News: ISRAËL ÉCONOMIE EXCLUSIF – Le budget de fonctionnement de l'Etat va être amputé de 10%. Le Trésor lance un correctif budgétaire.
Par Jacques Bendelac, à Jérusalem
Rubrique: Economie
Publié le 6 avril 2008 à 06:19
Le budget de fonctionnement de l’Etat pourrait être amputé de 10%! La rigueur serait-elle déjà de retour? L’année budgétaire vient à peine de commencer et voilà que le Ministère des Finances concocte déjà des coupes sombres dans le budget de fonctionnement de l’Etat.
Le correctif budgétaire que prépare le Trésor israélien va comprendre des économies dans les dépenses courantes de presque tous les ministères. Objectif: trouver le 1,5 milliard de shekels (270 millions d’euros) qui manque au budget pour financer la réforme de l’Education et revaloriser certaines prestations sociales.
Il est vrai que le Budget 2008, voté par la Knesset à la fin décembre, n’a pas pris en compte certaines rallonges qui ont été décidées après son adoption: 700 millions de shekels pour la réforme de l’Education, 450 millions pour le remboursement de nouveaux médicaments, 250 millions pour les pensions de vieillesse, etc. Et comme le budget n’a pas prévu un poste de réserves, il va falloir puiser ailleurs.
Le gouvernement israélien va donc choisir de rogner sur les services publics pour faire face à ces dépenses imprévues. La question en suspens est de savoir si les coupes concerneront tous les ministères ou si, au contraire, certains seront épargnés par la rigueur budgétaire.
Si tous les ministères, Défense comprise, sont priés de se serrer la ceinture, un calcul arithmétique montre que 1,5 milliard de shekels représentent 5% de l’ensemble des dépenses courantes des services de l’Etat.
En revanche, si le gouvernement refuse de couper dans le budget de la Défense, ce qui est probable, la pilule sera encore plus amère: il ne s’agira pas de 5%, mais de 10% qui seront amputés au budget de fonctionnement des autres ministères.
Il y aurait pourtant d’autres solutions pour trouver les budgets manquants sans amputer les dépenses courantes des ministères. Comme, par exemple, laisser filer le déficit public qui est quasiment nul. Ou encore interrompre la réforme fiscale en cours qui prive les caisses de l’Etat de plusieurs millions d’impôts directs et de cotisations sociales.
La rigueur qui se prépare dans les coulisses du Trésor est d’autant plus surprenante que, depuis le début de 2008, l’excédent budgétaire atteint les 5,6 milliards de shekels, soit 3 fois la somme nécessaire pour faire face aux dépenses imprévues. Et les recettes fiscales ont, à elles seules, progressé de 4% au premier trimestre de cette année.
Alors pourquoi s’acharner à couper dans le fonctionnement des ministères, au risque de porter atteinte à la qualité des services publics ? C’est que les priorités du gouvernement israélien sont d’abord d’ordre politique avant d’être économique.
Depuis quelques années, l’équilibre budgétaire est devenu la règle dans la gestion des finances publiques; quant aux excédents, lorsqu’ils existent, ils sont consacrés au remboursement de la dette publique. Tout écart à cette règle financière est banni par le gouvernement israélien qui préfèrera la rigueur au pragmatisme.
Certes, un ralentissement économique est attendu dans le courant de 2008 et donc une pause dans les recettes fiscales. Mais en confondant “ralentissement” et “récession”, le gouvernement israélien va faire peser sur le citoyen le poids des économies budgétaires que l’on aurait pu éviter.—




