ACTUALITÉ CCFI: DÎNER ANNUEL DE LA CCFI AVEC CARLOS GHOSN - 8 DÉCEMBRE 2008 - 60 ANS D'ISRAËL News: ISRAEL FRANCE - Shimon Peres est venu en France pour de nombreuses raisons : un double agenda du vieil homme ?

mar12

Par Daniel Rouach et Ghiles Meilhac
Rubrique: Actualité
Publié le 12 mars 2008 à 08:55

De DR : Shimon Peres est en France pour sa visite officielle. Un déluge de belles paroles et de bons sentiment. Incroyable mais vrai. Même les drapeaux sur les Champs-Elysées sont encore dans un état de propreté exceptionnel. Tout est parfait. Pas de fausses notes. En dehors de la gloire, de la musique et des félicitations, quelles sont les vraies raisons de la visite de Peres en France ?
Réfléchissons. Pas besoin d’être devin pour imaginer les questions qu’Ehoud olmert va poser à Shimon Peres à son retour en Israël :

1. Nicolas Sarkozy est-il fiable en cas de crise majeure avec l’Iran ?

2. Que va faire le Quai d’Orsay en cas de crise majeure en Iran ?

Shimon Peres, en vieil homme politique, a toujours un double agenda. A l’occasion de la visite officielle du président israélien Shimon Peres en France, Samuel Ghiles Meilhac a rédigé un excellent article sur les relations franco-israéliennes et paru dans un site très fréquenté, Rue 89.

L’ARTICLE DE GHILES MEILHAC
C’est en habitué des palais de la République que Shimon Peres, Président de l’Etat d’Israël, entame ce lundi 10 mars sa visite officielle à Paris. Cela fait plus d’un demi-siècle que ce vétéran de la politique israélienne oeuvre à la relation entre la France et Israël. Proche de David Ben Gourion dans les années 1950, à l’époque où la France était le premier fournisseur d’armes du jeune Etat Juif, Shimon Peres était alors le directeur général du Ministère de la Défense et avait à sa disposition un bureau à Paris. En plus des chars et des avions de combat français qui permirent à Israël d’avoir la supériorité sur les armées arabes, c’est le partenariat dans le domaine du nucléaire qui fit d’Israël, grâce à Shimon Peres, une puissance atomique.

Bien que ternie par les récentes représailles militaires israéliennes à Gaza, les relations bilatérales entre la France et Israël sont au beau fixe. L’élection de Nicolas Sarkozy y est pour beaucoup. Il n’a jamais caché son hostilité à la politique jugée “pro-arabe” de Jacques Chirac et aime se présenter comme un “ami d’Israël”. Il n’avait pas hésité, lors de la guerre entre Israël et le Hezbollah de l’été 2006, à prendre à rebrousse-poil l’opinion publique française en déclarant qu’il était “plus facile de critiquer Israël lorsque l’on est à Paris que à Haïfa”, la ville israélienne soumise aux bombardements de la milice libanaise.

Mais le rapprochement entre Paris et Jérusalem avait déjà été enclenché sous la fin du second mandat de Jacques Chirac. Ariel Sharon avait été invité avec tous les honneurs à l’été 2005 en signe de soutien à son plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza. Les dirigeants français considéraient qu’il était impératif de rétablir des liens forts avec les Israéliens afin de ne pas être hors jeu dans une région bouleversée par la nouvelle stratégie américaine.

Les menaces de Mahmoud Ahmadinejad

Au delà des marques de sympathie que la France et Israël échangent depuis quelques mois, Shimon Peres est venu chercher autre chose à Paris. Il attend du Président de la République des engagements forts sur le dossier le plus important pour Israël d’un point de vue stratégique: l’Iran. Les Israéliens n’ont jamais été convaincus par le rapport américain affirmant que le programme militaire nucléaire avait été stoppé en 2003. Les menaces proférées par Mahmoud Ahmadinejad sont prises avec beaucoup de sérieux par l’Etat hébreu qui n’a jamais écarté la possibilité d’un raid sur les installations iraniennes.

La troisième série de sanctions contre l’Iran, adoptée par le Conseil de Sécurité de l’ONU le 3 mars, a été jugé “insuffisante” par Ehud Olmert.

Le choix de Sarkozy

Quelle sera l’attitude française en cas de crise majeure sur le dossier iranien? Le ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner avait parlé de “guerre” à l’automne dernier, terme qui n’a pas été repris depuis par les officiels français. Nicolas Sarkozy est déterminé à poursuivre la politique des sanctions contre Téhéran, même en dehors du cadre des Nations Unies. Rien ne permet pourtant de savoir quelle sera sa politique si l’Iran se dote de l’arme nucléaire et si Israël ou les États-Unis décident de mener une frappe. C’est pourtant à l’aune de cette possible crise que pourra se mesurer la véritable rupture de Nicolas Sarkozy sur une question internationale qui a un impact décisif sur les relations qu’entretient la France avec Israël, les États-Unis et le monde arabo-musulman.—

Source: Samuel Ghiles Meilhac - Rue89

Imprimer cette page - Retour en haut de la page