News: ISRAËL – ÉCONOMIE : LA SUPPRESSION DE LA TAXE D'ACHAT SUR 100 PRODUITS VA RELANCER LA CONSOMMATION
Par Jacques Bendelac, à Jérusalem
Rubrique: Economie
Publié le 18 juin 2007 à 09:09
Une bonne surprise attendait les Israéliens au début de la semaine dernière : le Premier ministre et ministre des Finances Ehoud Olmert venait de signer un décret supprimant la taxe d’achat sur une liste de 100 produits de grande consommation.
La nouvelle a pris de court les milieux économiques, même parmi les mieux informés. On savait que le gouvernement israélien s’était engagé à la réduction progressive de la pression fiscale, et plusieurs baisses d’impôt ont déjà eu lieu durant les trois dernières années.
Mais la suppression pure et simple d’une taxe, que d’ailleurs beaucoup considèrent comme un archaïsme économique, c’est du jamais vu en Israël!
Et pourtant, c’est vrai! A compter du 11 juin 2007, la taxe d’achat sur une centaine de produits de consommation courante a disparu. Le prix de ces produits va diminuer sensiblement puisque le taux de la taxe n’était pas négligeable : entre 5 et 8% sur l’électroménager, comme réfrigérateurs, cuisinières et machines à laver, 10% sur les climatiseurs, entre 5 et 13% sur la cosmétique, 15% sur les téléphones fixes et jusqu’à 18% sur les piles électriques.
L’économie pour les ménages israéliens est donc appréciable: il s’agit d’un cadeau fiscal évalué à 400 millions de shekels (80 millions d’euros) par an, et qui va favoriser la relance de la consommation des classes moyennes.
Pour les importateurs israéliens aussi, c’est une bonne nouvelle. La suppression de la taxe d’achat sur certains produits importés va faciliter les formalités douanières et réduire la bureaucratie.
C’est en 1952 que le ministre des Finances Lévy Eshkol instituait une “taxe d’achat” destinée à accroître les recettes fiscales de l’Etat. La TVA et les droits de douane ne suffisant plus, il introduira une “taxe d’achat” qui se voulait un impôt indolore et rentable: elle portait sur une large gamme de produits, depuis les biens de grande consommation jusqu’aux produits de luxe. Elle fut imposée aussi bien sur les produits d’importation (voitures, essence, cigarettes et alcool) que sur les produits locaux (cosmétiques ou climatiseurs).
Le secteur qui aura le plus souffert de la taxe d’achat fut l’automobile, avec un taux de 95% sur les voitures particulières et de 75% sur les véhicules commerciales. Progressivement, la taxe d’achat a été ramenée à des taux plus raisonnables. C’est ainsi que pour les voitures, elle a été réduite à 84% en 2007 et elle baissera jusqu’à 72% d’ici à 2010. Si au début des années 1990, la taxe d’achat rapportait plus de 10% des recettes de l’Etat, aujourd’hui elle ne contribue plus que pour 6% des rentrées fiscales.
La baisse actuelle de la taxe d’achat est donc un autre volet de la politique actuelle du gouvernement israélien de réduction de la pression fiscale. Et c’est l’excédent de recettes fiscales qui a incité le Trésor à accélérer la baisse de la taxe d’achat. En effet, ce sont 6 milliards de shekels d’excédents fiscaux qui se sont accumulés dans les caisses de l’Etat entre janvier et mai 2007. Certains experts estiment même que d’ici à la fin 2007, les excédents fiscaux pourraient se monter à 18 milliards de shekels!
Les mauvaises langues diront aussi que le premier Ministre Ehoud Olmert, qui cumule provisoirement les fonctions de grand Argentier, a profité de son bref passage au Trésor pour s’octroyer la popularité qui accompagne toujours une baisse des impôts.
Officiellement, le ministère israélien des Finances justifie la baisse actuelle par le poids de la fiscalité en Israël qui est encore supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE. En 2005, la pression fiscale en Israël équivalait à 37% du PIB, contre 32% dans les pays de l’OCDE. Ce sont les taxes indirectes (comme la taxe d’achat et la TVA) qui sont particulièrement lourdes en Israël où elles représentent 18% du PIB contre 10% de moyenne dans les pays occidentaux.-


