News: Israël Regard Economique - Le kibboutz Neot Semadar
Par M.B.
Rubrique: Kibboutz
Publié le 30 avril 2007 à 05:47
IsraelValley : Pouvez vous revenir sur la création du kibboutz Neot Semadar ? Shimon : Le kibboutz est relativement récent. Il fut créé en 1989 par un groupe de personnes passionnées par l’étude des relations humaines. A l’origine, nous n’étions que quelques uns à nous retrouver toutes les semaines, le jeudi, pour parler de nos observations, à Jérusalem. Plusieurs d’entres nous ont voulu pousser l’expérience plus loin et de fonder un kibboutz.
Nous avons entrepris de le créer dans un des endroits les plus inhospitaliers d’Israël : il ne tombe ici que 15 mm d’eau par an et le sol est très salé, ce qui rend l’agriculture difficile. Nous l’avons fait probablement un peu par défi, mais aussi parce que nous avons pu profiter des installations désertées de l’ancien kibboutz Shizafon.
IV : Quelles sont aujourd’hui les caractéristiques principales du kibboutz Neot Semadar ?
S : Notre kibboutz n’est pas exceptionnel. Nous sommes une grande famille et restons fidèles à ce que représente « l’idéal kibboutznik originel ». Seules les questions relatives aux enfants ne sont pas complètement collectives et sont avant tout le fait des parents. Pour le reste, comme la plupart des autres kibboutzim non privatisés (c’est-à-dire 1/3 des kibboutz du pays), nous partageons tout. Par exemple, les tâches sont effectuées par tous à tour de rôle.
Contrairement à d’autres, nous avons choisi de garder une part de religion dans notre vie collective. Ainsi, nous respectons le shabbat et les autres jours saints du judaïsme. Pour autant, certains membres du kibboutz ne sont pas juifs.
En plus de notre but (que nous poursuivons depuis la création même du kibboutz) d’étudier la vie, nous avons voulu nous spécialiser dans les productions organiques. Nous consommons ce que nous produisons et produisons tout de manière totalement naturelle.
Notre plus grand défi, le manque d’eau nous force à être imaginatifs. L’agriculture représentant la plus grande part de notre revenu, nous nous efforçons d’utiliser l’eau aussi efficacement que possible. Nous avons fait fleurir le désert, au sens propre du terme : nous puisons l’eau salée des nappes phréatiques en profondeur, puis la dessalons. Nous buvons ce qui est buvable et répartissons le reste entre les animaux et les plantes. Nous avons aussi récemment installé un système qui nous permet de recycler l’eau contenue dans l’urine des hommes et des animaux. En plein cœur du désert, nous faisons pousser des dattiers et des oliviers.
IV : Que pensez-vous du courant de privatisation des kibboutzim ?
S : Mon avis et que le déclin des kibboutzim provient d’un changement profond de la société et de l’homme. De plus en plus, nous nous axons vers l’extérieur, vers ce qui nous manque et que les hommes oublient ou ne veulent plus chercher à l’intérieur d’eux-mêmes. De plus, l’individualisme croissant est mêlé d’avarice et nous ne voulons plus partager : c’est là la base des privatisations.
Notre niveau de confort matériel ici est certes bas, mais nous jouissons d’une dimension spirituelle et collective que la plupart n’ont pas. Le tout est de savoir où on est le plus heureux. Pour autant, je ne suis pas optimiste quant à l’avenir des kibboutzim.
IV : Qui sont les membres du kibboutz ?
S: Le kibboutz compte environ 80 membres fixes adultes. Si l’on rajoute les personnes de passage et les enfants, nous avons une population totale de 200 individus. La majorité des membres sont israéliens, mais nous avons accueilli des nouveaux immigrants provenant de nombreux pays : la France, les Etats-Unis, la Suède, l’Argentine, etc.
Nous sommes relativement ouverts à d’éventuels nouveaux venus. Pour autant, nous ne permettons pas à nos enfants de rester au kibboutz une fois adulte, ni aux jeunes adultes qui viennent de rester plus d’un an. Après l’expérience du kibboutz nous voulons que tous puissent trouver leur place par eux-mêmes. Toute personnes voulant vraiment s’installer parmi nous doit être convaincue que c’est le bon endroit pour elle, et ne le pourra qu’après être retourné dans le monde moderne. C’est trop facile de rester coincé dans notre communauté, nous faisons très attention à ce que cela ne soit pas le cas, pour personne.-
Pour visiter le kibboutz Neot Semadar, il est possible de le contacter :
E-mail : tourism@neot-semadar.com
Téléphone : +972 86-358111


