News: Israël – Justice SCANDALE : le parquet escamote le procès contre le président sortant, Moshe Katzav…
Par Mati Ben-avraham à Jérusalem
Rubrique: Actualité
Publié le 28 juin 2007 à 09:13
L’annonce de l’arrangement à l’amiable intervenu entre le parquet et les avocats du président sortant a fait l’effet d’une bombe.
En fait, les principaux chefs d’accusation, à savoir viol, abus de confiance, abus de biens sociaux étaient purement et simplement abandonnés contre la reconnaissance par Moshe Katzav d’harcèlement sexuel à l’encontre de subordonnées et attentat à la pudeur.
La raison invoquée dans l’entourage du conseiller juridique du gouvernement, Meni Mazouz, à ce volte-face est tout aussi étonnante : éviter aux plaignantes cet autre calvaire que représente un déballage public des faits incriminés.
De fait, l’arrangement à l’amiable non seulement escamote le procès, mais enterre toute l’affaire, le parquet n’étant pas tenu à démonter le bien fondé de sa décision. En clair, l’affaire est enterrée.
Or, ce qui est stupéfiant – et qui fait problème –c’est cet abîme entre l’acte d’accusation préparé par Meni Mazouz, à la demande du parquet qui a suivi en ce les recommandations des enquêteurs, et ce qu’il en reste après l’arrangement à l’amiable.
Le parquet a fait marche arrière, avec la bénédiction du conseiller juridique du gouvernement. Pourquoi? La question est posée depuis hier soir, dans les cercles politiques et judiciaires et dans la rue.
Elle mérite réponse car c’est la crédibilité du parquet qui est en jeu. D’autant plus que depuis la décision de Meni Mazouz de lancer une procédure judiciaire contre le chef de l’état, il allait de soi que cette décision reposait sur du solide, que ni le conseiller juridique du gouvernement, ni le procureur général, ni le directeur national de la police allaient risquer leur carrière en s’engageant à la légère.
Alors, les avocats du président ont-ils réussi à jeter le doute quant à la crédibilité des plaignantes? Au point que traduire le président devant les tribunaux devenait hasardeux? Admettons, mais pourquoi ne pas laisser la justice trancher, établir qui de l’accusé ou des plaignantes raconte des bobards.
Une chose, cependant, est certaine : en reconnaissant avoir harceler sexuellement des subordonnées, s’être livré à des attouchements défendus, le président Moshe Katzav avoue avoir menti tout au long de l’enquête, en ne cessant de clamer son innocence.
A priori, l’accord entre le parquet et les avocats de Moshe Katzav sera signé dans la matinée de jeudi. Mais rien n’est encore définitif dans la mesure où un recours sera déposé devant la Cour suprême. -


