peur de l’autre. Il en a surtout récolté les fruits amers : mis au ban de l’intelligentsia arabe, il a été exclu de l’ordre des écrivains et est aujourd’hui méprisé par tous. En Egypte, la normalisation est de facto interdite : les syndicats professionnels menacent de radiation ceux qui s’y risqueraient. Et même le prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz n’en a réchappé que de peu lorsqu’une polémique virulente avait éclaté au moment de la traduction de ses livres en hébreu. Presque trente ans après les accords de Camp David, les Egyptiens ne se remettent toujours pas d’avoir été les premiers à signer la paix avec Israël. Un geste qui a valu à l’Egypte, jusqu’alors considérée comme le phare de l’arabité, de se faire tourner le dos par le reste du monde arabe, la Ligue Arabe allant un temps jusqu’à suspendre l’adhésion du Caire et déplacer son siège à Tunis.

Humiliée, la population entretient depuis ce moment un rapport schizophrénique à Israël. «Ce n’est pas nous qui avons signé la paix, c’est le gouvernement, on ne nous a pas demandé notre avis», explique Tamer, ingénieur. Bientôt quadragénaire, il est heureux de n’avoir quasiment connu qu’un pays en paix, à l’inverse de la Syrie ou du Liban. Mais, à l’image de ses compatriotes, cette paix lui semble «honteuse». «Les Egyptiens sont solidaires des Palestiniens», explique le politologue Amr Choubaki. «Beaucoup sont prêts à accepter l’existence d’Israël, à condition qu’il devienne un Etat “normal”, qui respecte les droits de tous ses citoyens, arabes et juifs, et qu’il se conforme aux résolutions des Nations Unies en se retirant des territoires conquis depuis 1967.»—

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Source: http://www.liberation.fr/actualite/monde/325051.FR.php

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