News: ISRAEL TSAHAL - La dégringolade du billet vert pourrait être lourde de conséquences pour l’armée israélienne.
Par Maxime Perez
Rubrique: Tsahal
Publié le 28 février 2008 à 07:28
La dégringolade du billet vert pourrait être lourde de conséquences pour l’armée israélienne et affecter son état de préparation dans un contexte de tension régionale accrue.
Il s’agit d’une bien mauvaise nouvelle pour Tsahal, d’autant plus qu’elle ne provient pas du front. Et son effet d’annonce pourrait s’avérer plus dévastateur qu’une coupe budgétaire décidée par le gouvernement. Selon les estimations de hauts responsables de la défense, la chute du dollar, tout comme l’envol des prix du carburant, pourraient engendrer des pertes à hauteur de 500 millions de dollars pour l’armée israélienne en 2008.
Ce dommage collatéral, tel qu’il pourrait être qualifié dans le jargon militaire, tombe mal pour Tsahal, qui s’est pourtant vu créditer cette année de 50 milliards de shekels. Un budget taillé aux ambitions de Gaby Ashkenazi, le chef d’état-major, pour lui permettre de poursuivre le redressement de l’armée après le fiasco de la deuxième guerre du Liban.
La première conséquence pour Tsahal et non des moindres, constitue le gel d’une partie de l’aide militaire américaine. En juin dernier, à la faveur d’un renforcement de son alliance stratégique avec les Etats-Unis, Israël avait obtenu une manne de 30 milliards de dollars supplémentaires pour ses achats d’armes. Une injection record, qui voit l’apport en « USD » augmenté de 25% pour les dix prochaines années. Mais pour l’heure et jusqu’à ce que le billet vert retrouve des couleurs, les gestionnaires financiers de Tsahal ont décidé de ne pas convertir en shekels les milliards de dollars mis à disposition de la défense israélienne par la Maison Blanche.
Ce gel, même temporaire, pourrait avoir une autre répercussion, celui de retarder l’application du plan Tefen, vaste programme de modernisation de l’ensemble des forces armées israéliennes. Présenté par le Général Ashkenazi en septembre dernier, il doit notamment permettre à Tsahal d’acquérir d’ici à 2012, de nouveaux blindés de type Striker et Namer pour son infanterie, la production en chaîne de tanks Merkava-4, ainsi que la livraison de chasseurs furtifs F-22 ou F-35, dont la capacité d’action de plusieurs milliers de kilomètres ne nécessite aucun ravitaillement en vol. Précisément sur ce point, Israël compte autant sur l’assistance financière de Washington que sur sa compréhension vis-à-vis de la menace iranienne et des moyens à mettre en place pour y parer.
Dans le climat de tension actuel, qui laisse présager une dégradation imminente des fronts Nord et Sud, Tsahal ne peut pourtant pas se permettre de réduire sa vitesse de croisière. Sans donner l’impression qu’elle effectue des économies, l’armée israélienne envisagerait donc plusieurs solutions qui permettraient de ne pas nuire à l’état de préparation de ses troupes.
L’une d’entre elles, assurément la plus novatrice en la matière, autoriserait le recours de plus en plus fréquent à des contrats BOT (Build-Operate-Transfer), dans lesquelles des sociétés privées se verraient attribuer le financement et la construction de complexes militaires en échange d’une franchise de Tsahal, comme c’est actuellement le cas dans le désert du Néguev, avec la base d’entraînement de Hir Habadim. Ce mode d’investissement, s’il venait à être plus systématique, permettrait non seulement à Tsahal d’être à l’abri de tout déficit, mais de maintenir sereinement ses objectifs à court terme. En attendant que le dollar connaisse de meilleurs jours. –


