News: ISRAEL MUSIQUE - Folk, Rock, Funk, Disco : la nouvelle vague israélienne.Yael Naim, Keren Ann, Izabo, Boogie Balagan.
Par IsraelValley Desk
Rubrique: Musique
Publié le 7 février 2008
Sophie Delassein du Nouvel Obs : "Qu’ils soient folk, rock, funk ou disco, les Israéliens Yael Naim, Keren Ann, Izabo et Boogie Balagan remportent un grand succès en France. Portrait de groupes
- Yael Naim : la nostalgie d’IsraëlrnC’est dans les péplums que Yael Naim s’est d’abord fait connaître. Souvenez-vous : elle a été Myriam, la soeur de Moïse, aux prises avec les Egyptiens dans «les Dix Commandements», puis Calicia, la fiancée de Spartacus dans «Gladiateur». Metteur en scène de ces deux spectacles, Elie Chouraqui a, le premier, découvert cette voix éclatante au timbre très étendu et lui a demandé d’interpréter la bande originale de son film «Harrison’s Flowers».
Depuis, Yael Naim est devenue la chanteuse qu’on s’arrache, et dont la ballade folk «New Soul» a été le tube de l’hiver (l’album s’est vendu à 150 000 exemplaires) . On perçoit dans l’enchaînement de ses chansons la mélancolie d’une femme déracinée. Née en France en 1978, Yael Naim a émigré à l’âge de 4 ans à Ramat Hacharon. C’est dans cette banlieue de Tel-Aviv que, pour elle, tout a commencé.
Après dix ans d’études de piano au Conservatoire, elle abandonne le classique pour écrire ses premières chansons. En Israël, Yael Naim remporte des concours de chansons, écume les bars branchés de Tel-Aviv et monte le groupe Anti Collision avant d’être appelée au service militaire pour deux ans, comme toutes les jeunes femmes de son pays. Elle remonte le moral des troupes en chantant pour ses compagnons de l’armée de l’air. C’est à l’occasion d’un récital caritatif qu’elle débarque en France. Elle a 21 ans.
Beatles et la voix d’Aretha Franklin constituent la bande originale de son enfance, sa vocation date précisément du jour où elle a vu le film de Milos Forman sur Mozart, «Amadeus».
Presque dix ans plus tard, elle décide de tout arrêter pour se concentrer sur le projet de sa vie : écrire enfin des chansons qui lui ressemblent. En un mois, elle écrit seule les treize plages de ce disque qui la révèle aujourd’hui. Pour faire éclore ce talent, il suffisait d’une rencontre. L’arrivée de David Donatien, un percussionniste et arrangeur qui travaillait avec Bernard Lavilliers, Malia, Julien Baer et tant d’autres, est déterminante. «David m’a apporté sa vision, son calme, la richesse de ses idées, explique Yael Naim. Je venais du classique, de l’harmonie, de la folk; lui était un percussionniste tourné vers la funk et la soûl. Nous avons travaillé dans mon home studio pendant trois ans, comme pour une méditation. C’est lui qui m’a poussée à chanter en hébreu.»
Mélange d’hébreu rugueux et d’anglais international, le disque est coarrangé par David Donatien : «J’avais déjà accompagné pas mal d’artistes, mais je n’avais jamais rencontré une personnalité aussi complète que Yael. Elle savait tout faire, composer, arranger, jouer de la guitare, du piano, s’enregistrer elle-même, mixer.»
Ses chansons évoquent en grande partie sa nostalgie d’Israël, le déracinement et tous les visages qui lui manquent. «Une parie de moi est restée en Israël, l’autre vit en France.» C’est la raison pour laquelle, sans doute, elles touchent tout le monde.
CD : «Yael Naim» (Tôt ou Tard). Concerts : à La Cigale les 7,8 et 9 avril.
Keren Ann entre New York et Tel-Aviv
Keren Ann n’est plus seulement la jeune femme qui contribua à la renaissance d’Henri Salvador avec «Jardin d’hiver». La chanteuse folk, considérée partout dans le monde comme une artiste française, a cinq albums à son actif, la plupart en anglais. Née à Césarée, en Israël, il y a trente-trois ans, elle y est retournée depuis. Installée à New York, elle passe ses weekends sur sa terre natale, dans son moshav situé au nord du pays, entre deux virées à Tel-Aviv pour écouter et s’inspirer des groupes locaux : Pure Soûls et ! The High Windows. Lorsque la guerre du Liban éclate en 2006, elle prend sa guitare et quitte précipitamment New York pour Israël. A la frontière, elle rencontre des militaires qui l’émeuvent avec leurs regards d’enfants et leurs armes de grandes personnes. On dirait, dit-elle, qu’ils jouent à faire la guerre. Profondément attachée à son pays, Keren Ann se rend dans les camps de Kiryat Shmona,Yiron, Avivim, où elle chante pour exprimer son soutien aux troupes de Tsahal.
Izabo : un groupe psychédélique en Terre saintern2 500 albums vendus en France et une tournée d’une quarantaine de dates dans l’Hexagone, c’est un bon début pour le groupe israélien Izabo et sa tête pensante Ran Shem-Tov, un auteur-compositeur-interprète d’une quarantaine d’années. Venu de Tel-Aviv, il s’apprête à sortir un second album au printemps. Le premier, «Fun Makers», a largement circulé en Terre sainte grâce au succès de «Morning Hero». Avant d’arriver en France, il a fait carrière en Angleterre, où ce groupe psychédélique (trois garçons et une fille) a été repéré par le producteur de U2 et The Cure, Mke Hedges. Le second disque d’Izabo s’annonce «plus accessible au grand public», selon Yvan Taïeb, producteur français du groupe. Souhaitons que l’énergie de «Fun Makers», ensemble hétéroclite funk-disco-orientalobordélique qui fait son charme, ne retombe pas.
Boogie Balagan : le rock pour la paixrnMélange d’arabe, d’hébreu, de français, d’anglais, Boogie Balagan fiche un sacré désordre avec son groove venu du Moyen-Orient où la paix reste à faire. Cette paix, c’est le sujet central du groupe (un duo en réalité) constitué d’un Israélien et d’un Palestinien : Azriel et Gabriel. Découvert aux Transmusicales de Rennes en 2005 puis au Printemps de Bourges 2007, le groupe s’apprête à jouer en première partie de Rachid Taha lors de sa tournée en France. Ayant signé avec le label des Têtes Raides, il interprétera notamment «Lamentation Walloo», titre de son album sorti en France en 2007 (WEA/Mon Slip), un texte provocateur où «Lamentation» évoque le mur sacré de Jérusalem et «Walloo» signifie «rien du tout)). Ce rock aux influences méditerranéennes tranche avec tout ce qu’on connaît ici : une voix rêche façon Arno et des centaines d’influences musicales passées au shaker. Etrange, mais intéressant".—
Sophie DelasseinrnLe Nouvel Observateur – 2257 – 07/02/2008
Source: Nouvel Obs






