News: Israël SPECIAL SDEROT - Les habitants de Sdérot vont monter à Jérusalem pour manifester leur colère et leur incompréhension.
Par Mati Ben Avraham , Jérusalem
Rubrique: Editorial
Publié le 10 février 2008 à 09:07
39 roquettes de type Kassam se sont abattues, entre vendredi matin et samedi soir, sur le Neguev occidental, dont 24 sur Sdérot. Six enfants ont été blessés, dont deux grièvement. Deux frères, Rami, 19 ans et Ocher, 8 ans. Ils traversaient la rue pour retirer de l’argent au point de retrait automatique d’une banque. La roquette est tombée devant la banque.
A Gaza, comme à l’accoutumée, ce fut la fête à l’annonce des six enfants blessés. Tout comme lors de l’annonce de l’attentat à Dimona. La routine, quoi!
Les habitants de Sdérot se proposent, eux, de monter à Jérusalem, manifester non seulement leur colère, mais aussi leur incompréhension devant l’attentisme du gouvernement. Ils savent, eux, que si la mort n’est pas encore leur lot quotidien, c’est par chance, ou par miracle, car les roquettes tombent à l’aveuglette.
En fait, ce qui fait de plus en plus problème, ce ne sont pas les agressions permanentes du Hamas et consorts, ce viol constant du droit international, mais la politique de retenue adoptée par le gouvernement actuel. Hier soir encore, les consultations menées par Ehoud Olmert et le ministre de la Défense, Ehoud Barak, ont abouti à des déclarations d’intention, au feu vert donné à l’armée pour mener des actions ponctuelles dans la bande de Gaza.
Rien de bien nouveau, donc, depuis le retrait israélien de cette zone. L’attentisme devient énigme. D’autant plus que, entre-temps, le Hamas ne cesse de se renforcer militairement. Selon le directeur général du Shabbak, Youval Diskin, le mouvement intégriste sunnite a mis à profit l’anarchie, par lui créée, à la frontière palestino-égyptienne pour introduire environ 20 tonnes d’explosifs, dissimulés dans des sacs portant la mention “farine” ou “ciment”. Sans oublier le matériel classique : munitions, fusils d’assaut, mitrailleuses lourdes, roquettes Grad, systèmes d’écoute sophistiqués, jumelles pour vision nocturne…
Nul doute que le Hamas se prépare à une guerre à outrance, qu’il se livre actuellement à des “ajustements” de tirs groupés. Qu’il truffe son territoire de bunkers et de mines, à la Hizbollah au sud-Liban. Le pire est devant nous. C’est l’avis de tous les experts et, de plus en plus, de la rue israélienne. La question est donc de savoir quel intérêt supérieur justifie l’abandon d’une portion du territoire national à la haine destructrice des fous de Dieu à Gaza? Une question qui court de plus en plus. Et qui sera, certainement, la question qui occupera la prochaine commission d’enquête.—



