ACTUALITÉ CCFI: DÎNER ANNUEL DE LA CCFI AVEC CARLOS GHOSN - 8 DÉCEMBRE 2008 - 60 ANS D'ISRAËL News: Israël Beer Josaphat alias REUTERS : le pionnier de la mondialisation

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Par David Rosenfeld
Rubrique: Innovation
Publié le 18 août 2007 à 07:40

Les Echos consacrent cet été aux “pionniers de la mondialisation”.

Après Sergey Brin et Larry Page, Zheng He, les Médicis et Sigmund G. Warburg, Les Echos se tournent aujourd’hui sur la créatino de l’agence REUTERS.

“Petit-fils de rabbin et fils de commerçant, il appartient à une prospère famille juive de la région. Son véritable nom est Israël Beer Josaphat. Ce n’est qu’en 1845, qu’il se fera appeler Paul-Julius Reuter.”

“En octobre 1845, Paul-Julius Reuter quitte l’Allemagne et s’embarque pour Londres. Les raisons de ce voyage restent inconnues. Veut-il, après quinze ans passés dans une banque allemande, tenter sa chance dans ce qui est alors la principale place financière du monde ? Ou bien, ce qui est plus probable, est-il envoyé par son oncle pour nouer sur place des liens avec les grands banquiers juifs de la City ? Nous l’ignorons. C’est en tout cas à Londres qu’il rencontre son épouse, Maria-Elizabeth Clementine Magnus. Elle est luthérienne, lui juif…”

L’article des Echos

L’histoire d’un pionnier

En 1847, un jeune polyglotte allemand Paul Julius Reuter (né Israël Beer Josephat) fuit l’Allemagne après avoir participé à l’édition de pamphlets révolutionnaires à Berlin.

Petit-fils d’un rabbin allemand, Israël Beer Josephat est tout d’abord employé de banque avant de partir en France en 1848. Il s’installe à Paris et devient traducteur pour Charles Havas. Charles Havas, un banquier et commerçant juif polyglotte ruinée par la défaite de Waterloo fonde à Paris en août 1832, avec Bernard Wolff, un bureau de traduction qui deviendra la 1ère agence de presse. Un an plus tard, Reuter quitte l’Agence Havas pour lancer une activité concurrente, sans succès. Il retourne à Berlin en 1849 où l’on vient d’installer la 1ère liaison télégraphique. La concurrence y est déjà présente et Bernard Wolf – également ancien employé de Havas – à l’aide de Werner Siemens – un jeune entrepreneur en transmission par câble qui restera dans l’histoire – a ouvert une agence de presse. Siemens conseille à Reuter de s’établir à Londres.

En 1851, à l’ouverture du 1er câble sous-marin reliant l’Angleterre au continent entre Calais et Douvres, Reuter est prêt. Visionnaire, il comprend que l’information factuelle ne peut rivaliser avec la presse écrite solidement établie, il choisit d’étendre son commerce des nouvelles aux milieux d’affaires. Malgré le prix élevé du télégraphe, il cible des hommes d’affaires conscients de la prééminence du « rapide & concis » dans les négociations commerciales. En 1865, son activité est en pleine expansion et il créé la Reuter’s Telegram Company qui deviendra bientôt l’Agence Reuters. Son slogan « Follow the cable ».

Selon Jacques Attali, Reuter invente le scoop lorsque le 10 janvier 1859 il publie le discours du Roi de Piémont-Sardaigne qui va conduire au déclenchement de la guerre franco-autrichienne et à l’indépendance de l’Italie. Le texte est publié le jour même par le journal britannique Times. Une première mondiale.

Le télégraphe électrique se substitue aux sémaphores et aux pigeons voyageurs. L’expertise de Reuter est très prisée par les grandes banques et entreprises internationales, mais la presse écrite reste réservée. De son côté, Havas fustige l’avance technique des Anglais puisque Londres devient rapidement le nœud d’interconnexion entre l’Europe et l’Amérique. En 1879, Charles Havas se lance dans la publicité et diversifie son activité.

-xl-

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