News: ISRAEL JUSTICE : l'ancien PDG de Comverse recherché par le FBI, attaque son ancienne entreprise.
Par David Rosenfeld
Rubrique: Actualité
Publié le 30 janvier 2008
Kobi Alexander, l’ex-star high-tech devenu la proie du FBI, se terre en Namibie. Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’ex-PDG de Comverse attaque Comverse pour une somme de 72 millions de $. C’est à peu près la somme qu’il devrait être condamné à payer. Pour rappel, le FBI l’accuse de 32 chefs d’accusation pour un total de 138 millions de $ de détournement.
M. Alexander, terré dans le seul pays qui offre de ne pas l’extrader vers les Etats-Unis où l’attend la prison, attaque la société Comverse qu’il a fondée. Il explique que Comverse n’aurait pas respecté ses obligations contractuelles, comme autoriser Alexander à user de son droit de vendre ses stocks options, payer ses indemnités de départ, bonus et autres packages.
Kobi Alexander, l’ex-star high-tech adulée d’Israël a décidé fin 2006 de rester en Namibie. En fait, il n’a pas le choix : il est condamné à rester toute sa vie dans le seul pays au monde qui a accepté de ne pas l’extrader vers les Etats-Unis où il encourt une peine très lourde.
Sa mise en liberté en octobre 2006 lui aura coûté quelques 10 millions de $ de caution, tout de même.
Dans un dernier communiqué via ses avocats, Kobi Alexander admet faire partie des 2,000 sociétés aux Etats-Unis qui ont postdaté incorrectement et intentionnellement des options de leur société. Il se présente au même titre que la star Steve Jobs, patron emblématique d’Apple, accusé également d’avoir pratiqué le backdating de stock-options. Les tribunaux jugeront au moment voulu.
Plutôt que la prison, le business en Namibie
Kobi Alexander a donc pris son mal en patience et grâce aux quelques 17 millions de $ qu’il a réussi à ramener en Namibie, il se lance dans le business. Notons que c’était une condition sine qua non pour le Gouvernement Namibien pour conserver ce fugitif sur son territoire.
Voilà donc l’ancien fondateur et PDG d’une des plus grandes firmes de la high-tech mondiale (Comverse, pionnier des SMS et des messageries téléphoniques électroniques) recyclé en patron de BTP pour développer des habitations.
Flashback sur Kobi Alexander et son parcours exceptionnel : l’homme qui a tout perdu.
Jacob « Kobi » Alexander est né en 1953 à Tel Aviv, Israël, où il a grandi. Son père, Zvi Alexander, travaillait dans l’industrie pétrolière en Israël. Kobi Alexander a rejoint les forces israéliennes de défense (Tsahal) à 18 ans pour devenir officier. Après l’armée, il a étudié à l’Université Hébraïque de Jérusalem où il a obtenu un BA en Sciences Economiques, avec les honneurs, en 1977.
Kobi Alexander est alors parti à New York et s’est inscrit à l’Université de New York pour un MBA. Au même moment il a décroché la position d’investment banker chez Shearson Lehman dans le département Corporate Finance en 1978. Il a donc dû travailler pratiquement 24h/24 de 1978 à 1980 afin de maintenir son revenue à plein temps chez Shearson et décrocher son M.B.A. en Finances de la prestigieuse université américaine.
En 1980 et 1981, Kobi Alexander a servi de conseiller financier indépendant pour diverses sociétés multinationales. Puis l’idée révolutionnaire s’est formée, lors d’une rencontre.
D’Efrat Future Technology à Comverse
En 1982, Kobi Alexander rencontre Boaz Misholi, un ingénieur israélien diplômé du Technion, qui lui expose une idée brillante. Alexander démissionne le jour même de Shearson et ils reviennent tous deux en Israël pour développer la technologie Efrat.
L’idée de Boaz Misholi était de développer un système numérique de messagerie vocale pour remplacer les vieux télécopieurs encombrants et les répondeurs automatiques rudimentaires. Avec Yechiam Yemini, le beau-frère de Kobi Alexander, ils fondent Efrat.
La startup est alors en partie financée grâce aux subventions du gouvernement israélien, qui commençait à l’époque un programme de développement des technologies de pointe, qui deviendra plus tard connu comme “Incubators Initiative”, importée en France en l’an 2000.
Efrat reçoit également une aide de la BIRD. La conception et le développement du produit leur prend 2 ans : va bientôt naître la messagerie audioautomatisée et numérique.
En 1984, Alexander, Yemini, et Misholi retournent à New York pour créer Comverse. (pour “communication” et “versatile”) à Woodbury, Long Island. Comverse devient la maison-mère d’Efrat, basée en Israël. En 1986, Comverse fait un IPO sur la bourse des valeurs de New York et lève $6.5 millions pour une valorisation de $20 millions (la capitalisation boursière est aujourd’hui approximativement de $4.5 milliards).
Boaz Misholi laisse la présidence de la compagnie en 1988 pour devenir Professeur à l’Université Columbia, et plus tard DG des fonds d’investissement israéliens Orion Israel Fund et Aura Investments R&D.
L’Europe, Eldorado de Comverse
Le marché américain étant trop concurrentiel et obstrué, Kobi Alexander et Yechiam Yemini ont conçu une stratégie pour se développer sur le continent européen grâce à des accords exclusifs avec des grands distributeurs d’équipement, au Royaume-Uni, aux Pays Bas et en Suisse. Après cela, vous connaissez la suite de l’histoire.
Comverse a eu une croissance prodigieuse et est rapidement devenu le principal fournisseur mondial des logiciels pour les services de communications.
Aujourd’hui, plus de 450 fournisseurs de service de télécommunications utilisent les solutions de transmission de messages (SMS), de contenu et de facturation d’appel de Comverse dans plus de 125 pays afin d’augmenter leurs revenus, renforcer la fidélité clientèle et améliorer leur efficacité opérationnelle. Comverse fait partie des prestigieux index S&P 500 et NASDAQ-100.
Kobi Alexander a été Président du Conseil d’Administration de Comverse et des différentes filiales technologique de Comverse, notamment Verint et Ulticom.
Kobi Alexander est un homme d’affaires vénéré en Israël, aux USA et en Europe. Les événements actuels ne devraient surtout pas nous inciter à oublier que Kobi Alexander a offert un produit incroyable que nous employons chaque jour lorsque nous composons un numéro sur nos téléphones fixes ou portables.—
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