News: ISRAEL ANALYSE WINOGRAD. Les CINQ conclusions d'un rapport final. Pour Ehoud Olmert, la bataille pour sa SURVIE vient de commencer.

Jan 200831

Par Beni Issembert de Jérusalem
Rubrique: Editorial
Publié le 31 janvier 2008

Il aura fallu attendre plus de seize longs mois avant de lire les conclusions du rapport final de l’enquête menée sur les dysfonctionnements révélés par la seconde guerre du Liban lors de l’été 2006.
Seize mois avant de parcourir les 500 pages qui composent un document résumant le travail réalisé par la commission d’enquête sous la houlette de l’ancien juge Winograd.

Principalement axé sur les derniers jours du conflit qui a opposé la milice terroriste du Hezbollah à Tsahal, le rapport final de la commission Winograd évoque également le traitement des populations civiles lors des 34 jours de guerre mais surtout le processus de prise de décisions singulièrement critiqué, échelons politique et militaire confondus.

Malgré le manteau blanc qui a recouvert la capitale, les membres de la commission ont remis leur rapport à 17h00 heure israélienne avant de donner une conférence de presse à 18h00 au coeur du Palais des Nations à Jérusalem.

Alors que les commentaires, les réactions, les appels à démissionner et les attaques personnelles fusent de toute part, place aux conclusions principales d’un rapport aux conséquences du moins importantes, sinon capitales pour l’avenir de l’administration Olmert.

1. La seconde du Liban, un fiasco.

« La guerre est un grand et grave raté » pour le juge Eliahou Winograd qui évoque l’incapacité de Tsahal à venir à bout d’une « gueéilla » et des tirs de roquettes artisanales qui se sont abattues sur les populations civiles du nord d’Israël.
« La décision d’entrer en guerre a été prise sans aucune stratégie », a indiqué le juge Winograd tout en précisant que « la décision du gouvernement de lancer une opération militaire de grande envergure était “nécessaire et raisonnable” ».

« Tsahal n’a pas fourni de réponse effective aux tirs de roquettes Katiousha », ajoute-t-il.
Israël s’est trompé « bien que jouissant d’une supériorité aérienne. Aussi bien au niveau politique, qu’au niveau militaire, les chefs de l’exécutif se sont lourdement trompés », conclut l’ancien juge Winograd.

2. Pas de mention spéciale des prisonniers Goldwasser et Reguev

La commission d’enquête n’a pas tenu à évoquer lors de la conférence de presse, le déroulement de l’enlèvement des deux soldats de réserve Ehoud Goldwasser et Eldad Reguev, enlèvement qui a marqué le début de la guerre.

3. Pas de condamnation de l’offensive terrestre des derniers jours

Les membres de la commission d’enquête n’ont pas condamné l’offensive terrestre lancée dans les dernières heures de la guerre et lors de laquelle 33 soldats israéliens ont été tués. « La décision du cabinet ministériel et du Premier Ministre de lancer une opération militaire de grande envergure les 60 dernières heures de la guerre était somme toute logique et raisonnable » ont-ils précisé.

4. Pas de responsabilité personnelle mais une responsabilité collective

« La responsabilité de ce manquement revient de manière identique aux échelons politique comme militaire ». « Ehoud Olmert n’a pas échoué dans sa mission. Ses prises de décision furent logiques ».

Le rapport ne statue pas sur les responsabilités personnelles des décisionnaires tout en précisant qu’ « elles existent » et en accusant principalement l’échelon militaire en général sans pour autant nommer quiconque.

5. Bon point, la résolution 1701, une victoire pour l’Etat hébreu

« la ratification de la résolution onusienne 1701 relève du succès bien qu’elle n’ait été appliquée qu’en partie » selon la commission d’enquête.

Tremblement de terre politique pour certains, véritable accalmie pour d’autres, toujours est-il que la publication des conclusions finales du rapport de la commission Winograd laisse entrevoir des jours compliqués sur l’échiquier politique israélien.

A gauche (Meretz) comme à droite (Likoud et partis religieux), on appelle d’ores et déjà à la démission du chef de l’exécutif, qui semble être également chahuté de l’intérieur. En effet, Ehoud Barak, le chef des Travaillistes, père du retrait israélien du Liban en 2000 et actuel ministre de la Défense, doit s’exprimer dans les heures qui viennent quant au maintien ou non de sa formation dans la coalition.

Mais ce n’est pas tout, le silence des «ténors » de Kadima, principalement celui de Tsipi Livni et de Shaoul Mofaz semble indiquer au Premier Ministre que les primaires du parti de la majorité sont d’ores et déjà d’actualité .

Et pour Ehoud Olmert, la bataille pour sa survie politique vient de commencer.—

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