News: ISRAEL EDITORIAL - Des martyrs de Jérusalem aux sifflets de Galilée.

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Par Maxime Perez à Jérusalem
Rubrique: Editorial
Publié le 10 mars 2008 à 08:56

Au-delà des angoisses sécuritaires qu’elle a réveillées, la tuerie du Mercaz harav relance le débat sur la minorité arabe israélienne.

Samedi après-midi en Israël, lourd et morose au lendemain de l’attentat de Jérusalem qui a brisé le destin de huit jeunes garçons étudiants en Yeshiva. Dans tous les stades de football du pays, le championnat reprend machinalement ses droits. A la demande de la fédération, une minute de silence est observée en préambule du coup d’envoi des différents matchs.

Mais souvent en football, comme dans d’autres sports, c’est la politique et la haine qui se donnent rendez-vous et remportent la partie. Ce samedi en Galilée, donc, dans deux localités arabes symboles, Sakhnine et Nazareth, l’attitude des supporters locaux a suscité l’inquiétude et la crainte. Bien plus que ne peut le faire la revendication par le Hamas d’une action meurtrière.

Lorsqu’à Sakhnine les huées ont accompagné les secondes de recueillement dédiées aux victimes de Jérusalem, à Nazareth au même instant, ce sont les cris « Allah Akbar ! », entonnés par toute une tribune, qui ont résonné comme un odieux hommage à la terreur.

En Israël, le soir même, l’événement, jugé grave, était relevé dans les journaux des différentes chaînes de télévision. Quelques condamnations de circonstance, plusieurs appels à des sanctions sportives appropriées, puis plus rien. Le silence. L’affaire est « étouffée », l’incident était clos et pour cause.

L’enquête sur l’attentat progresse rapidement et révèle l’identité de l’assassin. Un résident de Jérusalem-Est ou plutôt de ses environs, le village jusque là sans histoire de Jabel Mukaber. Très vite, la police dévoile d’autres informations et explique que l’auteur du massacre n’était autre que le chauffeur attitré de la Yeshiva.

Dans le contexte de violences latentes dont l’épicentre se situe à Gaza, ces nouvelles font peur et soulèvent une fois encore des interrogations sur la minorité arabe israélienne. Partie intégrante de l’Etat hébreu pour les uns, cinquième colonne pour d’autres, le débat est subitement relancé.

On évoque alors les drapeaux du Hamas et du Hezbollah hissés à Jérusalem-Est et Jabel Mukaber, quelques heures après l’attentat. Du lynchage avorté de deux policiers israéliens en milieu de semaine dernière, porte de Damas. Et de divers autres incidents marquants ces derniers jours.

Samedi soir, toujours. Retour en Galilée. Sur les trois principales routes d’accès aux localités de la frontière nord, des arabes israéliens caillassent méthodiquement les voitures qui passent en contrebas de leurs villages. Des blessés légers sont à déplorer jusqu’à l’intervention musclée des gardes-frontières. Retour au calme.

Mais le mal est fait et les vieux démons d’Israël sont bien là. Et si la « troisième Intifada » venait cette fois de l’intérieur ?—

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