News: ISRAEL NOT SO GOOD - The Economist et les faiblesses d'Israël : bureaucratie, médiocrité des infrastructures, faible productivité.
Par IsraelValley Desk
Rubrique: Economie
Publié le 8 avril 2008 à 09:09
The Economist, l’un des magazines économiques les plus réputés du monde, a dédié un dossier à la croissance israélienne, dans son édition du week-end, en l’honneur du 60ème anniversaire de l’Etat Hébreu. La revue souligne les performances de l’économie israélienne et applaudit ce qu’elle appelle le “miracle israélien”.
Sacha Goldberg pour Guysen News : “En effet, Jérusalem réalise plus de 3% de croissance annuelle depuis quelques années, malgré le contexte politico-militaire. Toutefois, en mettant le doigt sur les raisons de cette réussite, The Economist souligne également les imperfections de ce système qui pourrait, à terme, s’écrouler.
Selon The Economist, Israël est forte d’une étonnante croissance économique malgré les épreuves politiques et militaires qu’a traversées le pays ces dernières années. Une croissance estimée à plus de 3% par an depuis les quatre dernières années.
Le contexte, en effet, n’a pas été propice au développement économique pendant la période. Les conséquences économiques de la seconde Intifada en septembre 2000, le coût excessif du retrait de la Bande de Gaza en août 2005 et de la seconde guerre du Liban en 2007 – estimé à près de 5 milliards de dollars – ont mis à rude épreuve l’économie israélienne.
Toutefois, malgré l’éloge, The Economist, tient à rester réaliste sur le “miracle économique d’Israël”. Ce dernier ne reposerait pour l’essentiel que sur les hautes technologies, “ce qui ne prépare pas le pays au futur”.
“Sous sa brillante peau de haute technologie, le corps de l’économie israélienne est légèrement usé. Certes le pays a réussi quelques paris industriels de taille tels que les médicaments, les systèmes d’armes, l’agriculture ou le traitement de l’eau. Cependant, une grande partie de l’industrie traditionnelle – les produits chimiques, l’habillement et l’alimentation par exemple – est molle. Ces secteurs représentent pourtant plus de la moitié de ses emplois”, explique la revue.
Ses performances dans les secteurs des hautes technologies tiennent au fait qu’Israël est le pays qui consacre la plus grande partie de son Produit Intérieur Brut au secteur de la Recherche et Développement (R&D).
Cependant, The Economist critique la faible participation de certaines couches de la population au secteur industriel, en particulier les ultra-orthodoxes et les Arabes israéliens. En effet, les premiers, principalement consacrés à l’étude religieuse et les seconds, souvent peu qualifiés, sont un poids pour une industrie qui requiert du dynamisme.
Par ailleurs, la lenteur de la bureaucratie, la médiocrité des infrastructures et des institutions et la faible productivité du travail sont des problèmes qui freinent la croissance en Israël.
De plus, un des problèmes majeurs auxquels sera confronté Israël dans les années à venir, réside dans le système éducatif, considéré comme “peut- être la plus sérieuse menace à une prospérité israélienne sur le long terme”.
Par ailleurs, the Economist explique que malgré une croissance signifiante, cette dernière ne se diffuse pas dans tous les pans de la société, accentuant la fracture sociale.
Le système politique israélien n’est lui-même pas épargné par cette analyse économique qui parle de “dysfonctionnement chronique”. Le système en place nécessite un réel changement mais “ce sont les politiciens et non les électeurs, qui peuvent décider d’un tel changement. Or, le risque est que tout ce qu’ils prévoient continuera à servir leurs propres intérêts plutôt que ceux du pays”.
Enfin, la question sécuritaire n’est pas de mise puisqu’elle joue un rôle important sur l’économie israélienne. Le nucléaire iranien est considéré comme la principale menace pour Israël. The Economist considère que la menace est trop énorme et déraisonnable pour être appliquée.
Cependant, l’existence même de cette menace “pourrait inciter les meilleurs et les plus brillants des Israéliens, qui sont aussi les plus mobiles, à émigrer hors de leurs pays, portant alors un coup fatal à l’économie qui entrerait dans un déclin irréversible”.—
Source: Sacha Goldberg pour Guysen News




