Israël Economie : les taux directeurs sont au même niveau qu'en Europe à 3,75%
Les taux directeurs de la Banque Centrale Israéliennes ont été abaissés à 3,75% cette semaine.
Cette baisse amène les taux directeurs israéliens au même niveau que les taux de la Banque Centrale Européenne, et bientôt en-dessous. En effet, les anticipations d’une hausse des taux par Jean-Claude Trichet à 4% au mois de juin 2007 sont largement pronostiquées.
Stanley Fischer, gouverneur de la Banque centrale d’Israël, a donc décidé une baisse des taux, pour la 6ème fois en moins de 6 mois depuis octobre 2006, et ce afin de relancer l’inflation dans la fourchette des 1-3%. Les taux étaient à 5,25% en octobre 2006. Rares sont les banques centrales a opérer avec une telle célérité. Le mois dernier Stanley Fischer avait décidé de laisser les taux directeurs inchangés à 4%, et depuis le shekel s’était encore apprécié de 3,3% face au dollar.
La Banque d’Israël est confiante que la forte accélération de la croissance saura ramener l’inflation au niveau escompté de 1 à 3% rapidement. Pourtant, malgré une croissance soutenue de 5% en 2006, l’inflation en Israël était restée inexistante et même légèrement négative (-0,1%). L’inflation a cédé la place à la déflation. Le renchérissement du shekel a eu pour impact la baisse de 2 points de l’inflation et la baisse des prix des hydrocarbures a baissé la facture énergétique.
La Banque centrale a parié sur 0,7% d’inflation dès les mois d’avril. Et les permiers signes d’inflation se font pressentir et les économistes anticipent une inflation à 1,2% d’ici la fin de l’année. Ainsi, M1, la masse monétaire (pièces, les billets, les comptes courants) a cru à une forte vitesse en mars, atteingant un taux annuel de 11,5%. Cette hausse rapide apporte une pression inflationniste qui devrait réjouir le gouvernement.
Vers un nouveau tour de vis de 25 points ?
Si les premiers signes du retour à l’inflation s’annoncent après une année 2006 de déflation, le taux de change shekel/dollar inquiète. Ainsi, 70% des exporations sont libellés en dollars.
Avec un taux de change de 4,07 fin avril, le shekel a encore gagné 6% face au dollar depuis la baisse de 1,5 points des taux directeurs il y a 6 mois. Par conséquent l’inflation n’tteindra certainement pas les 0,5% en avril 2007 contre 0,8% anticipés par Stanley Fischer. Une nouvelle baisse de 25 points est donc anticipé d’ici l’été 2007.
Pourquoi 2-3% d’inflation au fait ?
C’est vrai au fait, on nous parle toujours de 2-3% d’inflation comme une règle sacro-sainte depuis les années 1980, mais pourquoi faire ? Pourquoi pas 0% d’inflation.
La réponse ? « pour mettre de l’huile dans les rouages de la politique salariale ». Les économistes ont en effet jugé que le fait de conserver 2-3% d’inflation permettait, si besoin est, de compresser les coûts salariaux de façon indolore. Explications.
Si l’on gèle les salaires dans le cadre d’une inflation à 3%, le coût de la main d’œuvre baisse mécaniquement de 3%, d’où une plus grande compétitivité. Ceci est plus facile que de baisser les salaires nominaux de 3% dans le cadre d’une inflation à 0%.
xl
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