News: Israël Bourse - La grève se durcit dans le cœur de la finance : arrêt de travail, extinction des ordinateurs, grève du téléphone...
Par David Rosenfeld
Rubrique: Bourse
Publié le 8 avril 2008 à 06:56
La grève se durcit dans le cœur de la finance israélienne : arrêt de travail, extinction des ordinateurs, grève du téléphone, etc.
Israël Bourse : incroyable, la grève à la Bourse de Tel Aviv déconnecte Israël des marchés financiers internationaux.
La situation s’envenime depuis février 2008. Les nombreux désaccords entre le management et les employés entraînent les jusqu’au-boutistes à frapper là où cela fait mal.
Comme IsraelValley vous l’avait expliqué il y a quelques semaines, ce mouvement de grève dans les poumons de la finance israélienne a pour l’instant provoqué des retards de règlement-livraison et la fermeture de la Bourse en cours d’après-midi à de nombreuses reprises depuis début mars. Ainsi, la Bourse de Tel Aviv s’est vue fermée 3 heures avant le closing habituel, du jamais vu il nous semble dans un pays développé. Cette « grève des heures sup » a donc contraint les marchés à fermer à 14h15 plutôt qu’à 17h30 afin de terminer le traitement des règlement-livraisons avant 15h30.
Ainsi, les traders arrivent à 9h45 et repartent vers 16h, ratant ainsi les premiers échanges sur les marchés américains, cruciaux. Ceci impacte les cours des actions puisque les acteurs financiers ne disposent pas d’un niveau d’information suffisant avant le closing, notamment pour connaître les tendances fortes à New York.
Mais cette semaine, des agents de la Bourse de Tel Aviv (Tel Aviv Stock Exhange and Clearing house ou TASECH) sont allés beaucoup plus loin. Un groupe s’est permis de débrancher l’ordinateur central, le cerveau de la Bourse. Ceci a pour conséquence d’empêcher les traders d’avoir accès aux garanties de leurs contreparties financières, prêtant le flanc à de potentiels procès coûteux. De plus, la plupart des services, à l’exception du règlement-livraison, se sont mis à la grève larvée du téléphone, de sorte qu’il est difficile d’opérer. En période de tourmente, il n’y avait vraiment pas besoin de çà.
Au centre des débats : les heures sup, les salaires et la précarité. Ainsi, le succès inattendu de la Bourse de Tel Aviv a fait progresser les échanges boursiers de +24% en 2007, provoquant une micro-crise des ressources humaines. De tels volumes ont entraîné des milliers d’heures supplémentaires de la part des employés de Bourse, touchant leurs conditions de travail.
Depuis fin février, les syndicats des agents de la Bourse de Tel Aviv (Tel Aviv Stock Exhange and Clearing house ou TASECH) demandent une réévaluation de leurs salaires de +4,5%, ainsi que l’embauche de nouvelles recrues sous contrat pour compenser les besoins humains. Pour l’instant, le management ne souhaite pas accorder ces avantages et une grève s’est ensuivie.
Le point central de la négociation concerne les contrats externes, car comme c’est le cas dans de nombreuses compagnies israéliennes, le recours aux consultants et contractuels est devenu majoritaire à la Bourse de Tel Aviv, ajoutant à la précarité et à la désyndicalisation. Car ce sont désormais 40% des employés de la Bourse qui ne sont pas rattachés à un syndicat (contre 10% en 1998) selon la principale centrale syndicale israélienne Histadrut.
L’ensemble des mouvements de grève provoque un profond décalage des opérations de marché avec le reste du monde. Insensiblement, depuis le début de la grève, les performances du TASE-100, l’indice des 100 premières sociétés israéliennes cotées, se déconnecte des autres marchés financiers de façon dangereuse. Le meilleur exemple est celui de la journée de trading du 1er avril qui a vu les indices boursiers mondiaux s’envoler exceptionnellement (environ +3,5%) et Tel Aviv progresser de +1,4%. Si cette décorrélation se confirme, le coût de cette grève pourrait être bien plus important que prévu.—
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