News: Israël France - EXCLUSIF - A Cannes GeoSIM a décroché le premier prix international de l’innovation . GeoSim espère mettre Paris en 3D

Jan 200711

Par Nathalie Harel
Rubrique: Actualité
Publié le 11 janvier 2007

La réalité virtuelle va-t-elle réussir à s’attirer les faveurs des « business angels »? Pour Victor Schenkar, l’ingénieur à la tête de la société israélienne GeoSim, spécialisée dans la modélisation de villes en trois dimensions, le marché des applications en 3D bénéficie en tout cas de vents porteurs.

« Le succès de « Google Earth » qui montre les recoins du globe terrestre à une distance de 3000 pieds en est une première illustration.

L’évènement le plus marquant reste le récent lancement par Microsoft de son service « Virtual Earth 3D », qui déploie une quinzaine de villes américaines dans un espace tridimensionnel, mais dont la représentation à ras du sol reste grossière», explique cet ancien militaire de carrière, diplômé d’ingénierie électrique du Technion, et par ailleurs détenteur d’un PhD d’aéronautique de l’Université de Stanford.

Un engouement pour les simulations « photo réalistes » dont la firme de Petah Tikva entend bien profiter dans les mois à venir.

Proposant une solution exclusive intégrant photos aériennes, clichés terrestres, cartes et bases de données, GeoSim espère achever d’ici au printemps prochain son prototype dédié à la ville de Philadelphie. Initié voilà deux ans ce projet permet de reconstituer cet environnement urbain avec un effet loupe ramené à l’échelle de 10 cm, grâce aux images captées par un véhicule muni d’une caméra et d’un scanner d’image.

Financé par la société israélienne à hauteur 1 million de dollars, en partenariat avec l’office du tourisme local dont l’apport s’est élevé à 700 000 dollars, cette première modélisation sert d’ores et déjà de vitrine commerciale à GeoSim.

Lors du dernier Forum international du Tourisme et des Technologies (« Tourism@ ») qui s’est déroulé à Cannes début décembre dernier, la société israélienne a décroché le premier prix international de l’innovation technologique.

Victor Shenkar compte surtout concrétiser une seconde commande dans le courant de l’année 2007 : GeoSim négocie effet avec la société française Maporama, qui se présente comme le leader européen en services de localisation géocentrique, la possibilité de lancer un site de visualisation en 3D de Paris.

Pour financer leur projet, les deux entreprises comptent participer au troisième appel d’offres du programme franco-israélien de coopération technologique, mis en oeuvre par l’OSEO, côté français et par Matimop à Tel Aviv. Des discussions similaires sont menées avec un groupe d’entrepreneurs à Londres.

Et GeoSim a également déposé un dossier de candidature dans le cadre de l’appel d’offres déposé par la ville de Sydney. « Paris, Londres, New York et enfin Las Vegas, qui demeure la ville la plus consultée sur le Web, figurent parmi nos priorités », confie Victor Shenkar qui recherche pour chacune des destinations un partenaire en charge de la régie publicitaire.

« Notre solution offre en effet un environnement privilégié pour les annonceurs souhaitant promouvoir un hôtel ou un restaurant ; tandis que les utilisateurs peuvent apparaître sous forme de promeneurs virtuels dans les rues en 3D et faire ainsi connaître leurs pages personnelles ».

Fondée en 2000, GeoSim a bénéficié de subventions du bureau « Scientifique en chef » pour sa R&D, et a profité plus largement d’un transfert de technologie du secteur militaire vers le civil.

La société est un « spin off » de Tiltan, la première jeune pousse lancée par Victor Shenkar, après des années passées dans les rangs de l’armée l’air, et dont le principal client est l’armée israélienne. «Les outils de 3D ont toujours reçu une attention particulière dans l’univers militaire.

Il faut savoir par exemple que 90% de l’entraînement d’un pilote de l’armée de l’air sur un nouvel appareil se fait à l’aide d’un simulateur de vol », précise l’ingénieur. Tiltan s’est fait un nom en fournissant à Tsahal une représentation en 3D des monts du Golan pouvant servir de base à des simulations dans un décor reconstitué sur la base d’informations réelles, et non dans un paysage pour partie fictif. Fort de cette première expérience, Shenkar a alors eu l’idée de développer une application commerciale, qui se présente sous la forme d’un « moteur de recherche urbain », pour des publics variés : chargés d’urbanisme, spécialistes du tourisme ou de l’immobilier, industrie du jeux et du divertissement.

Pour l’heure, GeoSim emploie vingt personnes à Petah Tikva plus une dizaine de salariés dans son studio de Madras (en Inde), en charge du traitement des données.

La société estime que chaque site de visite virtuelle est susceptible de générer 20 à 30 millions de dollars de chiffre d’affaires. Parmi ses actionnaires figurent le fonds d’investissements britannique Brandspack (à hauteur de 40%) et son confrère israélien Formula Vision Technologies (20%) aux côtés du Pdg-fondateur (20%).

Récemment, une société de divertissement basée à Hollywood, associée à un groupe de banquiers américains est entrée dans l’affaire. « Les « business angels » israéliens ont montré de nombreuses réticences vis-à-vis de la 3D, concède Victor Shenkar qui a dû démarcher une soixantaine d’acteurs du capital risque.

Nous sommes un fournisseur de contenu : ici cela ne passe pas forcément bien ».-

Printer Imprimer cette page - Retour en haut de la page -