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News: ISRAEL ECRITURE - ANDRE CHOURAQUI connut l'infortune des grands noms du judaïsme français ignorés par leurs pairs israéliens

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Par Mati Ben Avraham
Rubrique: Art
Publié le 25 août 2007 à 15:40

Jérusalem… André Chouraki a été inhumé dans l’antique cimetière juif du Mont des Oliviers, face à la muraille est de la vieille ville, dominée par la longue septuple nef de la mosquée d’El Aqsa à gauche, la coupole dorée du Dôme du rocher au centre et, à l’arrière, à l’occident, le mur des lamentations.

Lorsque, en 1964, il avait quitté la rue Hoavei Tzion – les amoureux de Sion – où il habitait depuis 1958 pour s’installer rue Ein Rogel, dans le quartier d’Abu Tor, c’est ce paysage qu’il avait continuellement sous les yeux, mais vu du sud. Il y puisait son inspiration. Un quartier qu’il n’avait pas choisi au hasard. Du moins, c’est ce que je crois.

Ce quartier était alors coupé en deux, par la ligne de démarcation israélo-jordanienne : à ses flancs sud-est et sud s’accrochaient les maisons palestiniennes; sur la hauteur celles des israéliens.

Une déchirure à aux yeux de cet homme qui croyait à la complémentarité judéo-arabe. Ses traductions et de la bible hébraïque et du Coran en français relevaient de cette approche intellectuelle et poétique. Une approche que, à Abu Tor, il vivait au quotidien depuis la fin des cloisonnements suite à la guerre des six-jours.

Engagé politiquement dès son installation dans la capitale, André Chouraqui fut l’un des proches conseillers du premier ministre Ben-Gourion, avant que de répondre à la sollicitation de Teddy Kollek, le maire légendaire de Jérusalem, d’être élu sur sa liste et de devenir le 1er adjoint au maire, lui le juif algérien, originaire de Aïn Temouchent, passé par le tamis universitaire français et des études religieuses très poussées.

Mais voilà, lorsqu’il abandonna la politique pour se consacrer entièrement à l’écriture, il disparut peu à peu du paysage israélien. Il connut l’infortune d’autres grands noms du judaïsme français – les André et Renée Neher, Léon Ashkénazi, Théo Dreyfus, Albert Azan… – ignorés par leurs pairs israéliens, par le public israélien, tout en gardant intact leur notoriété au sein du public francophone, ici et à l’étranger
André Chouraqui est décédé, après deux semaines de coma.

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