Israël Jérusalem . "Mille petits métiers s’y exercent, ceux des cordonniers, des tailleurs, des menuisiers, des ferblantiers,..."
Lorsqu’on parle d’André Chouraqui et de son oeuvre, c’est aussitôt sa traduction de la Bible qui surgit à l’esprit. Mais Chouraqui est aussi écrivain, historien, homme d’action, poète. Pétri par la culture française, mais avant tout fils d’Israël et juif convaincu amoureux de Jérusalem qu’il habite depuis quelques trente années, André Chouraqui nous livre ici ses émotions et sa vision de la capitale d’Israêl.
“Mille petits métiers s’y exercent, ceux des cordonniers, des tailleurs, des menuisiers, des ferblantiers, des cadreurs, des banquiers, des changeurs, de vendeurs d’eau ou de coiffeurs.
Quelques juifs et chrétiens exercent des métiers plus élaborés comme celui de la fabrication des vins et alcools que certains musulmans achetaient jadis clandestinement chez eux non sans risque.
C’est à l’ouest du quartier musulman que se situe le quartier chrétien avec la plupart des Lieux Saints, à commencer par le Saint Sépulcre, centre spirituel de la chrétienté. A voir aussi, le toit du Saint Sépulcre qui abrite un village où vivent des moines éthiopiens habitant des cellules dispersées… une vraie curiosité.
Au sud-ouest de la ville, le quartier arménien où se situent le patriarcat, la belle cathédrale de Saint Jacques, un séminaire, un couvent de religieuses, une imprimerie, une bibliothèque et un musée.
Le quartier juif enfin, à l’extrême sud de la ville qui compte des bâtiments vieux de 100 à 200 ans, ainsi que quelques synagogues datant du XVIème siècle. Un quartier dominé par un réseau de ruelles étroites, de cours, de patios de la communauté juive qui attendit pendant près de deux millénaires la renaissance de la ville de David.
Le mur occidental (mur des lamentations) sacré pour le judaïsme, constitue le rempart de soutènement de la colline où s’élevait jadis le Temple. Dans ses fondations, il y a une pierre hérodienne de 14 mètres de longueur.
D’un poids de 800 tonnes, elle est probablement la pierre la plus lourde jamais utilisée en architecture. Son transport d’une carrière située à plusieurs kilomètres de ce lieu et sa mise en place demeurent une énigme.
Mais les quartiers musulmans, chrétiens, arméniens et juifs n’ont d’existence propre que dans la mesure où ils flanquent la colline inspirée où le temple s’élevait jadis et aujourd’hui le Dôme du Rocher et la mosquée d’El-Aqsa qu’il faut absolument découvrir.
Signalons également au visiteur que le panorama de Jérusalem se prolonge hors des murs qui protégeaient jadis le palais royal, le Temple et la population de la ville. Les collines et les vallées offrent au pèlerin tant de lieux vénérables et de sites incomparables qu’aucun guide n’en épuise le nombre.
Entre le Mont Moriah et le Mont des Oliviers s’étendait jadis la ville des Jébuséens, puis la ville de David non loin de la source de Guihon.
La vallée de Cédron enserre à l’est et au sud l’éperon sur lequel se dresse la vieille ville; une vallée qui abrite de nombreux vestiges du passé biblique.
La vallée de Géhenne aujourd’hui, partie souriante du parc qui entoure la ville, hier le lieu où les occupants crucifiaient les condamnés à mort.
Le Mont Scopus qui constitue un point d’observation idéal et d’où le visiteur est suspendu au-dessus d’un gouffre qui accentue le caractère lunaire du paysage, l’un des plus beaux que l’on puisse admirer.
Le Mont des Oliviers, où ses flancs jadis déserts, refleurissent aujourd’hui et dont chacune des pierres illustre un souvenir biblique, de David à Jésus. Le Mont Sion dominé par l’Eglise de la Dormition et par la haute tour élevée en l’honneur de Marie, mère de Jésus.
Le Dormition enfin où selon la tradition catholique, la vierge Marie s’est endormie avant d’être enlevée au ciel.
Cet univers de Jérusalem, avec ses trente siècles d’histoire passionnée, agresse de sa beauté rude, dépayse le visiteur, le déracine, l’obligeant à reconnaître dans le plus lointain, le prochain avec lequel il faut vivre et qu’il faut aimer.
Nous sommes là, aux racines du judaïsme, du christianisme et de l’islam, et au cœur des multiples conflits nés de la rencontre de tous les âges et visages de l’humanité.
La ville de la bible ressuscitée de nos jours, a pour vocation d’incarner les idéaux dont elle devenue le symbole pour des millions d’hommes.
Puissent les lumières de JERUSALEM rapprocher ceux dont la réconciliation ouvrira une nouvelle ère de paix."
Source SVP Israël Guide. Texte offert à nos lecteurs par Gilles Sitruk.
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