ACTUALITÉ CCFI: SAVE THE DATE : 8E RENCONTRES ÉCONOMIQUES ET TECHNOLOGIQUES - 17 NOVEMBRE 2008 News: ISRAEL SCANDALE & POLITIQUE - EDITORIAL - Binyamin Netanyahou, c'est connu, est un épicurien. Il raffole des plaisirs de la vie.

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Par Mati Ben-Avraham
Rubrique: Politique
Publié le 17 mars 2008 à 07:45

Mais qui donc cherche des poux dans la tête de Binyamin Netanyahou… Les faits, de prime abord. Au cours de la 2ème guerre du Liban, Binyamin Netanyahou, sollicité par le Ministère des Affaires Etrangères – avec la bénédiction du Premier Ministre, passe six jours à Londres pour expliquer urbi et orbi le bien-fondé de l’intervention au Liban. Son épouse l’accompagne. Jusqu’ici tout va bien.

Et puis voilà que, en fin de semaine dernière, le chroniqueur politique de la chaîne 10 de télévision livre un scoop : la facture du séjour du couple Netanyahou dans la capitale britannique.

177000 shekels! Soit 33270 euros, au cours d’aujourd’hui. 12000 shekels la nuitée (2255 euros) dans l’un des hôtels les plus huppés de Londres… 17000 shekels en restaurants (3195 euros). 3800 shekels de frais de blanchisserie. 11000 shekels consacrés à des représentations théâtrales (2067 euros). 2500 shekels de frais soins de beauté. 5200 shekels côté bar (977 euros)

La classe politique s’en est émue, même au sein du Likoud où, cependant des voix se sont élevées pour défendre le chef du parti. L’opinion publique, elle, n’en revient pas. 177000 shekels, c’est 26 fois le salaire mensuel moyen. Certes, la défense du pays par le verbe n’a pas de prix. Mais quand même! La commission d’ éthique parlementaire compte se réunir prochainement pour examiner le comportement du chef actuel de l’opposition.

Et qui donc a payé la note? Selon l’enquête, la Knesset a contribué à hauteur de 22000 shekels. Le Bund a ajouté 55000 shekels. Le reliquat a été couvert par un millionnaire juif anglais, au nom des communautés juives britanniques.

Binyamin Netanyahou, quant à lui, se défend d’avoir cyniquement exploité la situation ou de s’être livré à une quelconque forme de corruption. Il l’a réaffirmé dimanche soir, à Ashkelon, au cours d’une réunion du bureau du Likoud.

Et sur ce point, il faut croire l’ancien Premier Ministre. Son cas relève d’une toute autre catégorie que celle du pénal. Binyamin Netanyahou, c’est connu, est un épicurien. Il raffole des plaisirs de la vie. Ensuite, il estime, de la manière la plus naturelle qui soit, que tout lui est dû. En ce sens, il ne méprise pas la loi : il ne lui viendrait pas à l’idée que son penchant au luxe, payé par d’autres, puisse faire question. Il en est de même pour son épouse, Sarah, dont la folie dépensière défraie régulièrement la chronique depuis le temps où son mari présida aux destinées de l’Etat.

L’intéressant, dans cette affaire, est que les bailleurs de fonds britanniques se sont expliqués sur les ondes israéliennes. Le principal d’entre-eux, le millionnaire Yoshoua Roho, s’est dit même stupéfait de la querelle faite à Binyamin Netanyahou. Et pourquoi? Parce que, dit-il, la campagne d’information menée par l’ancien Premier Ministre fut tout simplement extraordinaire. En multipliant les interventions dans les médias, les conférences, les rencontres, Binyamin Netanyahou a renversé la tendance générale, à priori hostile à Israël. Ce qui n’a pas de prix. Surtout aux yeux de la communauté juive, qui n’est pas épargnée par les critiques acerbes adressées à l’Etat hébreu.

C’est un fait : le talent de communicateur de Binyamin Netanyahou est sans pareil en Israël. Et même à l’étranger où seul, semble-t-il, Tony Blair peut lui tenir tête. Depuis Londres en août 2006, l’ancien Premier Ministre a répondu à six sollicitations (Etats-Unis, Grande Bretagne, France). Avec un même succès. Une rhétorique brillante, sans faille, basée sur une parfaite connaissance des dossiers. Sans oublier les artifices de langage du tribun, rompu aux affrontements publics.

Quand les résultats suivent, la facture est-elle vraiment importante? D’autant que les deniers publics n’en pâtissent pas! C’est la ligne de défense adoptée par l’entourage de Binyamin Netanyahou. D’autant plus, est-il ajouté, que le soupçon d’enrichissement personnel n’entre pas en ligne de compte.

Alors, s’agit-il d’une mauvaise querelle cherchée à un homme politique qui, selon les sondages, a le vent en poupe? D’un scoop à retardement, destiné à mettre en exergue la propension au fastueux, connue, du couple pour déclasser un candidat au leadership national? La question est posée.—

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