News: Israël Banques EXCLUSIF - Le puissant lobby bancaire va-t-il renoncer à rémunérer les comptes courants ?
Par David Rosenfeld
Rubrique: Banque & finance
Publié le 26 février 2008 à 08:30
La rumeur court depuis des années selon laquelle les banques israéliennes rejoindraient le modèle occidental qui prévaut : rémunérer ses clients.
En effet, c’est en mai 1818 et l’instauration du Livret A rémunéré à 5% (invention de l’homme d’affaires français Benjamin Delessert) que les banquiers commencent à rémunérer les dépôts. A l’époque, les motivations de sa création sous Louis XVIII sont de solder la crise financière léguée par les guerres napoléoniennes, et d’inciter les Français à épargner, à renoncer au jeu et à la boisson.
Depuis, à l’instar de la TVA, cette invention financière a été exportée partout. Sauf en Israël où à ce jour les clients payent un fort tribut pour avoir l’honneur de bénéficier d’un compte en banque israélien. Faute à qui ? La faute est régulièrement mise sur les épaules des 5 principales banques israéliennes qui contrôlent 94% du marché. Mais c’est aussi au régulateur, en la personne de la Banque Centrale d’Israël, qu’il convient d’agir.
Et la promesse avait été faite en 2007, « dès le 1er janvier 2008, tous les comptes courants seront rémunérés ». Eh bien, aux dernières nouvelles, la loi n’est pas passée, et ne risque pas de passer avant longtemps. En effet, la Banque d’Israël devant la difficulté de la tâche a renoncé à faire rémunérer les comptes de dépôts. Ce qui n’améliore pas la note moyenne obtenue par les banques israéliennes dans les classements de l’OCDE.
Ainsi, plutôt que de légiférer afin d’offrir aux clients israéliens la rémunération somme toute logique de leurs dépôts, la Banque d’Israël va inciter les conseillers des banques à présenter la balance des comptes de chaque client lors d’un appel téléphonique ou d’une rencontre au guichet. Le conseiller devra alors présenter des solutions de produits rémunérés sur les dépôts trop importants, vendant ainsi leurs produits et services maison. On est bien loin du modèle du Livret A.
Ce compromis de dernière minute a été obtenu afin de faire digérer la nouvelle loi aux députés Orit Noked et Amnon Cohen, initiateurs désabusés de la loi de libéralisation. Pire, cette nouvelle loi va complexifier davantage la relation client en imposant un parcours précis au client.
Bref, ce n’est pas pour cette fois que les Israéliens bénéficieront d’un vrai compte en banque à l’occidentale. Orit Noked conclut : « la Banque d’Israël, plutôt que de protéger le consommateur, a décidé de s’associer avec les banques. »—
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