Les Pages Economiques de Jacques Bendelac

Bendelac2012 Jacques Bendelac est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem. Il a enseigné l’économie dans les universités françaises et israéliennes. Il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’économie israélienne et à la société civile en Israël. Ses recherches actuelles portent sur l’économie du Proche-Orient. Dernier ouvrage publié : «Israël-Palestine : demain, deux Etats partenaires ? » (Armand Colin, Paris, 2012).

LE GAZ PEUT-IL ÊTRE UNE BOUÉE DE SAUVETAGE DE L’ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE? La timide croissance de 2013 sera stimulée par les ressources du gaz.

Lundi 7 janvier 2013

GAZ
L’économie israélienne est toujours aux prises avec la crise de l’économie mondiale. Si les Etats-Unis viennent d’éviter le “précipice fiscal”, il leur reste encore à réduire leurs déficits abyssaux; de même, plusieurs pays d’Europe doivent faire face à une crise de leur dette. A défaut de reprise mondiale, l’économie israélienne connaîtra une timide croissance en 2013, de l’ordre de 2,8%. En revanche, le démarrage de l’extraction du gaz offshore pourrait constituer une bouée de sauvetage de l’économie israélienne: les prévisionnistes de la banque centrale viennent d’estimer que les ressources procurées par le gaz augmenteront le PIB israélien d’un point supplémentaire, ce qui leur a permis de présenter une prévision de croissance de 3,8% pour 2013.

Une croissance molle

L’Institut israélien de la Statistique vient de détailler les effets macroéconomiques de la récession mondiale sur l’économie israélienne, montrant comment le ralentissement s’est accentué tout au long de 2012. Au dernier trimestre de 2012, la production manufacturière a augmenté au rythme annuel de 2,2% seulement, contre 7,2% au trimestre précédent. Tous les secteurs de l’activité sont touchés par ce ralentissement, depuis les industries traditionnelles et jusqu’aux entreprises de high-tech. Quant à la situation du commerce et des services marchands, elle n’est guère plus réjouissante: à la fin de 2012, leur chiffre d’affaires augmentait au rythme annuel de 2,5% seulement, contre un rythme de 4,1% en début d’année.

C’est bien la faiblesse de la demande qui est à l’origine du ralentissement de l’économie israélienne observé l’an dernier. En 2012, la consommation des ménages a augmenté de 2,8% seulement, après une hausse de 4% en 2011 et de 5,3% en 2010. A l’étranger aussi, la demande pour les produits made in Israël est en berne: en 2012, les exportations de biens et services ont progressé de 1% seulement, contre 5,5% en 2011.

Une bouée de sauvetage

Dans ce contexte délicat, l’exploitation des réserves offshore de gaz naturel peut-elle être une bouée de sauvetage de l’économie israélienne? « Oui, mais… » répond la Banque d’Israël qui vient de revoir ses prévisions de croissance pour 2013, en y incluant les ressources du gaz et ses retombées sur la balance commerciale israélienne.

« Oui », si l’exploitation du puits “Tamar” démarre bien au second trimestre de 2013 et si la compagnie israélienne d’Electricité remplace le mazout importé par du gaz israélien pour produire du courant. Selon la banque centrale, l’utilisation du gaz permettre à Israël d’économiser des devises en réduisant ses importations de pétrole et donc en réduisant le déficit extérieur. Il s’agit d’un gain équivalent à 2,5 milliards de dollars (2 milliards d’euros) par an, ce qui va accroître le PIB israélien de 1% en 2013.

Des effets pervers

La banque centrale précise qu’il y a aussi un « mais »: l’exploitation du gaz n’aura pas d’influence sur le marché du travail puisque la Banque d’Israël ne prévoit pas, en 2013, de créations d’emplois liées au gaz. De même, l’apparition d’un excédent supplémentaire de devises dans la balance courante pourrait avoir un effet pervers: un afflux de dollars engendrerait des tensions favorables au renforcement du shekel, ce qui handicapera les industriels israéliens dans la conquête de débouchés extérieurs.

L’exploitation du gaz ne va donc pas compenser totalement les pertes occasionnées à l’économie israélienne par la crise mondiale; il faudrait que le commerce international se redresse significativement pour que l’économie israélienne cesse de perdre des parts de marché au niveau mondial. Là aussi, l’exportation du gaz israélien pourrait constituer une bouée de sauvetage de l’économie israélienne.

Bilan 2012: une année perdue pour l’économie israélienne? Plusieurs indicateurs montrent que 2012 aura été une année morose: vie chère, logement, Bourse, devises, etc.

Lundi 31 décembre 2012

Comme chaque année, l’heure est aux comptes pour l’économie israélienne. En ce début 2013, l’approche des législatives transforme le bilan de 2012 en argument de campagne électorale. Certes, l’économie d’Israël s’en sort mieux que celle de la plupart des pays occidentaux: avec 3,3% de croissance du PIB en 2012, Israël fait figure d’exception dans la morosité internationale. Mais l’augmentation de la richesse nationale ne signifie pas que tous les Israéliens vivent mieux, notamment parce que de nombreuses promesses du gouvernement n’ont pas été tenues: la cherté de la vie ne s’est pas atténuée, la pénurie de l’immobilier ne s’est pas résorbée, la pauvreté n’a pas diminué, les exportations sont menacées par le renforcement du shekel, et la paix économique avec les Palestiniens n’est plus à l’ordre du jour.

Contrairement aux apparences, de nombreux baromètres montrent que 2012 aura été une année perdue pour l’économie israélienne. En voici les principaux symptômes.

Une année perdue pour la contestation sociale. La protestation populaire contre la vie chère, déclenchée à l’été 2011, n’aura pas eu l’effet à long terme escompté. Après une légère pause, les prix des produits courants sont repartis à la hausse dans le courant de 2012: la facture d’électricité s’est alourdie de 10%, le litre d’essence a franchi la barre symbolique des 8 shekels (1,6 euro), le prix du pain subventionné a renchéri de 6,5%, les taxes sur les cigarettes et essence ont fait un bond de 20%, et même le prix du fromage blanc “cottage” a repris 5% en 2012.

Une année perdue pour les pauvres. 1.8 million d’Israéliens vivent encore en dessous du seuil de pauvreté et ce chiffre ne diminue pas: désormais, un Israélien sur quatre (19,9%) vit dans la pauvreté. Parmi les enfants, la situation s’est encore aggravée l’an passé: près de 900.000 petits israéliens vivent dans des familles pauvres, soit un enfant sur trois est pauvre.

Une année perdue pour la construction de logements. A l’origine de la “révolte des tentes” de l’été 2011, la cherté du logement s’est poursuivie sans relâche: en 2012 aussi, le prix moyen du logement a augmenté de 4%. Contrairement à la promesse du gouvernement, le boom de la construction n’a pas eu lieu et les mises en chantier ont même reculé: de janvier à septembre 2012, 28.130 logements ont été mis en chantier, soit 19% de moins que l’année précédente. La pénurie de constructions ne permet toujours pas de resserrer l’écart entre la demande croissante et l’offre stagnante.

Une année perdue pour la Bourse de Tel Aviv. En 2012, le volume des transactions réalisées à la bourse de Tel Aviv a reculé de 38% par rapport à 2011, et de 50% par rapport à 2010. Cet assèchement| des capitaux à la Bourse trouverait sa source dans la faiblesse des cours qui décourage les investisseurs. Certes, l’indice TA-25 a rebondi 8% en 2012, mais cela ne compense pas la chute de 18% de 2011. Sans compter que les petits actionnaires ont été priés de mettre la main à leur portefeuille pour sauver de la faillite les grands “Tycoons” israéliens, comme Itzhak Techouva (immobilier et énergie), Nohi Dankner (consortium IDB), qui ont accumulé d’importantes dettes.

Une année perdue pour le shekel. Après avoir reculé en 2011, le shekel a fait du sur-place pendant quelques mois pour reprendre son envolée à la fin de 2012: au 30 décembre 2012, le dollar était coté à 3,73 shekels soit une baisse de 6,5% en deux mois. Les industriels, qui craignent pour la rentabilité de leurs exportations, réclament une intervention immédiate de la Banque centrale pour soutenir le cours du billet vert. Le renforcement du shekel est observé aussi vis-à-vis de l’euro qui est coté à 4,92 shekels en fin 2012.

Une année perdue pour la paix économique avec les Palestiniens. Lancée en 2009 par Benyamin Netanyahou, la stratégie de “paix économique” avec les Palestiniens ne s’est pas accompagnée de négociations de paix avec l’Autorité palestinienne. Résultat: les Palestiniens se sont tournés vers l’ONU pour obtenir la reconnaissance unilatérale de l’Etat de Palestine. La diplomatie israélienne est mise en difficulté et ce ne sont pas les mesures israéliennes de rétorsion qui vont faciliter le retour à une table de négociations

À LA VEILLE DES ÉLECTIONS, LE GOUVERNEMENT FAIT FACE À UNE VAGUE DE REVENDICATIONS SALARIALES: infirmières, salariés intérimaires, chaîne 10, rescapés de la Shoa, etc.

Lundi 17 décembre 2012

economie
Depuis quelques semaines, le ministère des Finances à Jérusalem est victime d’attaques ciblées: il ne s’agit pas, bien heureusement, de tirs de roquettes ennemies, mais de revendications salariales de la part de différentes catégories socioprofessionnelles. Or, ces revendications ont un coût budgétaire que le Trésor aura du mal à financer. D’autant plus que le budget pour 2013 n’a pas été voté par la Knesset, ce qui interdit au gouvernement de prendre de nouveaux engagements budgétaires. Ce qui n’a pas empêché le gouvernement de prendre des mesures qui pourraient être qualifiées d’électoralistes mais qui seront financées après les législatives, comme le blocage des prix des transports en commun et le gel du prix des produits laitiers qui auraient dû augmenter cette semaine.

D’ailleurs, on ne peut s’empêcher de relier les conflits sociaux actuels à l’approche des législatives: c’est à l’annonce des élections anticipées que de nombreuses catégories professionnelles ont déclenché des mouvements sociaux. En voici les principaux.

Salariés intérimaires. Commençons d’abord par un accord qui a déjà été conclu: il y a quelques jours, le gouvernement et les syndicats ont signé une nouvelle convention salariale qui améliore les conditions de travail des salariés des entreprises de sous-traitance. Le coût de cet accord est estimé à 700 millions de shekels (140 millions d’euros), qui seront pleinement financés sur le budget de 2013.

Infirmiers et Infirmières. La profession infirmière est en grève depuis une quinzaine de jours: elle réclame une amélioration de ses statuts, la réduction de la pénurie de main d’œuvre spécialisée et la revalorisation des salaires. Le Trésor estime le coût d’un relèvement de salaire des infirmières à près d’un milliard de shekels (200 millions d’euros), et il serait disposé à répondre favorablement à une partie de ces revendications.

Chaîne 10. Le gouvernement a décidé de venir au secours de la chaîne Dix de la télévision israélienne, mais il n’a pas encore débloqué les fonds nécessaires: le redressement de la chaîne coûtera 100 millions de shekels aux caisses de l’Etat (20 millions d’euros): il s’agit pour le gouvernement d’éponger les dettes passées et d’injecter de l’argent frais pour sauver les emplois et permettre à la chaîne de survivre.

Rescapés de la Shoa. La semaine dernière, le gouvernement a décidé de couper dans les subventions qu’il accorde au fonds pour le bien-être des rescapés de la Shoa vivant en Israël (“The Foundation for the benefits of Holocaust Victims in Israel”). Cette décision a provoqué la colère des rescapés qui ont organisé des manifestations de protestation à Tel Aviv et Jérusalem. Pour satisfaire à leurs revendications, il suffirait de quelques millions de shekels; cela ne creuserait pas le déficit public, et cela permettraient aux rescapés de vivre plus décemment.

Les salariés de Tsahal. Les civils qui travaillent dans les rangs de l’armée israélienne réclament une amélioration de leurs conditions de travail. Mercredi dernier, 2.000 d’entre eux ont renvoyé à Tsahal leur permis de conduire militaire, ce qui risque de paralyser une partie des transports de l’armée. Ils réclament une augmentation de salaire de 4,5%, pour s’aligner sur les autres salariés du ministère de la Défense.

Indépendamment de l’approche des législatives, ces revendications salariales tombent mal pour le gouvernement qui doit faire face à l’aggravation du déficit public. Au cours des douze derniers mois, le déficit a atteint les 40 milliards de shekels (8 milliards d’euros), soit 4,2% du PIB. On est loin des prévisions corrigées du Trésor qui tablait sur un déficit de 3,2% du PIB pour 2012.

LES CANDIDATS À LA KNESSET ONT-ILS UN PROGRAMME ÉCONOMIQUE? À ce jour, peu de listes électorales ont publié leurs projets économiques.

Lundi 10 décembre 2012

KNESSET L’enregistrement des listes électorales pour la dix-neuvième Knesset est clos: on peut désormais analyser la place qu’occuperont des dossiers économiques dans la campagne électorale. Si la gauche et la droite proposent des programmes idéologiquement opposés, les grandes manœuvres de dernière minute ont conduit de nombreux candidats à brouiller les cartes. Les défections inattendues se sont poursuivies jusqu’à la clôture des listes jeudi soir: de la gauche vers le centre, du centre vers la droite, du centre au centre, etc. Aux rebondissements politiques à répétition, un second facteur entretient le flou quant aux orientations économiques des candidats à la Knesset: à l’exception des partis Avoda et Kadima, les listes en présence n’ont pas publié le détail de leur programme économique et social.

Après la fin de l’opération militaire à Gaza, on aurait pu croire que l’économie revienne au centre des débats électoraux, or il n’en est rien: à ce jour, peu de partis ont exposé clairement leurs ambitions économiques; les leaders politiques se contentent de critiquer leurs rivaux, restant dans le vague lorsqu’il s’agit de détailler leurs propres propositions.

LIKOUD-BEYTENOU : le sécuritaire d’abord

La liste commune au Likoud et à Israel Beytenou s’est construite sur des enjeux politiques et sécuritaires, plutôt qu’économiques. Si un programme économique n’a pas été publié, on peut imaginer que l’idéologie dominante de la liste commune restera celle de l’économie de marché. La politique actuelle de libéralisation de l’économie israélienne se poursuivra; elle se traduira par la baisse des dépenses publiques, le recul de la fiscalité directe, le rétrécissement de la protection sociale, des privatisations, la préférence pour le secteur privé, etc. La priorité donnée aux enjeux sécuritaires ne permettra pas d’abaisser les dépenses militaires, ce qui amputera d’autant les budgets civils nécessaires pour combattre la pauvreté et réduire les inégalités sociales criantes.

AVODA : plus de justice sociale

Le parti travailliste Avoda est un des seuls partis à avoir publié un programme économique détaillé pour les législatives de 2013. Dans un document de 56 pages, les Travaillistes proposent une relance de l’activité économique par l’augmentation de la dépense publique. Et ils n’y vont pas de main morte: le programme travailliste coûtera 138 milliards de shekels (28 milliards d’euros) étalés sur cinq ans, ce qui correspond à une rallonge de 40% par rapport aux dépenses actuelles. La priorité sera donnée à la santé, à l’éducation, au logement et à la protection sociale. En revanche, les Travaillistes s’engagent à ne pas aggraver le déficit public: toutes les dépenses supplémentaires seront financées par de nouveaux impôts (sur la transmission des héritages par exemple) et par le relèvement de l’impôt sur le revenu et sur le bénéfice des sociétés. Les objectifs des travaillistes sont ambitieux: il s’agit de réduire les inégalités sociales, de réhabiliter la classe moyenne et de rendre à l’Etat son rôle d’amortisseur de crise qu’il a perdu au cours d’une décennie de libéralisme total.

KADIMA : un nouvel ordre social

Le programme économique de Kadima pour les législatives 2013 sera celui qui a été publié en septembre 2011 sous le titre “Un nouvel ordre social”, et dont les grandes lignes ressemblent à celui du parti travailliste. Le mouvement de Shaoul Mofaz propose d’accroître la dépense publique tout en réduisant la fiscalité indirecte, comme la TVA sur les produits de base. Kadima s’engage aussi à abaisser le prix des logements en lançant un “plan d’urgence à long terme” qui consistera à inonder le marché de terrains à construire. Le coût du programme est estimé à 26 milliards de shekels (5 milliards d’euros) qui seront financés par des économies réalisées sur le budget de la Défense et par l’augmentation du déficit budgétaire. Le parti du centre met aussi l’accent sur le rapport étroit qui existe entre le processus de paix avec les Palestiniens et la prospérité économique d’Israël.

ATNOUA : un « dôme de fer politique et social »

Le nouveau mouvement de Tsipi Livni n’a pas publié son propre programme économique, mais il se montre très critique vis-à-vis des autres partis. Tsipi Livni a notamment regretté le silence des Travaillistes sur “les dépenses publiques réalisées dans les localités juives de la Cisjordanie”. Quant à Benyamin Netanyahou, il proposerait un capitalisme sous la forme d’une “Tea Party”. Amir Peretz, ex-député travailliste qui a quitté Avoda pour rejoindre Atnoua, a déclaré le jour de son investiture sur la liste de Tsipi Livni: “Nous nous engageons à construire un Dôme de fer politique et social”. Il voulait sans doute mettre l’accent sur la nécessité d’un solide filet de sécurité sociale et sur le renforcement du rôle de l’Etat dans une économie de marché.

YESH ATID : la défense des classes moyennes

Le mouvement de Yaïr Lapid revendique une “nouvelle politique”, mais il reste discret sur ses ambitions économiques. Selon le site internet de Yesh Atid, le mouvement s’engage à ne plus financer les gouvernements pléthoriques, la corruption publique et les dettes des sociétés privées. L’ancien journaliste rejette en bloc “l’économie socialiste” des Travaillistes qui, selon lui, alourdira le poids de la fiscalité sur la classe moyenne et conduira Israël “au scénario grec”. Interrogé par la presse israélienne, la porte-parole de Yesh Atid n’a pas su indiquer quand son mouvement publiera son programme économique.

SHAS : la défense des plus défavorisés

Le parti séfarade axe les lignes directrices de son programme sur deux volets principaux: la défense des couches les plus défavorisées et le renforcement de la tradition juive. Le programme économique de Shas découle de ces deux ambitions. Conduite par Eli Yshaï qui sera secondé par Arié Dhéry, la liste séfarade s’est notamment engagée à lutter contre les coupes budgétaires qui touchent les Israéliens les plus pauvres, et pas seulement les classes moyennes.

MERETZ : la paix d’abord

Le parti Meretz, qui revendique l’étiquette de “gauche”, reproche aux Travaillistes leur silence sur le conflit israélo-palestinien. Selon la plateforme électorale de Meretz, c’est le processus de paix qui sera le moteur principal de la croissance économique israélienne. La justice sociale sera financée à partir des économies réalisées sur le budget de la Défense, sur les subventions aux écoles talmudiques et sur le coût des localités juives en Cisjordanie.

HADACH : une société communiste

Le parti judéo-arabe n’a pas publié de programme économique pour 2013, mais il reste fidèle à ses convictions communistes. Son ambition est de répartir de façon équilibrée les richesses nationales, d’augmenter les allocations pour les retraités et les chômeurs, de réduire l’impôt sur le travail, d’abolir les discriminations à l’encontre des citoyens arabes, etc. Ces lignes directrices sont basées sur un projet politique comprenant le retrait complet d’Israël de tous les territoires occupés en 1967, l’évacuation de toutes les implantations israéliennes de Cisjordanie et la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale.

LÉGISLATIVES 2013: VA-T-ON VERS LA RIGUEUR BUDGÉTAIRE APRÈS LES ÉLECTIONS? Le futur gouvernement devra relever les impôts pour limiter le déficit public.

Lundi 3 décembre 2012

BUDGET Le retour à l’équilibre budgétaire sera un des chantiers majeurs du gouvernement qui sortira des urnes le 22 janvier prochain: c’est ce que recommande l’Organisation pour la Coopération et le Développement économique dans la dernière livraison de ses “Perspectives économiques” pour les deux années à venir. Certes, Israël devrait connaître un dérapage de son déficit public l’an prochain, à 3% contre un objectif initial de 1,5%, selon les prévisions d’OCDE publiées en fin de semaine. Pour tenir ce nouvel objectif, le futur gouvernement devra se résoudre à une nouvelle hausse des impôts visant à accroître les recettes de l’Etat et à limiter les déficits publics. Pour l’heure, la croissance de la production s’est stabilisée, et elle devrait commencer à redémarrer au premier semestre de 2013, essentiellement tirée par la demande extérieure.

Une reprise hésitante

L’OCDE s’immiscerait-elle dans la campagne électorale israélienne? On pourrait le croire en lisant ses dernières prévisions concernant l’économie israélienne: « Quel que soit le résultat des élections législatives de janvier, les difficultés budgétaires resteront une préoccupation dominante. Un nouvel assouplissement des objectifs de déficit devrait être évité et le gouvernement devrait veiller à ce que les dépenses restent conformes à sa règle de dépense et se tenir prêt à prendre des mesures supplémentaires pour accroître les recettes en 2014 ».

Certes, les indicateurs mettent en évidence un affaiblissement de l’activité économique en Israël au second semestre de 2012, d’où la baisse des rentrées fiscales. Ce ralentissement est essentiellement lié à la reprise hésitante de l’économie mondiale au cours des deux prochaines années: la croissance des exportations israéliennes s’est ralentie à 3,7% en 2012, mais elle devrait s’accélérer au rythme de 3,9% en 2013 et 5,1% en 2014.

Croissance accélérée en 2014

Selon les dernières prévisions de l’OCDE, la croissance israélienne devrait tomber à 2,9% en 2013, puis rebondir ensuite à 3,9% en 2014. Les économistes internationaux estiment que le gisement de gaz de Tamar donnera une impulsion de 0,2 point à la croissance du PIB à partir de 2013. Du coup, le taux de chômage repassera sous la barre symbolique des 7%: il se stabilisera à 6,9% de la population active en 2014, confirmant la reprise de l’économie israélienne.

En attendant d’être tirée par la demande extérieure, la croissance de 2014 sera maintenue à un niveau élevé grâce à la consommation privée qui gagnera 3,3%. Par contre, la hausse des prix à la consommation se maintient à l’intérieur de la fourchette cible (entre 1% et 3%) malgré l’augmentation des prix des logements, de l’énergie et des produits alimentaires.

Déficit public revu à la hausse

Il est déjà certain que le déficit public pour 2012 sera nettement supérieur au montant prévu initialement. Les pressions exercées sur les dépenses publiques s’expliquent aussi bien par les mesures prises par le gouvernement israélien suite aux manifestations sociales de 2011, que par des recettes fiscales moins élevées que prévues.

Officiellement, les objectifs de déficit fixés par le Trésor israélien pour 2013 et 2014 ont été respectivement relevés à 3% et 2,75% du PIB, contre 1,5% et 1%. Selon les prévisions de l’OCDE, il sera difficile de les atteindre, même si le gouvernement a déjà commencé à prendre des mesures visant à accroître les recettes – comme la hausse de la TVA, une augmentation de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et des cotisations sociales.

Tensions géopolitiques

Si l’’adoption du budget 2013 a été reporté au lendemain des élections législatives, la croissance de l’économie israélienne est toujours menacée par les risques pesant sur l’économie mondiale. La zone euro restera en récession jusqu’au début de 2013, ce qui se traduira par une légère contraction de son PIB de 0,1% l’an prochain, avant que la croissance ne se redresse à 1,3% en 2014. Aux États-Unis, qui sont déjà au bord d’une “falaise fiscale” (combinaison de hausse d’impôt et de baisse des dépenses), la croissance du PIB devrait s’établir à 2% en 2013, puis à 2,8% en 2014.

En outre, les tensions géopolitiques demeurent vives, constituant pour Israël un risque important dans la gestion de ses finances publiques. Les résultats budgétaires sont aussi incertains, puisque le produit de l’intensification de l’effort de collecte de l’impôt est particulièrement difficile à évaluer. Qui plus est, le report de l’adoption du budget et l’anticipation des élections législatives représentent autant de facteurs de risque supplémentaires pour l’économie israélienne.

LA PALESTINE POURRAIT DEMANDER SA RECONNAISSANCE COMME ÉTAT NON MEMBRE DE L’ONU LE 29 NOVEMBRE. Quelles en seront les retombées économiques dans la région?

Lundi 26 novembre 2012

ONU L’opération “Pilier de Défense”, qui vient de se terminer dans la bande de Gaza, n’aura pas eu d’influence sur la décision du président de l’Autorité palestinienne: Mahmoud Abbas est résolu à présenter à l’Assemblée générale de l’ONU, le 29 novembre prochain, la demande d’élévation de la Palestine au statut d’État non membre des Nations unies. Le gouvernement israélien s’apprête à réagir vigoureusement si un tel scénario se produisait. En fait, la marge de manœuvre des Israéliens comme des Palestiniens est étroite: sans accord négocié, un Etat de Palestine n’aura aucune fonction d’un Etat comme un autre, tandis que la dissolution de l’Autorité palestinienne serait un scénario catastrophe pour les deux camps.

Scénario n°1: rien ne change

L’élévation de la Palestine au statut d’Etat non membre de l’ONU est une décision symbolique: elle n’aura aucune incidence sur le terrain. C’est donc un scénario modéré: l’Autorité palestinienne (AP) gardera ses fonctions antérieures et elle restera l’interlocuteur politique d’Israël conformément aux accords d’Oslo; de même, les relations commerciales entre les deux partenaires n’en souffriront pas.

Malgré les menaces de sanctions annoncées par Israël, ce scénario modéré serait celui du bon sens: de nombreux observateurs estiment qu’Israël a intérêt à maintenir l’Autorité palestinienne en l’état, et que les Israéliens ne sont pas en position de la pousser à l’effondrement total, notamment parce que cela favoriserait la montée des extrémistes du Hamas.

Scénario n°2: Israël punit l’Autorité palestinienne

Le gouvernement israélien peut décider de punir l’Autorité palestinienne en cas de succès de la demande d’élévation du statut de la Palestine à l’ONU. Les mesures de rétorsion que pourrait prendre le gouvernement israélien seraient d’abord d’ordre financier: Israël pourrait bloquer les fonds qu’il prélève pour les Palestiniens, comme les droits de douane et autres taxes intérieures (TVA, essence). Ces fonds représentent 1,2 milliard de dollars par an, et ils couvrent 37% du budget palestinien: tout retard dans le transfert des ces fonds mettrait l’AP en faillite, ce qui oblige à une coopération étroite entre les deux partenaires.

Pour marquer son désaccord, Israël dispose d’autres mesures de rétorsion envers les Palestiniens: il pourrait s’agir de relancer de la construction en Cisjordanie ou de réduire le nombre d’ouvriers palestiniens autorisés à travailler en Israël. Certaines de ces mesures pourraient se retourner contre Israël, notamment en raison de la forte dépendance d’Israël vis-à-vis de l’AP, par exemple en matière de débouchés pour ses marchandises et de main d’œuvre.

Scénario n°3: l’Autorité palestinienne est démantelée

C’est un scénario catastrophe, pour les Israéliens comme les Palestiniens. La menace de démanteler l’Autorité palestinienne a été proférée aussi bien par les dirigeants palestiniens que par des ministres du gouvernement israélien, mais pour des raisons différentes. En l’absence d’avancée politique, Mahmoud Abbas a souvent menacé de remettre les clés de la Cisjordanie à Israël. Il y a quelques jours, c’est le ministère israélien des Affaires étrangères qui proposait de renverser le président palestinien en cas de succès de la demande d’élévation du statut de la Palestine à l’ONU à la fin novembre.

Dans tous les cas, ce retour à vingt ans en arrière serait une catastrophe économique pour les deux partis. Pour les Palestiniens, l’effondrement de l’AP constituerait une pause dans la solution politique de “deux Etats pour les deux peuples”. Sur le plan économique, les territoires palestiniens redeviendraient entièrement dépendants du bon vouloir du gouvernement israélien, ce qui équivaut à revenir à la situation qui prévalait de 1967 à 1993.

Côté israélien, le démantèlement de l’AP signifierait qu’Israël reprendra à sa charge les 2,5 millions de Palestiniens qui vivent en Cisjordanie (sans compter le 1,5 million d’habitants de la bande de Gaza). Israël devra donc supporter le financement de tous les besoins quotidiens des Palestiniens, à savoir leur santé, leur éducation, leurs infrastructures, leur sécurité, leur justice, etc. Il s’agit d’un coût énorme que l’économie israélienne aura du mal à financer.

SPÉCIAL “PILIER DE DÉFENSE” – L’OPÉRATION MILITAIRE DANS LA BANDE DE GAZA VA COÛTER CHER, MAIS L’ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE POURRA EN SUPPORTER LE PRIX.

Lundi 19 novembre 2012

gaza S’il est trop tôt pour chiffrer le coût de l’opération militaire qui est en cours dans la bande de Gaza, une chose est sûre: l’opération “Pilier de Défense” va coûter cher à l’économie israélienne, notamment aux industriels et aux contribuables. Les récentes opérations militaires d’Israël, au Liban (2006) et à Gaza (2009), permettent d’effectuer une première estimation du coût du conflit actuel. Selon tous les scénarios envisageables, il s’agit d’un coût que l’économie israélienne sera capable de supporter, quitte à alourdir la pression fiscale ou à élargir le déficit public.

Combien ça va coûter ?

Le coût d’un conflit militaire doit prendre en compte sa durée, l’effectif des soldats qui y participent, les dégâts matériels, les pertes économiques, etc. Pour obtenir une première évaluation, il est possible de se référer à l’expérience de l’opération “Plomb Durci” dans la bande de Gaza qui, en décembre 2008 et janvier 2009, avait duré vingt-deux jours. Pour les seules dépenses militaires, l’opération avait alors coûté près de 5 milliards de shekels à l’économie israélienne, soit 1 milliard d’euros.

Coût militaire. Pour l’heure, il est semble que l’opération “Pilier de Défense” sera moins coûteuse que “Plomb Durci” et pour une simple raison: le système de défense contre les roquettes à courte portée, système connu sous le nom de “Dôme de fer”, n’existait pas en Israël il y a trois ans, alors qu’aujourd’hui, il permet de limiter au minimum les dégâts matériels et humains des tirs palestiniens. Malgré le coût élevé de chaque antimissile tiré (jusqu’à 50.000 dollars), le coût global de “Pilier de Défense” devrait représenter environ la moitié de celui de “Plomb Durci”: entre 2 ou 3 milliards de shekels, soit de 400 à 600 millions d’euros.

Pertes économiques. Au delà des dépenses militaires, la paralysie de l’activité va provoquer aussi une perte de production causée par la fermeture des commerces, l’absentéisme des salariés, les congés forcés des parents, le départ des réservistes pour le front et l’interruption des lignes de production. Le PIB israélien se monte à 3 milliards de shekels par jour, ce qui signifie qu’un conflit qui paralyserait le Sud du pays pendant un mois coûterait environ 15 milliards de shekels (3 milliards d’euros), soit 2% du PIB.

Comment va-t-on payer ?

Sur le plan militaire, le budget de la Défense a reçu ces trois dernières années de nombreuse rallonges qui devraient lui permettre de faire face à des dépenses supplémentaires sans trop de difficultés: en 2012, le budget de la Défense a été le plus élevé de l’histoire du pays en temps de paix: 60 milliards de shekels, soit 12 milliards d’euros. En revanche, la reconstitution des stocks que Tsahal ne manquera pas de demander, exigera un effort supplémentaire de la part du budget de l’Etat.

En ce qui concerne les dépenses civiles du conflit, les dégâts matériels et des pertes humaines seront pris en charge par les pouvoirs publics: le Trésor dispose d’un fonds d’indemnisation qui permettra de financer les dégâts matériels tandis que la Sécurité sociale prendra en charge les indemnités versées aux victimes. Quant aux salaires perdus par les salariés, ils seront, comme pour “Plomb Durci”, pris en charge pour moitié par les Industriels et pour moitié par l’Etat.

Quelles retombées pour l’économie israélienne ?

Les retombées globales d’un conflit militaire dans la région doivent aussi prendre en compte son coût indirect: le tourisme étranger se rétrécit, les investisseurs retirent leurs capitaux, les débouchés extérieurs se ferment. Résultat: la croissance du PIB va se ralentir et les recettes fiscales vont se contracter. L’opération “Pilier de Défense” pourrait amputer le budget de l’Etat d’environ 10 milliards de shekels supplémentaires, soit 1% du PIB: avant l’opération, le déficit public était déjà estimé à 3% du PIB en 2012 et 3,5% en 2013. A défaut d’élargir encore le déficit public, il n’est pas impossible que le gouvernement décide d’alourdir la pression fiscale.

A priori, il ne s’agit pas d’un coût que l’économie israélienne ne pourra pas supporter. D’autant plus que le retour au calme s’accompagne généralement d’un rattrapage des pertes économiques occasionnées par le conflit. La bonne santé de l’économie israélienne est aussi un atout pour affronter la crise militaire actuelle: en 2012, le PIB israélien augmentera de 3,5%, ce qui est considéré comme un excellent score, comparé à la récession que connaît la majorité des autres pays industrialisés.

LES DÉPUTÉS PARTENT À LA CONQUÊTE DES ÉLECTEURS: le dernier jour de la 18e Knesset, ils ont voté une dizaine de lois qui favorisent de nombreux segments de population.

Lundi 12 novembre 2012

knesset Cette semaine, la 18e Knesset a tenu sa dernière séance plénière avant de s’auto-dissoudre. Pour les 120 députés israéliens, le dernier jour à la Knesset a été synonyme de largesses et cadeaux divers: en quelques heures, ils ont approuvé une dizaine de lois qui attendaient depuis longtemps sur le bureau du président de l’assemblée. Si toutes ces lois sont importantes, pourquoi avoir attendu le dernier jour pour les voter? Peut-être parce que chacune d’entre elles favorise un secteur de l’économie ou un segment de la population. A deux mois des élections législatives, il n’est jamais inutile de distribuer quelques petits cadeaux aux électeurs potentiels.

Voici, en vrac, la liste des 10 bénéficiaires de la législation adoptée à la va-vite, la veille de la dissolution de la Knesset.

1. LES MULTINATIONALES. Après plusieurs mois de polémique, le ministre des Finances a eu gain de cause. Les multinationales établies en Israël verseront au Trésor public un impôt réduit sur leurs bénéfices exportés à l’étranger: 6% au lieu de 25%. Cette mesure va permettre à des firmes comme Intel et Teva de “libérer” leurs profits qui étaient “emprisonnés” en Israël. Cette mesure devrait faire rentrer 3 milliards de shekels dans les caisses de l’état, soit quatre fois moins que prévu.

2. LES FEMMES BATTUES. Une femme qui sera restée 60 jours dans un foyer pour femme battue, aura droit, à sa sortie, à une “prime d’intégration” de 8.000 shekels (1.600 euros), plus 1.000 shekels par enfant à charge. Cette prime sera versée si la femme ne regagne pas le domicile conjugal et elle ne sera pas prise en compte dans le calcul des autres indemnités de la sécurité sociale.

3. LES INVALIDES. L’accessibilité des lieux publics aux handicapés devra être achevée d’ici à 2017. La loi précédente, qui se fixait pour objectif de rendre accessible aux handicapés tous les lieux publics d’ici 2015, ne sera pas tenue, d’où un report de deux ans.

4. LES BÉNÉFICIAIRES DE L’AIDE SOCIALE. Les bénéficiaires du revenu minimal (RMI) pourront sortir du pays trois fois par an, sans être inquiétés pour leur allocation: celle-ci ne sera suspendue qu’après la quatrième sortie du pays au cours d’une année civile, ou si la durée du séjour cumulée à l’étranger dépasse les 100 jours par an.

5. LES CHÔMEURS. La méthode de calcul de l’allocation chômage pour les salariés à temps partiel est modifiée: la “période de référence”, c’est-à-dire la période de travail antérieure au chômage sera calculé sur une base mensuelle et non plus journalière. Ce qui permettra à un individu qui n’a travaillé qu’un seul jour par mois d’être couvert par l’assurance chômage. Aujourd’hui, il faut justifier de 300 jours de travail pour avoir droit aux allocations, ce qui excluait les salariés journaliers qui ne parvenaient pas à totaliser 300 jours de travail. Près de 6.000 chômeurs devraient bénéficier de ce nouveau dispositif.

6. LES GRANDS RABBINS. Les grands rabbins d’Israël voient leur mandat se prolonger de trois mois supplémentaires: leur mandat de 10 ans vient à échéance juste après les élections législatives, ce qui laisse peu de temps au gouvernement pour convoquer l’Assemblée des grands électeurs. Les deux grands rabbins resteront donc à leur poste quelques mois supplémentaires.

7. LES PUBLICITAIRES. La radio de l’’armée “Galei Tsahal”, sera autorisée à diffuser 9 minutes de publicité par heure, au lieu de 4,5 jusqu’à maintenant. La radio de l’armée est aussi autorisée à intégrer des encarts publicitaires sur son site Internet.

8. LES SOCIÉTÉS DES EAUX. Les sociétés privées des eaux et traitement des égouts bénéficieront d’un allègement fiscal substantiel. Ce dispositif vise à inciter les municipalités israéliennes à privatiser la distribution de l’eau à leurs administrés. Notamment, les nouvelles sociétés des eaux seront exemptées de l’impôt sur les bénéfices qui sont reversés aux municipalités.

9. LES INGÉNIEURS ET TECHNICIENS. Un “Conseil professionnel des ingénieurs et techniciens” sera nommé auprès du ministère de l’Industrie dans le but de mettre sur place des nouvelles règles qui régiront l’exercice de ces professions. Ces règles amélioreront les conditions d’emploi en encadrant davantage la délivrance du permis de travail, la formation continue, l’éthique professionnelle, etc.

10. TOUS LES ISRAÉLIENS. L’heure d’été est prolongée d’un mois. A compter de l’année prochaine, l’été débutera le dernier vendredi de mars et prendra fin le premier dimanche après le 1 octobre, et il durera 193 jours en moyenne. En 2013, en raison des fêtes du nouvel an juif, l’heure d’été prendra fin le 6 octobre.

ÉLECTIONS USA 2012 : L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE NE DEVRAIT PAS AVOIR D’INFLUENCE SUR LES RELATIONS ÉCONOMIQUES ISRAËL-USA.

Lundi 5 novembre 2012

USA ISRAEL Alors que Barack Obama et Mitt Romney se disputent le titre de plus ardent soutien d’Israël, il semble que le choix d’un nouveau président n’aura pas d’influence sur les relations économiques entre les deux pays. Les échanges commerciaux ne dépendent pas de la couleur politique du locataire de la Maison blanche; sans compter que le président sortant a pris soin de renforcer la coopération militaire et l’aide financière à Israël avant la fin de son mandat. Cette élection présidentielle américaine est l’occasion d’un tour d’horizon des relations économiques, commerciales et financières, israélo-américaines.

Des échanges commerciaux prospères

Les élections américaines ne modifieront pas les relations commerciales privilégiées que les deux pays entretiennent. Pour Israël, les Etats-Unis restent son principal partenaire commercial: de janvier à septembre 2012, les américains ont absorbé 24% des exportations israéliennes. Le marché américain reste donc le premier débouché pour les marchandises israéliennes pour un montant annuel de 20 milliards de dollars.

En sens inverse aussi, le commerce reste florissant: de janvier à septembre 2012, les américains ont fourni 12% des importations israéliennes, soit 9 milliards de dollars en rythme annuel. L’ampleur du volume commercial place les Etats-Unis loin devant tout autre pays européen ou asiatique. D’ailleurs, contrairement aux échanges avec les pays d’Europe, le commerce israélo-américain est favorable à Israël: au cours des neuf premiers mois de 2012, Israël a dégagé un excédent commercial avec les Etats-Unis d’un montant de 8 milliards de dollars.

Une coopération militaire renforcée

Il y a quelques mois seulement, Barack Obama a signé un projet de loi visant à renforcer la coopération militaire entre les Etats-Unis et Israël. Cette ratification est intervenue alors que le président américain cherchait à rassurer l’électorat juif sur son engagement en faveur d’une alliance étroite avec Israël. Par ailleurs, Barack Obama a déclaré que les Etats-Unis allaient bientôt fournir à Israël une aide financière supplémentaire de 70 millions de dollars (56 millions d’euros); cette aide est destinée à aider Israël dans la production d’un système de défense contre les roquettes a courte portée, système connu sous le nom de “Dôme de fer”.

Cette rallonge vient compléter l’aide militaire annuelle que l’administration américaine accorde à Israël et qui se monte à 3 milliards de dollars. Cette manne sert avant tout à acquérir des armes et du matériel made in USA. L’aide américaine couvre 20% du budget militaire d’Israël, ce qui représente une ressource importante pour le coût déjà élève de la Défense d’Israël. Par ailleurs, Israël reste dépendant de son allié américain pour toute une série de projets militaires communs. C’est ainsi qu’Israël ne peut vendre du matériel militaire à un pays tiers sans le consentement des Américains. En contrepartie, les exportations militaires vers les Etats-Unis augmentent chaque année: de nombreuses industries israéliennes, notamment dans le domaine de l’électronique civil et militaire, ont réussi à percer le marché américain, comme les Industries aéronautiques (IAI) , les Industries militaires (IMI), Rafael, Elbit, etc.

Des garanties bancaires reconduites

Il y a quelques jours, Obama a prolongé de quatre années supplémentaires les garanties financières américaines à Israël. Il s’agit de la dernière tranche du prêt de 9 milliards de dollars que le Trésor américain avait accordé à Israël en 2003; à l’époque, il s’agissait d’affirmer le soutien de l’Administration américaine au programme de libéralisation lancé par le ministre des Finances de l’époque, Benyamin Netanyahou. A ce jour, Israël n’a utilisé les garanties américaines qu’à hauteur de 5,2 milliards de dollars. Autrement dit, Israël dispose aujourd’hui d’une garantie américaine pour lever des emprunts d’un montant de 3,8 milliards de dollars jusqu’à la fin 2016.

Si la décision de Barack Obama a aussi obéi à des considérations électorales, l’avantage de la garantie américaine pour Israël est double. D’une part, elle permet à Israël d’emprunter à moindre coût des fonds sur le marché international en vendant des obligations d’Etat: le risque pour le prêteur est nul puisque le remboursement du crédit est garanti par le Trésor américain. De l’autre, l’octroi d’une garantie, même si elle n’est pas concrètement utilisée, améliore la notation financière d’Israël en renforçant la confiance des investisseurs étrangers. Pour l’heure, le gouvernement israélien préfère réserver l’usage des garanties américaines en cas de conflit militaire ou de crise économique grave.

LÉGISLATIVES 2013 – LES PARTIS POLITIQUES COURTISENT LA CLASSE MOYENNE. Les grandes formations politiques recrutent des candidats connus pour leur sensibilité sociale.

Lundi 29 octobre 2012

israel elections ballots Le social s’invite dans la campagne électorale israélienne. Les partis politiques ont bien compris que pour courtiser les classes moyennes et les catégories les plus défavorisées, un discours sécuritaire ne suffit plus; il leur faut adopter aussi un discours social. Et pour être crédible, rien de mieux que de recruter des candidats qui sont connus pour leur sensibilité sociale, ou qui ont œuvré en faveur des Israéliens les plus déshérités: les meneurs de la dernière “révolte des tentes” (pour Avoda), une éducatrice (pour Yesh Atid), un ex-leader politique (pour Shas), etc. Au Likoud, la défection du ministre qui était devenu un symbole social, est désormais occultée par la fusion avec la liste Israël Beiteinou.

Le social redevient donc à la mode à l’occasion dans la campagne électorale: la lutte que vont se livrer les grands partis pour chaque séduire les électeurs ne fait que commencer.

Avoda : les leaders de la “révolte des tentes”

Les travaillistes de l’Avoda auront leurs candidats sociaux. Ils ont convaincu deux leaders de la « révolte des tentes » de l’été 2011 de les rejoindre: il s’agit d’Itsik Shmuli, le président de l’Union des Etudiants, et de Stav Shafir dont la chevelure rousse ne passait pas inaperçue parmi les manifestants de l’avenue Rothschild. Les deux nouvelles recrues vont permettre à Shelly Yehimovitz, qui préside aux destinées d’Avoda, de présenter une liste de candidats plus jeunes et motivés.

La plateforme électorale des travaillistes reprendra donc les grands slogans de la révolte sociale de l’été 2011: un logement accessible pour tous, une santé publique meilleure, une protection sociale plus efficace, etc. L’éducation sera symbolisée par Hili Tropper, un directeur d’école et éducateur portant kippa, qui vient de rejoindre les rangs de l’Avoda.

Yesh Atid : une éducatrice et des rabbins

Le parti de l’ancien journaliste Yaïr Lapid (“Yesh Atid” – un futur existe) a fait appel à deux jeunes inconnues pour incarner les préoccupations sociales de ses électeurs potentiels: Adi Kol, qui a créé et qui dirige, à l’Université de Tel Aviv, le projet “Access for All” destiné à intégrer dans un cursus universitaire les enfants issus des classes défavorisés, et l’avocate Karine Elharar, qui dirige le département de l’aide juridique à l’université Bar-Ilan.

Par ailleurs, le parti de Yaïr Lapid va présenter, sur sa liste électorale, 3 candidats religieux parmi les vingt premières places. Parmi eux: le rav Shay Piron de Petah-Tikva, qui sera le numéro deux de la liste, et le rav Dov Lipman qui habite à Bet-Shemesh et qui a combattu la discrimination contre les femmes dans sa ville.

Shas : une direction tricéphale

Finalement, Arié Dérhy a rejoint les rangs de Shas. L’accord imposé par le Rav Ovadia Yossef permet aux trois leaders du parti de conduire la campagne électorale: Ariel Attias, Elie Yshaï et Arié Dérhy. Le retour sur la liste de Shas d’Arié Dérhy, écarté après sa condamnation pour corruption, va permettre de remettre en avant les slogans sociaux dont l’ex-leader du parti séfarade s’était fait le symbole lors de ses précédentes fonctions ministérielles.

Du reste, Arié Dérhy n’a pas attendu le lancement de la campagne pour mettre les points sur les i. Le jour même de son retour à Shas, il a annoncé la couleur sur la seconde chaîne de la télévision israélienne: « Israël est un pays à deux vitesses: ceux qui ont les moyens et ceux qui n’en ont pas » et d’ajouter: « nous voulons défendre ceux qui n’ont rien ». Le retour fracassant d’Arié Dérhy est un coup dur pour son rival de toujours, Elie Yshaï, l’actuel ministre de l’Intérieur: celui-ci comptait centrer sa campagne électorale sur l’expulsion des immigres clandestins, thème que rejette catégoriquement Arié Dérhy.

Likoud-Beiteinou : un économiste séfarade

Le parti de Benyamin Netanyahou vient d’embaucher un nouveau candidat: l’économiste Shlomo Maoz. Celui-ci apportera au Likoud autant son origine séfarade que son franc-parler pour défendre les Israéliens les plus défavorisés. Récemment, Shlomo Maoz avait critiqué “l’élite ashkénaze” de la finance et les “enfants gâtés” de la révolte sociale de l’été 2011. Il vient d’indiquer que son principal combat sera de s’attaquer à la crise de l’immobilier et de résoudre la pénurie de logement. La candidature de Shlomo Maoz va permettre au Likoud de faire face à la défection du ministre Moshe Kahlon, symbole social du gouvernement, qui a renoncé à se présenter aux prochaines élections législatives.

Entretemps, la fusion de la liste du Likoud avec celle d’Israël Beiteinou va conduire Benyamin Netanyahou et Avigdor Lieberman à choisir d’autres personnalités connues pour leurs convictions sociales. Au Likoud, deux ministres se posent en candidat social. Le premier est Sylvain Shalom, ministre du Néguev et de la Galilée, qui réside à Beer-Sheva: il estime que son expérience dans le développement de la périphérie lui donne un avantage sur tout autre candidat. Le second est Youval Steinitz, l’actuel ministre des Finances: il vient de déclarer qu’au cours des quatre dernières années, son ministère avait réalisé des transformations sociales de la plus haute importance comme l’école gratuite à partir de 3 ans, la revalorisation du salaire minimum, les soins dentaires gratuits jusqu’à 12 ans, etc.

LES ISRAÉLIENS VIVENT AU DESSUS DE LEURS MOYENS: un ménage israélien dépense 13% de plus qu’il ne gagne. L’économie noire expliquerait l’écart entre revenu et dépense.

Lundi 22 octobre 2012

Fraude et blanchiment d'argent On s’en doutait, mais on en a maintenant la preuve. À quelques jours d’intervalle, l’institut israélien de la statistique a publié deux chiffres qui résument la situation socioéconomique de l’Israélien moyen: en 2011, un ménage a dépensé 13.967 shekels par mois, soit 2.800 euros. Jusque là, rien d’anormal, sauf que le revenu net moyen du même ménage israélien se montait, la même année, à 12.345 shekels, soit 2.500 euros. Autrement dit, une famille israélienne moyen dépense chaque mois 1.622 shekels de plus qu’elle n’en gagne (ou 300 euros). L’écart entre les dépenses et les revenus des ménages est donc de 13%, ce qui n’est pas négligeable, surtout lorsque cette somme s’accumule de mois en mois.

Cet écart, apparemment inexpliqué, peut avoir plusieurs origines: logiquement, on pourrait estimer que les ménages puisent dans leur épargne pour financer leurs dépenses en période de crise. Or, l’explication la plus répandue est ailleurs: beaucoup d’Israéliens ne déclarent pas une partie de leur revenu pour échapper à la fiscalité.

Les revenus diminuent

La première cause de cet écart inattendu réside dans le fait que les revenus diminuent sans que cela n’entraîne une baisse parallèle de dépenses: pour la seule année 2011, l’institut de la statistique a calculé que le revenu moyen des ménages a diminué de 1,7% en termes réels par rapport à 2010. En revanche, les dépenses sont restées sans changement d’une année à l’autre, d’où l’écart qui se creuse.

L’érosion du pourvoir d’achat ne touche pas tous les catégories sociales avec la même ampleur. En 2011, les travailleurs indépendants ont perdu 3,9% de leur pouvoir d’achat, alors que les salariés ont vu leur revenu baisser de 2,4% “seulement”. Du reste, les inégalités dans la répartition du revenu sont criantes: en 2011, les 20% d’Israéliens les plus riches accaparaient près de 40% du revenu national et ils n’avaient pas de problème pour boucler les fins de mois. En revanche, les 20% d’Israéliens les plus pauvres se contentaient de 7% du revenu national, ce qui les entraîne dans un découvert bancaire permanent.

Les dépenses se maintiennent

En 2011, un ménage israélien a dépensé 13.967 shekels par mois, soit sans changement en termes réels par rapport à 2010. Malgré la baisse de son revenu net, l’Israélien a donc maintenu sa dépense au même niveau que l’an passé. Il est vrai que certaines dépenses des ménages sont incompressibles, comme le logement, ce qui ne leur permet pas toujours d’ajuster immédiatement leurs dépenses à leurs revenus.

L’an passé, le logement était toujours le principal poste de dépense du ménage israélien: il absorbait le quart du budget familial. Vient ensuite le poste des “transports et télécommunications” qui représente 20,1% des dépenses familiales. Désormais, un ménage israélien ne consacre que 16% de son budget à l’alimentation.

L’économie noire se développe

Dissimuler est un sport national: voila la seconde explication la plus probable de l’écart persistant entre revenu et dépenses. L’économie noire, ou la Kalcala Shrora, prend des proportions importantes en Israël. Ce phénomène n’est pas nouveau: en 1975 déjà, la fameuse commission Ben-Shahar, chargée de proposer une réforme de la fiscalité, décelait un écart inexpliqué entre les revenus déclarés aux services des impôts et ceux mesurés par les statistiques de la comptabilité nationale. Cet écart, qui correspondrait aux revenus non déclarés, représentait 6,6% du revenu national en 1973. A en croire les chiffres que vient de publier l’institut de la statistique pour 2011, ce sont dorénavant 13% des revenus des ménages qui ne seraient pas déclarés au fisc.

Il est indéniable que l’économie noire (fraude fiscale et travail non déclaré) en Israël représente un secteur important de l’activité humaine. Le décalage entre la richesse visible et celle qui est saisie par les statistiques officielles semble même plus large qu’ailleurs. Aujourd’hui, les vagues de consommation (comme voitures et appareils électroménagers) ne semblent pas toujours compatibles avec un salaire moyen qui stagne. Il semble donc que le développement de l’économie souterraine soit une réaction de la société civile aux méfaits de la crise et à la l’érosion du pouvoir d’achat qu’Israël connaît au cours des quatre dernières années.

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES – UNE “ÉCONOMIE ÉLECTORALE” EST PRATIQUÉE DEPUIS DÉJÀ UN AN: accords salariaux avantageux, réformes populistes, allégements fiscaux, etc.

Lundi 15 octobre 2012

Salaires en Israël Alors que le gouvernement vient de fixer la date des élections anticipées au 22 janvier prochain, il n’y aura pas d’économie électorale en Israël cette année, et pour cause: l’économie électorale a déjà commencé il y a un an, soit bien avant l’annonce officielle de la tenue d’élections anticipées. Au cours de l’année écoulée, le gouvernement israélien, dirigé par Benyamin Netanyahou, a pris des mesures qui pourraient être qualifiées d’électorales. Dans le système politique israélien, la pratique de l’économie électorale est devenue une tradition à laquelle aucun gouvernement n’échappe: les ministres sortants ont l’habitude d’appâter les électeurs en adoptant des mesures populistes qui coûtent cher aux caisses de l’Etat. Mais cette fois-ci, le gouvernement a pris de l’avance sur le calendrier électoral: il y a belle lurette que l’économie israélienne a revêtu ses plus beaux habits d’économie électorale. En voici quelques illustrations.

Accords salariaux : qui paiera ?

Durant la campagne électorale qui durera environ trois mois, l’économie israélienne va entrer en hibernation: depuis plus d’un an, le gouvernement mène une politique économique qui a toutes les caractéristiques d’une économie électorale: les dépenses publiques ont augmenté sans que des recettes fiscales n’aient été prévues en contrepartie. Résultat: depuis le début de 2012, le déficit public a doublé, comparé à celui de l’année précédente. De janvier à septembre 2012, le déficit public a atteint 19 milliards de shekels (4 milliards d’euros), contre 10 milliards de shekels au cours des trois premiers trimestres de 2011.

Un des domaines de la gestion des fonds publics, qui a de forts relents d’économie électorale, concerne les accords de salaires signés ces derniers mois et qui vont coûter à l’Etat 7,2 milliards de shekels en 2013 (1,5 milliard d’euros). Il s’agit de la revalorisation du traitement des fonctionnaires de 2,75%, du relèvement du salaire minimum de 11% en un an et demi, de l’augmentation du salaire des médecins hospitaliers, de l’amélioration des conditions de travail des salariés intérimaires, etc. Si toutes ces relèvement de salaire sont justifiés, il reste qu’ils tous ont été accordés sous la pression de grèves, sur une période très courte et sans contrepartie budgétaire, ce qui se traduit par une aggravation du déficit public.

Réformes : des chèques sans provision ?

Autre mesure emblématique prise récemment par le gouvernement, mais dont le financement reste problématique: l’école gratuite pour les 3-4 ans. Adoptée dans le cadre de la commission Trajtenberg, la gratuité des jardins d’enfants permet d’améliorer le pouvoir d’achat des jeunes couples de toutes les classes sociales. En revanche, cette mesure n’a pas été financée, comme promis, par une coupe dans le budget militaire: une coupe transversale de 5% a été effectuée dans quasiment tous les ministères civils, remettant à l’ordre du jour l’adage bien connu en Israël: « Il n’y a pas de repas gratuit ».

Certes, au cours de la campagne électorale, le gouvernement ne manquera pas de rappeler les mesures qu’il a prises pour améliorer le niveau de vie des Israéliens de toutes conditions. Par exemple: la gratuité des soins dentaires pour les enfants jusqu’à 12 ans, la réforme de la téléphonie mobile qui a permis d’abaisser sensiblement la facture mensuelle des Israéliens, ou encore l’ouverture des frontières aux importations de produits alimentaires pour faire baisser les prix au consommateur. En revanche, le gouvernement se gardera de mentionner le relèvement de la TVA d’un point, le relèvement de l’impôt sur le revenu de 1%, l’augmentation des taxes sur les cigarettes et alcools, la dévalorisation des prestations sociales, etc.

Impôt sur les sociétés: des allégements injustifiés ?

Dernier exemple en date de « cadeau fiscal »: les allégements fiscaux sur le revenu imposable des grandes sociétés, israéliennes et multinationales. Le ministre des Finances vient de décider d’instituer un taux réduit de l’impôt sur les bénéfices qui seront transférés en dehors d’Israël; un projet de loi en ce sens a déjà été déposé à la Knesset. Cette décision controversée revient donc à réduire de moitié l’impôt que les sociétés multinationales, installées en Israël, doivent verser au trésor public lorsqu’elles exportent leurs profits à l’étranger.

On dénombre aujourd’hui en Israël environ 2.000 entreprises multinationales qui auraient accumulé un “butin” impressionnant de 120 milliards de shekels (25 milliards d’euros). Plus de la moitié de ces profits appartient à cinq ou six grandes sociétés, comme Intel, Motorola, Iscar ou Check Point, ainsi qu’à quelques entreprises israéliennes qui possèdent des filiales à l’étranger, comme Teva ou Israel Chemicals. Dorénavant, toutes ces entreprises pourront réduire de moitié environ l’impôt dû à l’Etat et donc réaliser une jolie plus-value sur le dos des finances publiques: le manque-à-gagner pour les caisses de l’Etat se monteraient à plusieurs milliards de shekels.

“APRÈS LES FÊTES”: LES HAUSSES DE PRIX VONT S’ACCÉLÉRER. Le consommateur israélien sera bientôt confronté à une valse des étiquettes de l’alimentation. À qui la faute?

Lundi 8 octobre 2012

INFLATION ECONOMIE PRIX En Israël, la rentrée est traditionnellement divisée en deux périodes: “avant les fêtes” et “après les fêtes”. Il s’agit des fêtes de Rosh Achana, Kippour et Souccot, qui constituent une trêve de trois semaines dans l’activité économique de la plupart des secteurs de l’économie israélienne. Les géants de l’agroalimentaire n’ont pas attendu la fin des fêtes pour annoncer les hausses de prix, dont l’objectif est de répercuter la flambée des matières premières: Tnuva, Strauss et Tara ont promis une valse des prix des produits laitiers, Osem et Unilever augmenteront le prix des pâtes, soupes et café, Coca-Cola renchérit les boissons, etc. Si on y ajoute les augmentations prévues dans les tarifs de l’eau et de l’électricité, c’est tout le panier de la ménagère qui va coûter plus cher dès la fin de 2012.

La faute aux matières premières ?

A la veille de la fête de Souccot, le ministère israélien de l’Agriculture a publié une recommandation tout à fait exceptionnelle: les experts agricoles ont estimé que le prix du lait brut a augmenté de 9,4% depuis le début de l’année, ce qui devrait se répercuter sur les prix à la consommation. Suite à cette recommandation, le ministère des Finances va renchérir prochainement les produits laitiers subventionnés: il s’agit des produits dont le prix est fixé administrativement par le gouvernement, comme le lait en sachet et en carton, le beurre et certains fromages. La hausse des prix au détail sera moins importante que celle du lait brut, mais elle devrait se situer quand même entre 6 et 7%.

Dans le secteur privé, la hausse du prix des produits subventionnés va donner le feu vert à la valse des étiquettes de tous les produits similaires. Les grandes laiteries du pays, comme Tnuva, Strauss et Tara, viennent d’annoncer le relèvement de leurs prix: immédiatement après les fêtes de Souccot, la hausse des prix devra compenser le renchérissement des matières premières enregistré depuis plusieurs mois mais qui n’a pas été répercuté à la consommation.

La faute aux fabricants ?

Le lait n’est pas le seul produit alimentaire à connaître la valse des étiquettes. Les autres produits de consommation courante suivront rapidement pour répercuter l’augmentation des coûts de production. Chez Osem, on explique que « depuis janvier 2011, le coût des matières premières dans le monde a flambé de plusieurs dizaines de pourcents, comme la farine, le mais et le soja; par ailleurs, le prix de l’énergie, de l’eau et les impôts locaux ont aussi augmenté sensiblement, ce qui a renchéri les coûts de production ».

Si les principaux accusés sont le sucre, le café, l’huile et la farine, les fabricants israéliens vont renchérir toute une ligne de produits alimentaires comme les soupes en poudre, les pâtes, les cornflakes, les plats cuisinés, la mayonnaise, etc. Chez Osem comme chez Unilever, les nouveaux tarifs entreront en vigueur le 1er novembre et ils refléteront une hausse allant de 3 à 6% selon les produits. De même, Coca-Cola vient d’annoncer une hausse de 5,7% du prix de tous ses produits dont la ligne comprend aussi les boissons gazeuses Sprite, Fanta et Kinley, ainsi que l’eau naturelle Neviot.

La faute aux élections ?

La hausse annoncée des prix des produits alimentaires fait des remous au sommet même de l’Etat. Fait exceptionnel, le Contrôleur de l’Etat est intervenu publiquement pour exprimer son mécontentement: Yossef Shapira vient de se dire scandalisé par l’ampleur des hausses annoncées et par le flou qui entoure le calcul des hausses de prix. Selon les calculs réalisés par ses services, le prix des produits alimentaires a augmenté de 10% entre 2005 et 2011 alors que, sur la même période, le revenu réel a stagné, ce qui a entraîné un recul du pouvoir d’achat. Récemment, le contrôleur Shapira avait recommandé au gouvernement une refonte de la méthode de calcul du prix du lait subventionné: aujourd’hui, il regrette que le renchérissement des produits laitiers ait été annoncé avant même que le système d’ajustement n’ait été revu.

Quant à Youval Steinitz, le ministre des Finances, il se dit convaincu que la baisse de droits de douanes et la concurrence des produits importés vont contribuer à ralentir la hausse des prix. Aujourd’hui, l’importation de produits laitiers supporte 150 à 200% de droits de douane. L’objectif du gouvernement est d’abaisser les taxes d’importation jusqu’à un taux maximal de 50%. Pour l’heure, le puissant lobby des agriculteurs a réussi à retarder toute baisse des droits de douane sur les produits laitiers importés. Et, la tenue d’élections anticipées devrait à nouveau ralentir la libéralisation des importations: les agriculteurs ont une influence importante sur les choix politiques des grands partis israéliens.

SPÉCIAL SOUCCOT – LE PASSAGE À LA LIBERTÉ CARACTÉRISE AUSSI L’ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE. Malgré le déficit public, le gouvernement n’a pas renoncé à son credo néolibéral.

Lundi 1er octobre 2012

st La fête de Souccot, qui débute aujourd’hui, symbolise le passage de l’esclavage à la liberté. Le parallèle avec les transformations qu’a connues l’économie israélienne est facile: celle-ci est passée des carcans de la régulation étatique au libéralisme pur avec un Etat réduit au minimum. Et si les déficits budgétaires obligent le gouvernement à intervenir pour relever certains impôts, il ne s’agit que d’une parenthèse temporaire qui ne contredit pas le virage libérale que l’économie israélienne a pris à partir de 2003. En revanche, le patronat israélien considère que l’économie israélienne souffre d’un excès de régulation: c’est le message que les patrons de l’industrie israélienne transmettent régulièrement à Benyamin Netanyahou. Pour le patronat, les pouvoirs publics outrepassent leur rôle de régulateur de l’économie israélienne. A chaque occasion, le chef du gouvernement israélien tente de rassurer ses interlocuteurs de la confédération patronale: ses convictions néolibérales n’ont pas changé et il fera tout pour atténuer les effets néfastes d’une trop forte régulation de l’Etat sur l’économie.

Une parenthèse conjoncturelle

Le Premier ministre israélien n’a donc pas renoncé à ses convictions libérales. Il vient de le rappeler à l’occasion d’une entrevue accordée à la presse israélienne à la veille du nouvel An juif: « S’il y a quelqu’un qui déteste augmenter les impôts, c’est bien moi: j’ai diminué les impôts davantage que tout autre Premier ministre de l’histoire du pays ». Et d’ajouter: « Parfois, nous sommes contraint de relever la fiscalité, mais nous le faisons moins que tous les gouvernements précédents ».

La politique économique conduite par le Premier ministre israélien reste donc la même: le secteur privé est considéré comme le principal moteur de la croissance et il faut tout faire pour lui laisser les mains libres: moins d’impôt sur le capital et davantage sur le travail, moins d’impôts directs et davantage d’impôt indirects, moins de réglementation et davantage de liberté, moins de bureaucratie, etc.

« Modèle israélien de régulation »

Résultat: les entreprises sont moins imposées que les particuliers et la fiscalité indirecte reste forte. C’est pour cette raison que le gouvernement israélien n’a pas relevé l’impôt sur le bénéfice des sociétés lors du dernier correctif budgétaire adopté dans l’urgence à la mi-août. Il n’a pas non plus toucher aux niches fiscales qui bénéficient aux Israéliens les plus riches, préférant relever la TVA que paient tous les consommateurs. Et si l’impôt sur les hauts et moyens revenus a été relevé, ce fut contre l’avis du Trésor: c’est Stanley Fischer, le gouverneur de la banque centrale, qui a imposé 1% d’impôt supplémentaire pour réduire le déficit public qui commence à déraper.

En fait, Benyamin Netanyahou a inventé un « modèle israélien de régulation »: il s’agit pour l’Etat de faire croire qu’il défend le consommateur alors qu’en réalité, il laisse le champ libre aux industriels. Le credo n’a donc pas évolué d’un pouce: l’intervention de l’Etat est réduite au minimum, et lorsque celui-ci est contraint d’agir, c’est à l’avantage des entreprises, le consommateur ne venant qu’en seconde priorité.

Pourtant, une bonne dose de régulation permet de baisser le prix de nombreux produits et services. Exemple récent: c’est la régulation qui a permis aux Israéliens de réduire leur facture de téléphone mobile, même au prix d’une baisse de rentabilité des opérateurs. On attend le même résultat d’une régulation plus importante dans des secteurs encore dominés par des monopoles comme la banque, l’énergie et l’Internet.

Front commun du patronat

L’économie israélienne, comme dans la plupart des pays libéraux, est régulée par le marché afin d’obtenir une concurrence pure et parfaite. Or les monopoles et ententes entre industriels obligent l’Etat à intervenir pour favoriser la libre-concurrence et protéger les intérêts des consommateurs. En Israël, les principaux régulateurs publics sont: la Direction de la Concurrence, l’Autorité des Operations boursières, le Conseil des Emissions de Télévision câblée, le Contrôleur des Banques, etc.

C’est dans cette optique que le patronat fait front commun contre l’excès de régulation, allant jusqu’à affirmer que la « régulation devient incontrôlable ». Les patrons font notamment référence aux nouvelles règles dictées par les pouvoirs publics en matière de lutte contre la pollution pour limiter les rejets de déchets industriels dans l’atmosphère. En d’autres termes, le patronat israélien se plaint d’un excès de dirigisme et d’une insuffisance de laisser-faire. De son côté, Benyamin Netanyahou a admis que la régulation a perdu son équilibre, et il a promis d’agir pour la réduire au minimum.

ISRAËL-AUTORITÉ PALESTINIENNE: LE TRAITÉ DE LA DISCORDE. Israël accorde un paquet d’aide à l’Autorité palestinienne; les Palestiniens exigent la révision du Protocole de Paris.

Lundi 24 septembre 2012

ISRAËL ET PALESTINE Le gouvernement israélien vient d’accorder un nouveau paquet d’aide à l’Autorité palestinienne: augmentation du quota d’ouvriers palestiniens autorisés à travailler en Israël, transfert direct de marchandises de Gaza en Cisjordanie, accélération des procédures de prélèvements douaniers, etc. S’agit-il d’un signe de bonne volonté de la part des dirigeants israéliens en vue de soutenir l’économie palestinienne en proie à des difficultés croissantes; ou s’agit-il plutôt de la crainte d’un “printemps palestinien” qui aurait convaincu les dirigeants israéliens d’assouplir les contraintes qui pèsent sur l’économie locale? En réalité, le principal handicap de l’économie palestinienne est ailleurs: il se trouve dans un document de 80 pages qui a été signé à Paris, en avril 1994, entre le gouvernement de l’Etat d’Israël et l’Organisation de Libération de la Palestine, et qui s’intitule « Protocole sur les Relations Économiques ». Cet accord, qui régit les relations économiques entre Israël et l’Autorité palestinienne, est aujourd’hui à l’origine des blocages de l’économie palestinienne et de la cherté de la vie dans les territoires.

Que prévoit le Protocole économique de Paris ?

De façon générale, le protocole établit une union douanière entre les territoires palestiniens autonomes et Israël: il prévoit la libre-circulation des marchandises entre les deux partenaires, sans aucun droit de douane ou taxe à l’importation, et avec des tarifs douaniers communs à l’extérieur de cet espace économique. Les droits de douane sur les marchandises qui sont importées de l’étranger et qui transitent par le territoire israélien, sont perçus par les autorités israéliennes et reversés à l’Autorité palestinienne.

Cependant, pour répondre aux besoins élémentaires des Palestiniens et pour favoriser leur développement économique, des exceptions ont été prévues au principe de l’union douanière avec Israël. Par exemple, l’Autorité palestinienne peut fixer ses propres règles douanières pour certains produits de première nécessité importés de Jordanie et d’Egypte. De même, les Palestiniens sont autorisés à importer certains produits d’autres pays arabes. Enfin, l’Autorité palestinienne a tout pouvoir pour déterminer les droits de douane sur les équipements industriels indispensables à son développement économique. Pour les autres produits, c’est Israël qui fixe les taux d’imposition qui sont aussi en vigueur dans les territoires autonomes.

Pourquoi les Palestiniens réclament-ils l’abrogation du Protocole ?

Le Protocole économique de 1994 visait à encourager « la consolidation des bases économiques de l’entité palestinienne ainsi que l’exercice de son droit à la prise de décision selon son propre programme de développement et priorités ». En d’autres termes, le transfert de pouvoir en Cisjordanie et dans la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne aurait dû permettre à l’économie palestinienne de passer d’une situation de dépendance à un processus de croissance autonome. Seulement voilà: les règles qui ont été fixées pour une période intérimaire (2 à 3 ans), durent depuis près de 20 ans! Les réalités économiques ont largement changé et les besoins de l’économie palestinienne aussi.

En fait, la dépendance des Territoires palestiniens vis-à-vis d’Israël s’est renforcée, notamment pour leur approvisionnement en eau, en électricité et en essence. La liberté d’exportation des produits palestiniens se heurte à l’absence de ports et aéroports; l’obligation de transiter par le territoire israélien a développé la dépendance économique des Palestiniens du bon vouloir des autorités israéliennes, tandis que les bouclages répétés des territoires ont entravé la libre circulation entre les deux espaces économiques. Israël a souvent imposé aux Palestiniens ses propres produits, notamment en alourdissant les formalités d’importation d’un pays tiers.

Quant aux droits de douane perçus par les autorités israéliennes pour les marchandises importées pour les Territoires palestiniens et reversés à l’Autorité palestinienne (400 millions de dollars par an), ils ont souvent été versés avec retard, notamment lorsque des fournisseurs israéliens impayés en faisaient la saisie. Or, près de 60% des recettes du budget palestinien sont subordonnées aux rétrocessions des droits de douane par Israël, ce qui oblige à une coopération étroite entre les deux partenaires.

Pourquoi le coût de la vie augmente dans les territoires palestiniens ?

Les Palestiniens doivent s’aligner sur les prix israéliens et subir les mêmes augmentations des prix qu’en Israël, notamment pour les carburants et l’électricité. Cette dépendance est forte puisqu’aujourd’hui, 75% des importations de l’Autorité palestinienne sont fournis par Israël. De même, le Protocole de Paris prévoit que la TVA palestinienne devra se maintenir entre 15 et 16% pour rester proche de la TVA israélienne (17% aujourd’hui); les Palestiniens ne peuvent donc abaisser unilatéralement leur TVA pour réduire le coût de la vie. Et si l’Autorité palestinienne veut importer de l’extérieur des produits moins chers, ainsi que le Protocole de Paris l’autorise, il ne pourra s’agir que de produits de première nécessité. Pour l’importation de matières premières ou des matériaux industriels, les Palestiniens doivent obtenir l’agrément d’Israël par le biais d’une Commission économique conjointe.

Autrement dit, l’augmentation des prix en Cisjordanie est une “inflation importée” d’Israël. Dans cette situation «intérimaire», mais qui dure depuis deux décennies, l’Autorité palestinienne ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour fixer sa propre politique commerciale (comme signer des accords commerciaux avec un pays tiers) et sa propre politique fiscale (comme déterminer le niveau de sa TVA). Et en l’absence de toute politique monétaire autonome, la capacité des autorités palestiniennes de maîtriser l’inflation reste très réduite.

C’est pour mettre un terme à cette situation anachronique que les Palestiniens exigent une révision du Protocole de Paris; or celui-ci n’est qu’une annexe de l’accord d’Oslo qui a conduit à la séparation politique des Israéliens et Palestiniens. En l’absence de tout nouvel accord politique entre les deux partenaires, une révision des règles économiques reste improbable.

À L’APPROCHE DU NOUVEL AN JUIF, LES ISRAÉLIENS ONT RÉNOVÉ LEUR LOGEMENT. Le secteur de l’entretien-rénovation est en plein boom: il génère 3 milliards d’euros par an.

Lundi 17 septembre 2012

IMMOBILIER A l’approche des fêtes de Rosh Achana, le Nouvel an juif, les Israéliens ont l’habitude de rénover leur intérieur. Cette année, les travaux d’entretien et de réparation ont pris une ampleur inhabituelle: en raison du ralentissement de la construction neuve et de l’envolée des prix de l’immobilier, les Israéliens investissent davantage dans leur logement ancien. Selon une étude de l’agence financière Dun & Bradstreet, le marché de l’entretien-innovation des logements a représenté, l’an passé, un chiffre d’affaires d’environ 15 milliards de shekels, soit 3 milliards d’euros. Les deux tiers de l’activité du secteur sont réalisés par des entreprises artisanales alors qu’un tiers du chiffre d’affaires est réalisé par des artisans qui ne sont pas enregistrés au registre des métiers du bâtiment.

Davantage de locations

C’est la baisse de la demande de logements neufs qui se traduit par la hausse de la demande des travaux de rénovation: les Israéliens visent ainsi à améliorer la qualité de leur appartement plutôt que d’en acheter un autre. Dorénavant, les ménages consacrent 2,3% du budget familial à la rénovation de leur logement, contre 1,8% en 2007.

Autre motif du boom le marché de la rénovation: l’écart grandissant entre la hausse des prix des logements à la vente et la hausse des loyers. Cet écart a augmenté la demande de location et donc la nécessité de multiplier les travaux de réparation et d’entretien.

Economie souterraine

Selon une enquête de Dun & Bradstreet, 10% des foyers israéliens ont effectué des travaux dans leur logement l’an dernier; ce marché se développe au rythme moyen de 2% l’an et il continuera de croître aussi longtemps que le niveau de vie des Israéliens s’améliorera.

L’essor de ce secteur a amplifié un phénomène bien connu: de nombreux artisans, qui ne sont pas inscrits au registre des métiers du bâtiment, s’engouffrent dans ce secteur. A côté des 14.600 artisans régulièrement déclarés au service des impôts, ils sont des milliers à travailler « au noir » chez des particuliers.

Menace iranienne

La concurrence dans le secteur de la rénovation se fait donc plus difficile. Les artisans non déclarés tirent les prix à la baisse et la qualité des travaux s’en ressent. Les risques pour les propriétaires de logement sont importants: ils ne disposent d’aucun recours légal en cas de litige avec l’artisan.

Autre facteur qui a contribué à l’essor du marché de la rénovation en Israël: la menace d’une attaque israélienne en Iran. Il ne s’agit plus de rénover la salle de bain ou de refaire les peintures de l’appartement; il s’agit désormais d’entretenir les abris anti-missiles qui sont obligatoires dans les nouvelles constructions.

LES DÉCOUVERTES DE GAZ AU LARGE DES CÔTES D’ISRAËL VONT INFLUENCER LE MARCHÉ MONDIAL DE L’ÉNERGIE: exportations, investissements étrangers, statut géopolitique, etc.

Lundi 10 septembre 2012

israel gaz 270x270 La commission Tsemah, nommée par le gouvernement israélien pour définir la politique publique en matière de gaz naturel, vient de rendre son rapport définitif. Les recommandations de l’équipe interministérielle vont façonner le secteur énergétique en Israël au cours des prochaines décennies. Il n’y a pas qu’en Israël que l’opinion publique se passionne pour les découvertes de gaz au large des côtes d’Israël: les observateurs internationaux aussi suivent de près l’évolution des réserves gazières israéliennes, et pas seulement en raison des énormes quantités qui sont mises à jour. Ces découvertes pourraient avoir un impact sur le marché mondial du gaz liquide, que ce soit par le biais des exportations israéliennes de gaz, comme par l’entrée des compagnies internationales en Israël.

Concernant les principaux volets de la politique gazière d’Israël, la commission Tsemah propose une stratégie qui permettra de définir les scénarios de l’approvisionnement en énergie d’Israël pour les décennies à venir. Voici succinctement les principales questions soulevées par la commission Tsemah et les réponses apportées par les experts:

Faut-il constituer des réserves stratégiques ?
Israël devra conserver des réserves de gaz suffisantes pour répondre aux besoins nationaux des 25 prochaines années. D’ici à 2040, les besoins d’Israël sont évalués à 450 milliards de m³ (BCM), soit le tiers environ des réserves aujourd’hui connues (1.400 BCM).

Quelles quantités de gaz peut-on exporter ?
La commission propose de calculer la quantité de gaz qu’Israël sera autorisé à exporter en fonction de deux facteurs: les besoins locaux et l’étendue des champs gaziers exploités. Après avoir garanti la couverture des besoins du pays, la production qui sera exportée variera donc entre 50 et 75% du gaz extrait, selon la taille du puits. Au sein du gouvernement, les avis divergent: si le ministre de l’Environnement demande à limiter les exportations de gaz, le ministère des Finances, soutenu par la Banque d’Israël, opte pour un marché libre du gaz, sans quota d’exportation.

Où liquéfier le gaz ?
Le gaz extrait des puits sous-marins sera acheminé en territoire israélien pour y être liquéfié. La commission repousse la proposition de liquéfier le gaz sur le territoire d’un pays voisin, comme Chypre. A cet effet, quatre installations de traitement de gaz seront construites le long des côtes israéliennes.

Qui financera la construction des gazoducs ?
La commission propose que ce soit l’Etat qui prenne en charge le financement de la construction des gazoducs qui acheminera le gaz depuis les usines de liquéfaction jusqu’aux consommateurs israéliens. L’intervention active de l’Etat est nécessaire pour garantir qu’au moins 80% de l’électricité israélienne soit produite à partir du gaz national.

SPÉCIAL RENTRÉE – L’ÉTÉ DE TOUS LES RECORDS. L’économie israélienne a battu plusieurs records durant l’été: dollar, électricité, téléphonie, TVA, immobilier, etc.

Lundi 3 septembre 2012

croissance Vous rentrez bronzés de vacances: coupés des médias, vous n’avez pas suivi régulièrement l’actualité économique en Israël au cours des deux derniers mois. Pourtant, l’économie israélienne a battu de nombreux records durant les mois de juillet et août dernier: le dollar a relevé la tête, la consommation d’électricité a frôlé les capacités maximales de production du pays, la téléphonie mobile a connu une mini-révolution, l’automobiliste israélien peut s’enorgueillir de payer l’essence la plus chère au monde, etc. Voici un tour d’horizon des événements qui ont marqué l’actualité économique des mois d’été.

Devises: 1 dollar = 4 shekels. Le 18 juillet, le billet vert a franchi la barre symbolique des 4 shekels, soit son plus haut cours depuis trois ans. Pour les analystes israéliens, les menaces sécuritaires dans la région ne sont pas étrangères aux retraits massifs du dollar de l’économie israélienne. Du côté des industriels israéliens, c’est le soulagement: la hausse du dollar améliore la rentabilité de leurs exportations et renforce la compétitivité des entreprises, notamment dans le secteur de pointe. En revanche, la baisse du shekel renchérit les importations, ce qui pourrait tirer les prix à la consommation à la hausse.

Electricité: 11.580 MgW. La panne d’électricité tant redoutée ne s’est pas produite. En revanche, le pays a bien frôlé ses capacités maximales de production: le 19 juillet, la canicule a fait bondir la consommation d’électricité à 11.580 mégawatts, battant le précédent record de l’été 2010 (avec 11.530 MgW). Les craintes de pénurie de courant sont bien réelles: le pays dispose de réserves de 400 mégawatts seulement par rapport au record de consommation des Israéliens.

Téléphonie: 100.000 abonnés pour Golan. L’entrée de nouveaux concurrents sur le marché israélien de la téléphonie mobile commence à changer le paysage du réseau téléphonique d’Israël. Dorénavant, ce sont 8 réseaux de téléphonie mobile qui se disputent les faveurs de 8 millions de consommateurs israéliens. Aux trois sociétés les plus anciennes (Orange, Cellcom et Pelephone), se sont associés deux nouveaux opérateurs mobiles (Golan Telecom et Hot Mobile) et trois réseaux virtuels (Rami Levy Communications, HomCellular et YouPhone). A la mi-août, un bilan provisoire indiquait que plus d’un demi million d’Israéliens ont fait confiance à un des nouveaux venus: en deux mois et demi, Golan Telecom a recruté 100.000 abonnés et Hot Mobile 250.000.

TVA: le taux le plus élevé au monde. A l’occasion du débat public autour des mesures d’économies budgétaires, les Israéliens ont découvert qu’ils paient une TVA parmi les plus élevées au monde: dorénavant, le taux est unique à 17% et il n’existe pas, comme dans la plupart des pays occidentaux, de taux réduit sur les produits de consommation courante comme les produits alimentaires ou pharmaceutiques.

Pain subventionné: envolée des prix. A la surprise générale, et en plein mois d’août, le ministère de l’Industrie a relevé le prix du pain subventionné de 6,5% d’un coup. A compter du 14 août, le prix du pain ordinaire de 750g grimpe à 5,24 shekels, soit un peu plus d’1 euro. Le pain suit ainsi l’envolée des matières premières et la hausse du dollar face au shekel.

Essence : 3e au hit-parade mondial. Israël fait partie du peloton de tête pour le prix de l’essence à la pompe; c’est ce qu’a confirmé le magazine en ligne Bloomberg qui a publié, le 18 août, une étude comparative du prix de l’essence dans 60 pays du monde. Israël arrive en 3e position avec 2,47 dollars le litre, juste après la Norvège et la Turquie, la France venant en 12e position. Et encore, ce classement ne prend pas en compte la hausse de 7% de l’essence au 1er septembre.

Immobilier: retour de la bulle. Le marché israélien de l’immobilier est à nouveau en ébullition: en juillet, les prêts hypothécaires ont atteint leur record de tous les temps, avec 5 milliards de shekels, soit 1 milliard d’euros. C’est 25% de plus qu’en juin et 40% de plus que la moyenne annuelle. Dorénavant, le volume global des prêts hypothécaires atteint un montant record de 220 milliards de shekels (45 milliards d’euros).

Défense: un budget exagéré ? A l’occasion du débat sur la loi de finances pour 2013, le budget de la Défense a été dévoilé. En 2012, il a atteint un nouveau record historique avec 60 milliards de shekels ou 12 milliards d’euros. Au cours des quatre dernières années, il augmente de 22%. Le ministère des Finances a fait remarquer que les dépenses militaires d’Israël sont supérieures au budget cumulé de la Défense des quatre pays arabes qui entourent Israël.

SPÉCIAL VACANCES – LA POLITIQUE TOURISTIQUE D’ISRAËL A-T-ELLE LES MOYENS DE SES AMBITIONS? Le tourisme augmente mais le nombre d’hôtels est en baisse depuis dix ans.

Lundi 2 juillet 2012

TOURISME EN ISRAELLe cap des 3,5 millions de visiteurs étrangers sera franchi en 2012. Paradoxalement, la forte progression du tourisme en Israël, qui révèle un potentiel encore inexploité, ne s’accompagne pas d’un développement parallèle des infrastructures: au cours de la dernière décennie, le nombre d’hôtels a même baissé, passant de 339 en 2001 à 332 en 2010. Résultat: la pénurie de chambres tire les prix à la hausse. La cherté du tourisme en Israël ne fait pas fuir que les visiteurs étrangers: aujourd’hui, même un Israélien préfère passer ses vacances en dehors des frontières de son pays, sachant qu’il pourra diminuer son budget-vacances tout en bénéficiant de services touristiques de haut niveau.

Hôtellerie comme alimentation

Ce n’est pas seulement l’alimentation qui est chère en Israël: les vacances aussi. Une enquête, que vient de réaliser le ministère du Tourisme, indique que 35% des Israéliens (soit 2,5 millions de personnes) ne peuvent se permettre de prendre des vacances en Israël, et que 18% d’entre eux ont décidé de passer leurs vacances uniquement à l’étranger. La décision de passer des vacances à l’étranger est justifiée par les écarts de prix entre Israël et de nombreuses destinations bon marché dans le bassin méditerranéen, comme Chypre et les Iles grecques (qui ont remplacé la Turquie).

Stess Missajnikov, le ministre israélien du Tourisme, est conscient de la cherté du tourisme en Israël: « Prendre des vacances est cher pour l’Israélien comme pour l’étranger, ce qui conduit Israël à perdre une part importante de son potentiel touristique » vient-il de déclarer à la presse israélienne. Le diagnostic étant clair, il faut donc s’atteler à ses causes et mettre en place les remèdes adéquats.

Pénurie de chambres

Premier responsable de l’insuffisance du tourisme en Israël: la situation géopolitique qui fait fuir les étrangers. Deuxième cause: les coûts de fonctionnement sont plus chers en Israël qu’ailleurs. Les dépenses de sécurité, de cacherout et les impôts locaux renchérissent les services touristiques. Troisième blocage: l’accord de ciel ouvert avec l’Europe est gelé, ce qui ne permet toujours pas d’accroître la concurrence entre les compagnies aérienne et d’abaisser le prix des vols à destination et en partance d’Israël.

Mais il existe une autre cause, plus inattendue, de la cherté des services touristiques en Israël: la pénurie de chambres d’hôtels. Malgré le fort potentiel touristique, le nombre de chambres d’hôtels proposé aux touristes est de 47.500, soit un chiffre qui est resté stable au cours des dix dernières années. Le ministère du Tourisme reconnaît qu’il manque aujourd’hui 14.000 chambres d’hôtels pour répondre à la demande; et l’augmentation de l’offre hôtelière serait de nature à faire baisser les prix.

Neuf ans de construction

Désormais, les obstacles bureaucratiques sont les premiers responsables de l’insuffisance des infrastructures hôtelières: aujourd’hui, il faut un délai record de 9 ans pour construire un hôtel en Israël, ce qui suffit à décourager nombre d’investisseurs. Et les moyens que l’Etat consacre à l’un des principaux secteurs de l’économie israélienne ne sont pas à la hauteur des espérances: le ministère du Tourisme dispose d’un budget annuel de 700 millions de shekels (140 millions d’euros), soit 0,2% des dépenses de l’Etat. Cela paraît bien peu pour encourager les nouveaux projets hôteliers et pour inciter les agences de voyage à inscrire Israël dans leurs brochures de vacances.

LA GUERRE DES PRIX FAIT RAGE ENTRE LES SUPERMARCHÉS: de mars à mai 2012, les ventes de la grande distribution alimentaire ont progressé de 1,8% seulement.

Lundi 25 juin 2012

SOLDES Les supermarchés israéliens se livrent une concurrence de plus en plus exacerbée. Les grandes chaînes de distribution ont recours à tous les moyens pour attirer et fidéliser les consommateurs: course aux bas prix, ventes à perte, pubs comparatives, nouvelles marques de distributeurs, etc. Pour le consommateur, cette guerre des prix est une aubaine: depuis plus de deux ans, le salaire réel stagne, ce qui rogne le pouvoir d’achat des ménages israéliens. En revanche, les enseignes qui exercent un monopole dans certaines villes du pays ont du mal à accepter l’ouverture du secteur à de nouveaux concurrents: la Direction de la Concurrence a du pain sur la planche pour faire respecter les droits des consommateurs.

Ventes à perte ?

C’est la chaîne Shufersal qui a été la première à déclarer la guerre des prix. Contrairement aux pratiques habituelles qui consistaient à baisser les prix pour une liste déterminée de produits, c’est dorénavant une baisse généralisée qui est enclenchée. Tous les produits sont visés par cette nouvelle guerre des prix, depuis les légumes jusqu’aux laitages, en passant par la viande et la boisson. Fait inédit: certains articles sont moins chers aujourd’hui dans les supermarchés Shufersal que sur les shouks et marchés découverts. De même, la concurrence entre les chaînes qui a démarré au niveau local (comme à Beer-Sheva, Ashdod et Maale-Adoumim), a fait tâche d’huile et s’est étendue à tout le pays.

La virulence de l’actuelle guerre de prix a pris de court de nombreux réseaux de distribution. Il y a quelques jours, la chaîne Coop a déposé plainte auprès de la Direction à la Concurrence contre l’enseigne Shufersal: celle-ci est accusée de dicter ses prix aux petits commerçants et de vendre à perte pour acculer ses concurrents à disparaître, ce qui est interdit par la loi israélienne. Une enquête a été ouverte pour déterminer si les pratiques de Shufersal correspondent à de la concurrence déloyale.

Les grandes manœuvres

Cette course au bas prix est favorisée par la structure du marché de la distribution qui est contrôlée par un petit nombre d’enseignes. Le géant israélien de la distribution reste Shufersal: l’enseigne détient 267 magasins et a réalisé un chiffre d’affaires de 11,6 milliards de shekels en 2011, soit 2,4 milliards d’euros. La seconde place est détenue par la chaîne Méga: forte de 215 supermarchés, ces ventes de 2011 se sont montées à 6,7 milliards de shekels, soit 1,4 milliard d’euros. Loin dernier les deux leaders de la distribution, vient le trublion qui est bien décidé à brouiller les cartes: Rami Levy (enseigne Shivouk Ashikma) réalise 2,2 milliards de shekels (450 millions d’euros) par an avec seulement 24 magasins.

La semaine dernière, Rami Levy a lancé une mini-bombe dans le secteur de la distribution: il a annoncé son intention d’acheter 40 magasins de la chaîne Méga, relançant ainsi la concurrence et la guerre des prix entre les enseignes. Les négociations n’en sont qu’a leurs débuts, mais dans tous les cas, le directeur de la Concurrence devra avaliser l’accord en gestation. L’objectif de Rami Levy est clair: il vise à remettre en cause la prédominance de Shufersal dans le secteur de la distribution et, pourquoi pas, à lui ravir la première place, tout en restant l’enseigne la moins chère.

Le consommateur indifférent

Comment réagit le consommateur qui est le véritable enjeu de cette guerre des prix? De plus en plus courtisé par la grande distribution alimentaire, l’Israélien semble rester indifférent à la bataille que se livrent, en son nom, les grandes enseignes. Il faut dire que le pouvoir d’achat du salarié israélien est malmené par la baisse des salaires réels enregistrée depuis deux ans et demi: désormais, le consommateur réfléchit à deux fois avant d’ouvrir son portefeuille.

Pour l’heure, la guerre des prix entre les grandes enseignes ne donne pas les résultats escomptés: durant les trois derniers mois (de mars à mai 2012), le chiffre d’affaires des chaînes de distribution alimentaire a augmenté de seulement 1,8% en rythme annuel, contre une poussée de 4,8% au cours des trois mois précédents. Ce ralentissement dans la progression des ventes confirme que le consommateur israélien attend de voir si ces baisses de prix seront temporaires ou permanentes.

CONTRAT DU SIÈCLE”: la Compagnie israélienne d’Electricité signe un contrat qui va garantir son approvisionnement en énergie au cours des deux prochaines décennies.

Lundi 18 juin 2012

gaz naturel energie C’est sans doute le plus gros contrat jamais signé en Israël: la Compagnie israélienne d’Electricité vient d’entériner le contrat signé avec les groupes Delek Energy et Nobel Energy, qui exploitent les puits de gaz découverts au large des côtes israéliennes. Cette transaction, qui est évaluée à environ 20 milliards de dollars, va garantir à Israël un approvisionnement régulier de gaz au cours des quinze prochaines années. Ce méga-contrat fera aussi oublier le “scandale” du gaz égyptien qui avait provoqué une pénurie de gaz en Israël. Dorénavant, Israël pourra réduire ses achats en produits énergétiques plus chers (comme le mazout) qui lui étaient nécessaires pour produire son électricité, et les remplacer par du gaz.

Un méga-contrat

Après plusieurs années de négociations, la Compagnie nationale d’Electricité a signé en fin de semaine dernière un accord gazier avec les deux sociétés qui exploitent le puits “Tamar” situé en pleine mer méditerranée, au large de Haïfa: le groupe israélien Delek Energy, contrôlé par Itzhak Techouva, et la compagnie américaine Nobel Energy. Ce contrat de 20 milliards de dollars, étalé sur 15 ans, va permettre à Israël de produire son électricité à partir du gaz, et donc d’abandonner les autres sources d’énergie plus polluantes et importées à des prix plus fluctuants. Dans le contrat définitif, l’indexation du prix du gaz a été revue à la baisse, ce qui permettra aussi à la Compagnie d’Electricité de réaliser d’importantes économies.

Les immenses gisements de gaz découverts en Méditerranée, et dont “Tamar” sera le premier à être exploité, assureront à l’économie israélienne un approvisionnement régulier au cours des prochaines décennies. Certes, le gaz naturel ne jaillira de Tamar qu’en avril 2013: pour éviter une rupture des approvisionnements au cours des dix prochains mois, un nouveau puits vient d’être mis en service au large d’Ashkelon et le gaz a commencé à être injecté dans le gazoduc à destination des raffineries israéliennes. Ce nouveau gisement, dit Pinnacles-1, remplacera progressivement le seul puits en fonctionnement (“Yam-Téthys”) mais qui est en train de s’épuiser.

La transition de l’été

Le risque de rupture des approvisionnements en gaz d’Israël est donc repoussé de plusieurs mois grâce à la mise en service du puits Pinnacles-1: celui-ci se trouve à 25 kilomètres au nord-ouest des côtes d’Ashkelon et le gaz est extrait d’une profondeur de 1.850 mètres sous la mer. Le coût du forage de Pinnacles-1 s’élève à 105 millions de dollars (85 millions d’euros) et il garantira les besoins en gaz d’Israël pendant la période de l’été qui voit, généralement, la consommation en énergie augmenter. Les groupes Delek et Nobel, qui sont aussi propriétaires de ce puits, estiment que les réserves de Pinnacles-1 sont estimées à 1,3 milliard de mètres cube (BCM).

Le forage du puits Pinnacles-1 a été réalisé dans un délai record de trois mois, soit un mois d’avance sur les prévisions. Les analystes estiment que la fourniture de gaz du puits Pinnacles-1 permettra à l’économie israélienne d’économiser 650 millions de shekels (130 millions d’euros) durant les mois de juillet à octobre prochain. En revanche, la Compagnie nationale d’Electricité a prévenu que le risque de coupures de courant durant l’été n’est pas écarté. Pour les experts en énergie, le nouveau puits Pinnacles, qui vient d’être mis en service, ne résoudra qu’une partie de la pénurie, ce qui ne pourra pas se traduire par une baisse des prix pour le consommateur.

Le scandale du gaz égyptien

La mise en service des puits israéliens, d’abord Pinnacles-1 et ensuite Tamar, devrait faire oublier le “scandale” du gaz égyptien. On se souvient qu’à la chute du président Hosni Moubarak, les fournitures de gaz avaient été complètement interrompues, obligeant le gouvernement israélien à recourir à d’autres sources d’énergie plus coûteuses. Les pertes pour l’économie israélienne (entreprises et consommateurs) ont été estimées jusqu’à 15 milliards de shekels (soit 3 milliards d’euros).

Le “scandale” du gaz égyptien réside dans le fait que le contrat israélo-égyptien ne prévoyait aucune garantie d’approvisionnement et ne permettait aucun mécanisme de diversification énergétique; de même, gouvernement israélien n’avait exigé aucun dispositif d’indemnisation en cas de rupture unilatérale des approvisionnements. Aujourd’hui, des voix s’élèvent en Israël contre l’exclusivité que le gouvernement israélien accorde aux groupes Delek et Nobel pour fournir du gaz à Israël: il est vrai que le puits Tamar sera le plus grand monopole de l’économie israélienne.

DE L’EURO 2012 AUX MACCABIADES 2013: le gouvernement israélien débloque un financement pour la 19e édition des Maccabiades qui générera 50 millions d’euros de revenus.

Lundi 11 juin 2012

stade de foot Le sport devient une bonne affaire pour les pays organisateurs: à l’heure de l’Euro 2012, Israël veut aussi bénéficier des revenus générés par les rencontres sportives internationales. Mais c’est par une pure coïncidence de calendrier qu’au moment de l’ouverture de l’Euro 2012, le gouvernement israélien débloque des fonds pour le financement des 19e Maccabiades qui auront lieu en 2013 en Israël. Réuni ce dimanche à Jérusalem, le Conseil des ministres hebdomadaire a accordé 4 millions d’euros (19 millions de shekels) pour accélérer les préparatifs des Jeux Olympiques du monde juif qui se déroulent tous les quatre ans. Le temps presse: à un an de l’ouverture des dix-neuvièmes Maccabiades, les infrastructures ont pris du retard sur le calendrier.

Un budget en augmentation

Le communiqué du gouvernement justifie la participation financière de l’Etat en indiquant que « les Maccabiades sont le troisième événement sportif du monde, après les Jeux olympiques et les Universiades ». Si la comparaison est un peu exagérée, il n’en est pas moins vrai que les Maccabiades sont une rencontre sportive juive de niveau international, organisée tous les quatre ans en Israël par la Maccabi World Union, à l’image des Jeux olympiques. La première édition de cette compétition a eu lieu en 1932 avec 390 athlètes, et la dernière en 2009 avec 7.500 athlètes.

En 2013, et pour la première fois de son histoire, les Maccabiades tiendront leur dix-neuvième édition à Jérusalem. Le montant global des dépenses des Maccabiades est fixé à 187 millions de shekels, soit 38 millions d’euros environ. Il s’agit de 15% de plus que les précédentes Maccabiades de 2009. Avec une subvention de 4 millions d’euros, l’Etat ne prend pas de gros risques financiers; son investissement est étalé sur trois ans et il ne représente que le dixième du coût total des 19e Maccabiades.

Des retombées économiques

La majeure partie du financement proviendra du Comité national des Paris sportifs: celui-ci s’est engagé à hauteur du tiers du coût des Maccabiades, soit 64 millions de shekels (13 millions d’euros). Cette somme financera la rénovation des installations sportives, et notamment l’agrandissement du stade Teddy à Jérusalem qui accueillera 31.000 spectateurs pour la cérémonie d’ouverture. Le reste des recettes viendra de la commercialisation des droits commerciaux (medias notamment) et de la billetterie.

Il est vrai qu’une manifestation sportive internationale revêt toujours une dimension économique importante. Les organisateurs des 19e Maccabiades ont calculé que la compétition devrait générer 50 millions d’euros de revenus; on est loin des 1,3 milliard d’euros générés par le championnat d’Europe des nations de football (Euro 2012), mais les retombées pour la petite économie israélienne ne sont pas négligeables: le tourisme, le commerce et les loisirs seront dopés par les Maccabiades, tandis que le pays bénéficiera d’infrastructures neuves ou rénovées.

Un enjeu pour l’Aliya ?

C’est le secteur israélien du tourisme qui sera le principal bénéficiaire de la manne des Maccabiades: une trentaine d’hôtels se partageront 100.000 nuitées de sportifs et d’accompagnateurs, tandis que les compagnies d’autocars comptabiliseront 6.000 journées d’excursion. Chacun des 8.000 sportifs dépensera une moyenne de 750 dollars (600 €) en loisirs et achats divers; quant aux 15.000 touristes attendus pour suivre l’événement, ils dépenseront chacun 300 dollars (240 €) par jour durant une période moyenne de huit jours. Par ailleurs, les organisateurs recruteront 1.500 salariés et autant de bénévoles seront présents sur les différents sites sportifs.

Dernière retombée des Maccabiades, et pas des moindres: un document de la Présidence du Conseil estime que 5% des participants aux 19e Maccabiades décideront faire leur Aliya et de s’installer en Israël. Le renforcement des liens entre la jeunesse juive de la diaspora et l’Etat d’Israël figure donc parmi les enjeux des Maccabiades: il y a quatre ans, le ministère de l’Intégration avait offert une prime de 3.500 dollars aux juifs étrangers participant aux Jeux et qui avaient décidé de rester en Israël comme nouveaux immigrants.

LA CONTESTATION SOCIALE GRONDE: la rigueur budgétaire envisagée par le Trésor pourrait inciter les “Indignés” israéliens à redescendre dans la rue cet été.

Lundi 4 juin 2012

Rothschild Tentes Les manifestations qui ont eu lieu en fin de semaine dernière, dans les grandes villes israéliennes, sont-elles les prémices d’une nouvelle “révolte des tentes” qui pourrait avoir lieu au cours de l’été 2012? Malgré la baisse du prix de l’essence début juin et la concurrence dans le secteur de la téléphonie qui tire les prix à la baisse, le changement social promis par le gouvernement israélien n’est pas encore perceptible par la majorité des Israéliens. Les récentes déclarations du ministre des Finances n’ont pas rassuré les “Indignés” de l’an dernier: la rigueur budgétaire que préparent les fonctionnaires du Trésor va encore entamer le pouvoir d’achat, réduire les services sociaux, et remettre à plus tard des réformes déjà votées. Voici, en vrac, dix raisons qui pourraient conduire à une reprise prochaine de la contestation pour une meilleure justice sociale.

1. L’augmentation des impôts indirects. Le Trésor envisage de relever la TVA de 1 point (de 16 à 17%) et d’imposer la TVA sur les fruits et légumes qui en sont aujourd’hui exemptés. Ce dispositif, qui ferait rentrer dans les caisses de l’Etat environ 5 milliards de shekels (1 milliard d’euros) par an, est socialement inégalitaire: il touche davantage les ménages les plus pauvres qui consacrent l’essentiel de leur revenu à la consommation courante.

2. Des allégements fiscaux pour les plus riches. Le gouvernement israélien n’a pas mis en application sa promesse de créer une nouvelle tranche d’impôt sur les hauts revenus: il devait s’agir d’un impôt exceptionnel sur les très hauts revenus, c’est-à-dire de plus d’1 million de shekels par an (200.000 €). Cette mesure avait été recommandée par la commission Trajtenberg “pour le changement économique et social”, en septembre dernier.

3. Des avantages pour les entreprises étrangères. Lee Trésor envisage d’accorder des allégements fiscaux aux multinationales installées en Israël (comme Intel, HP ou Iscar), et qui demandent à rapatrier leurs capitaux sans payer d’impôt. Ces entreprises auraient accumulé des bénéfices évalués à 100 milliards de shekels, soit 20 milliards d’euros.

4. La dévalorisation des prestations sociales. En Israël, les allocations sociales sont une cible incontournable pour économiser des fonds publics. Le Trésor envisage notamment de réduire les allocations familiales ainsi qu’indexer partiellement certaines prestations sur le coût de la vie, ce qui leur fera perdre de leur pouvoir d’achat.

5. Des coupes transversales dans le Budget. Le Trésor a un faible pour les coupes budgétaires à taux fixe dans tous les postes de dépense: aujourd’hui, il envisage de couper 5% dans les dépenses courantes du gouvernement. Cette rigueur se traduirait par la réduction des services publics qui s’adressent essentiellement aux ménages les plus défavorisés, comme la santé et l’éducation, et par le report de réformes déjà engagées.

6. Les menaces sur l’emploi. Les taux d’intérêt élevés ne permettent pas aux petites et moyennes entreprises d’investir suffisamment pour se développer. Le resserrement du crédit, voulu par la Banque centrale, se traduit par la baisse de l’embauche et par des risques de licenciement. Résultat: malgré l’embellie du chômage (6,7% en avril), les emplois créés l’an dernier sont, dan leur majorité, précaires, à bas salaires et à temps partiel.

7. La gratuité de l’école en danger. Parmi les réformes qui risquent d’être reportées, figure l’école gratuite à partir de trois ans qui devrait entrer en vigueur dès la rentrée prochaine. La rigueur budgétaire ne permettra pas de financer ce dispositif dont le coût est estimé à 2,5 milliards de shekels par an (soit 500 millions d’euros). Il faut se rappeler que ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement israélien proclame la gratuité de l’école à partir de trois ans: la première loi en ce sens date de 1984, mais son application a été régulièrement repoussée.

8. La réforme du logement bloquée. La révolte des tentes de l’été dernier est née de l’impossibilité pour un étudiant de se loger à bon marché et pour un jeune couple d’accéder à la propriété contre un endettement supportable. L’Etat s’est engagé à accélérer la construction et à réduire la bureaucratie qui alourdit les procédures foncières. Or, la réforme est toujours bloquée par un contentieux entre deux formations politiques de la coalition gouvernementale: le parti russophone Israël Beitenou et le parti sépharade Shass.

9. Le poids des monopoles. Ces dernières semaines, l’Israélien s’est rendu compte qu’un peu plus de concurrence dans le secteur de la téléphonie se traduisait par une baisse des prix. Le consommateur exige aujourd’hui des réformes similaires dans d’autres secteurs, comme l’énergie et la banque. L’objectif est d’atténuer le coût de la vie en réduisant le poids des monopoles dans l’économie israélienne.

10. Le ralentissement des grands travaux. Les grands travaux d’infrastructure sont souvent les premières victimes des coupes budgétaires. C’est dans le secteur des transports que les projets en cours risquent d’être reportés ou ralentis. Parmi les chantiers en danger: le nouveau réseau ferré régional de transports en commun dans la métropole de Tel Aviv, et la ligne de chemin de fer reliant Eilat au centre du pays.

L’ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE RÉAGIT AUX INCERTITUDES EUROPÉENNES: l’assurance à l’exportation vers la Grèce est suspendue, le dollar se renforce, la Bourse hésite, etc.

Lundi 28 mai 2012

europe Alors que des fonctionnaires européens se préparent à l’éventualité d’une sortie de la Grèce de la zone euro, l’économie israélienne commence à réagir à l’inquiétude qui a repris après le sommet européen de Bruxelles, il y a quelques jours. A Tel Aviv, le billet vert a battu son taux record des deux dernières années face au shekel, tandis que le marché financier répond par des cours en dents de scie. Quant aux entreprises israéliennes, elles doivent revoir leur politique d’exportation vers la Grèce en mesurant les risques encourus: la compagnie israélienne d’assurance pour le commerce extérieur ICIC a décidé de suspendre son assurance pour les marchandises expédiées vers le marché grec. Sans compter que la contagion de la crise grecque à d’autres pays de la zone euro n’est pas entièrement écartée.

Commerce : la Grèce insolvable ?

La première décision concrète vis-à-vis de la crise grecque a été prise il y a quelques jours par la société d’assurance-crédit israélienne ICIC (Israeli Credit Insurance Company) basée à Tel-Aviv: la compagnie, qui assure les exportateurs israéliens, a décidé de suspendre son assurance pour les marchandises en partance pour la Grèce. Autrement dit, une entreprise israélienne devra réfléchir à deux fois avant d’accepter une commande de la Grèce, au risque de ne pas être payée en retour. Certes, le risque n’est pas très important si l’on considère le volume du commerce gréco-israélien qui reste modeste, mais il existe bel et bien.

En fait, les exportations israéliennes vers la Grèce sont en baisse depuis plus de deux ans. En 2011, Israël a exporté vers la Grèce pour 207 millions de dollars de marchandises: c’est 3% de moins qu’en 2010 et 30% de moins qu’en 2009. La contraction des débouchés grecs se poursuit aussi en 2012: au cours des trois premier mois de cette année, les fournitures israéliennes à la Grèce ont totalisé 36 millions de dollars, soit 16% de moins qu’au cours du premier trimestre de 2011. Les exportations israéliennes à la Grèce comprennent essentiellement des produits chimiques, des articles en plastique et des équipements électriques.

Endettement : risque de contagion

Aujourd’hui, la Grèce n’absorbe que 3% des exportations israéliennes: autrement dit, la perte du marché grec ne devrait pas être dramatique pour les entreprises israéliennes. En revanche, si la crise grecque de la dette s’étend à d’autres pays d’Europe, les retombées sur le commerce extérieur d’Israël seraient plus significatives. D’ailleurs, lors du dernier sommet européen de Bruxelles, la chancelière allemande Angela Meckel n’a pas rassuré les investisseurs dans la mesure où elle continue de refuser tout compromis financier qui pourrait aider à éviter une contagion de la crise grecque à d’autres pays de la zone euro.

Le risque d’insolvabilité des clients européens des entreprises israéliennes n’est donc pas négligeable. Le risque d’exportation concerne particulièrement les quatre pays du groupe des PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne) ainsi que l’Italie; on se souvient que la compagnie ICIC a récemment étendu le risque financier à l’Italie en raison de sa grande exposition aux risques conjoncturels.

Devises : le dollar à son cours record

Face à la montée des incertitudes européennes, le billet vert en profite pour se renforcer. A Tel Aviv, le dollar a même battu son meilleur cours des deux dernières années face au shekel. Jeudi dernier, à la fermeture du marché telavivien, il était coté à 3,849 shekels, soit son taux de change le plus élevé depuis juillet 2010. Selon les analystes israéliens, l’affaiblissement du shekel face au dollar est influencé par la fuite massive de billets verts en dehors d’Israël, ainsi que par la récession mondiale.

Si dorénavant le dollar frôle les 3,9 shekels, en revanche, la devise européenne évolue à la baisse face à la monnaie israélienne. En fin de semaine dernière, l’euro restait bien en-dessous de la barre des 5 shekels, aux alentours de 4,839 shekels.

Bourse : dents de scie

La Bourse de Tel Aviv a clôturé la semaine en légère hausse, mais il est trop tôt pour savoir si la tendance est positive ou s’il s’agit d’un rebond technique. En fait, les risques liés à la situation en Grèce et en zone euro se traduisent par des séances en dents de scie à Tel Aviv: mais, au terme de plusieurs journées à la baisse, l’indice TA-100 a fini à la hausse jeudi (+ 0,56%).

Le marché financier israélien reste largement influencé par les actions des sociétés de téléphonie qui ont été les valeurs vedettes de la semaine. Alors que les sociétés plus anciennes (Cellcom, Partner) ont clôturé la semaine à la baisse, les nouveaux concurrents de la téléphonie mobile (comme Hot) et les opérateurs d’Internet (comme Internet Zaav) ont enregistré une forte demande qui a tiré leurs titres à la hausse.

Banques : exposition en baisse

Alors que la crise de la dette européenne s’accentue et pourrait même s’étendre de la Grèce à l’Espagne et l’Italie, les banques israéliennes font preuve de prudence: au début 2012, leur exposition aux dettes des cinq pays européens fortement endettés (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne) est retombée à 2,06 milliards de shekels, soit 420 millions d’euros; c’est 15% de moins qu’à la fin du troisième trimestre de 2011.

C’est en Europe du Sud que l’exposition des banques israéliennes est la plus forte: 1,04 milliard de shekels pour l’Espagne (soit 210 millions d’euros) et 665 millions de shekels pour l’Italie (130 millions d’euros). En revanche, l’exposition des banques israéliennes vis-à-vis de la Grèce et du Portugal est devenue marginale (moins de 2 millions d’euros).

POLÉMIQUE AUTOUR DE LA PRÉSENCE DE 91.000 IMMIGRÉS CLANDESTINS AFRICAINS. L’afflux de clandestins a un impact sur l’économie israélienne: emploi, salaire, pauvreté, etc.

Lundi 21 mai 2012

clandestins La menace iranienne est passée au second rang des préoccupations des Israéliens: la semaine dernière, la multiplication d’actes de violence commis à Tel Aviv par des émigrés clandestins originaires d’Afrique, a remis à l’ordre du jour l’impact de l’immigration non juive sur la stabilité économique et sociale du pays. En fait, c’est toute la cohésion de la société israélienne qui est remise en cause: le regroupement des clandestins dans certains quartiers de Tel Aviv ou d’Eilat se traduit par un regain de violence, d’alcoolisme et de frustrations. Les clandestins, qui finissent par trouver un emploi chez un employeur israélien, sont accusés de tirer les salaires à la baisse; des poches de pauvreté se développent et les Israéliens les moins qualifiés ont du mal à trouver un emploi, même rémunéré au salaire minimum.

Une minorité de “réfugiés” ?

L’immigration clandestine n’est pas un problème propre à Israël. Le phénomène existe dans tous les pays développés qui sont attractifs pour les étrangers à la recherche d’un emploi et d’un niveau de vie plus élevé que dans leur pays d’origine. En Israël, les flux de clandestins qui ont traversé illégalement la frontière égyptienne se multiplient. Selon certaines estimations, 91.000 d’immigrés originaires d’Afrique se trouvent aujourd’hui en Israël, et ils seront 12.000 de plus d’ici à la fin de l’année. La plupart d’entre eux viennent du Soudan et d’Erythrée, mais beaucoup aussi sont originaires d’Ethiopie, de Côte d’Ivoire et du Nigéria.

Seulement une petite minorité d’entre eux (environ 1.500) ont fuit des régions en guerre et ont reçu en Israël le statut de “réfugié” délivré, selon les conventions internationales, pour des raisons humanitaires. Autrement dit, ces clandestins sont, dans leur immense majorité, des migrants à la recherche d’une vie meilleure. Cette vague d’immigrés clandestins africains a pris le gouvernement israélien de court: la construction d’une barrière de 120 kilomètres à la frontière avec l’Égypte est bien avancée, mais il faudra encore plus d’un an pour l’achever. Entretemps, les forces de sécurité israéliennes (police et armée) ne parviennent pas à endiguer ce phénomène, malgré les budgets importants qui sont y consacrés.

Qui gagne, qui perd ?

L’immigration clandestine fait aussi des heureux. Parmi les bénéficiaires de cette main d’œuvre bon marché qui afflue en Israël, on trouve certains employeurs peu scrupuleux qui leur fournissent un emploi, notamment dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Et pour cause: les immigrés clandestins n’hésitent pas à travailler de 10 à 12 heures par jour, et ils se contentent d’un salaire de misère, bien inférieur au salaire minimum auquel a droit un salarié israélien. Autrement dit, l’afflux de clandestins se traduit par deux phénomènes négatifs: la baisse du niveau des salaires des emplois non qualifiés et l’augmentation de la pauvreté.

Mais il y a aussi de grands perdants à cet afflux d’immigrés clandestins: il s’agit des groupes de population les plus défavorisés de la société israélienne, comme les Arabes d’Israël ou les Juifs originaires d’Éthiopie. Les clandestins les ont remplacés dans de nombreux emplois et ils doivent se contenter de bas salaires, ce qui augmente la proportion de « travailleurs pauvres ». Finalement, l’afflux de clandestins devient synonyme d’« importation de pauvres ».

Sans compter que l’emploi de clandestins enclenche un véritable “cercle vicieux”: les immigrés d’Afrique transmettent rapidement à leurs proches, restés dans leur pays d’origine, qu’Israël est un pays accueillant, qui leur offre un niveau de vie supérieur à celui qu’ils ont connu. Ce qui accroît davantage le flux de candidats à l’immigration clandestine.

Quelle politique de l’immigration ?

Dorénavant, la polémique se concentre sur les moyens à mettre en œuvre pour réduire, voire interrompre, ce flux de clandestins. Pour répondre aux pressions de l’opinion publique, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a souvent promis d’incarcérer tous les clandestins et d’œuvrer pour la fermeture d’entreprises embauchant des immigrés illégaux. Or, la police réclame des moyens supplémentaires qu’elle n’obtient pas, tandis que la construction d’une barrière à la frontière avec l’Égypte a démarré trop tardivement.

En réalité, les gouvernements israéliens successifs n’ont jamais eu de véritable politique d’immigration. Sur ce volet, Israël pourrait imiter la majorité des pays occidentaux qui affrontent le même phénomène: ceux-ci mènent une lutte parfois implacable contre l’immigration illégale et le travail clandestin, tout en contrôlant l’immigration régulière. Aujourd’hui, la plupart des pays de l’OCDE ont installé sur leur territoire des centres de rétention où sont détenus les clandestins avant d’être raccompagnés dans leur pays. C’est aussi le prix qu’Israël devra payer pour préserver sa cohésion sociale, sa stabilité économique et son équilibre démographique.

APRÈS L’ÉLARGISSEMENT DE LA COALITION GOUVERNEMENTALE: quels sont les enjeux économiques du nouveau gouvernement d’union nationale? Budget, emploi, déficits, etc.

Lundi 14 mai 2012

11076 L’économie israélienne va bénéficier d’une période de stabilité jusqu’en octobre 2013: avec 94 députés sur 120, la nouvelle coalition gouvernementale va diriger le pays pendant les seize prochains mois. Le gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou devrait mettre à profit cette relative longévité pour poursuivre les réformes déjà entamées, pour préparer la loi de finances pour l’an prochain, pour réajuster la politique sociale et pour relancer le processus de paix avec les Palestiniens; autant de priorités qui ne seront pas sans retombées pour l’économie israélienne.

La poursuite des réformes structurelles

La nouvelle coalition élargie va poursuivre la mise en œuvre de plusieurs réformes structurelles déjà engagées. Les secteurs de l’économie israélienne, qui sont concernés par ces réformes, sont nombreux et variés: l’énergie (électricité et gaz), la construction (logement public), l’industrie (séparation banque-industrie), etc. De même, les députés poursuivront l’application des recommandations de la “commission Trajtenberg pour le changement économique et social” que le gouvernement a déjà approuvées. L’objectif est d’atténuer le coût de la vie, notamment en réduisant le poids des monopoles dans l’économie israélienne.

Autre réforme-phare du gouvernement de Benyamin Netanyahou: le logement. L’Etat s’est engagé à accélérer la construction et à réduire la bureaucratie qui alourdit les procédures foncières. Il y a quelques mois, la réforme avait été bloquée par un contentieux entre deux formations politiques de la coalition gouvernementale: le parti russophone Israël Beitenou et le parti sépharade Shass. Mais aujourd’hui, avec l’élargissement de la coalition, la réforme du logement devrait trouver un nouveau souffle.

Le dilemme du budget 2013

L’annulation de la tenue d’élections anticipées remet à l’ordre du jour la préparation de la loi de finances pour 2013. La nouvelle majorité parlementaire devrait aider le gouvernement à faire face aux engagements budgétaires que le Conseil des ministres a déjà approuvés. Il faudra notamment trouver des sources de financement pour le déficit de 2013 qui sera plus élevé que prévu en raison du ralentissement de la croissance et des dépenses supplémentaires déjà votées.

Les nouveaux crédits qu’il faut débloquer pour 2013 concernent: le budget de la Défense (rallonge de 3,5 milliards de shekels), les réformes sociales comprises dans le rapport Trajtenberg (3,3 milliards de shekels), l’augmentation du salaire des médecins, enseignants et avocats (2,2 milliards de shekels), l’amélioration des conditions de travail des salariés intérimaires, (0,8 milliard de shekels), etc. Au total, cette dépense publique supplémentaire se monte de 10 milliards de shekels (2 milliards d’euros) pour 2013, soit 1,1% du PIB.

Une nouvelle politique sociale

L’accord de coalition Likoud-Kadima comprend aussi un chapitre “politique sociale et budgets sociaux”. Le texte de l’accord précise: « le gouvernement œuvrera pour une répartition plus égalitaire des ressources nationales, pour la création d’un filet de sécurité économique et sociale destiné aux couches faibles et à la classe moyenne, pour le renforcement de la concurrence et la réduction de la concentration dans l’économie israélienne, pour le renforcement de l’application du droit du travail et la réduction des écarts sociaux ». Vaste programme pour les seize mois qui viennent.

S’agit-il d’une déclaration de bonnes intentions ou d’un réel programme politique? Toujours est-il que ce chapitre de l’accord de coalition soulève davantage de questions qu’il ne donne de réponses: de quelle façon seront réparties les ressources nationales, pourquoi créer un “filet de sécurité” qui existe déjà, comment sera renforcée la concurrence? Le chapitre suivant fournit quelques précisions: « le gouvernement agira pour la préparation d’un budget d’urgence nationale dans le but de soutenir les couches défavorisées ». S’il y a urgence, le volume de ce budget spécial n’est pas fixé, pas plus que ses bénéficiaires.

Relance du processus de paix

L’accord Likoud-Kadima prévoit aussi une relance du processus de paix avec les Palestiniens. Sur ce dossier, la politique du gouvernement de Benyamin Netanyahou s’est toujours limitée à la « paix économique »: il s’agit d’un train de mesures, destiné à faciliter l’activité économique en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et comprenant plusieurs volets, comme: l’emploi, le commerce, la fiscalité, les infrastructures, la coopération sécuritaire, l’éducation, la santé, etc. En fait, la politique de Benyamin Netanyahou consiste à éluder la question d’un État palestinien, tout en insistant sur la levée des restrictions bureaucratiques pesant sur l’économie palestinienne mais en maintenant le cadre global des contraintes de sécurité existantes.

Désormais, la forte majorité parlementaire dont dispose le gouvernement devrait faciliter la reprise des négociations de paix. Malgré les bonnes performances de l’économie israélienne, l’absence de paix pèse sur ses finances et freine son développement. Le coût démesuré de la Défense ampute les budgets consacrés à des dépenses civiles, comme l’éducation ou l’emploi. De même, les difficultés sociales qu’Israël connaît (pauvreté, inégalités, etc.) pourraient être atténuées avec des taux de croissance plus forts et avec une affectation différente des ressources nationales, autant de facteurs qui s’accordent mal à une économie de guerre. L’absence de paix pèse d’autant plus sur l’économie israélienne que celle-ci reste largement tributaire de l’étranger pour son tourisme, ses débouchés, ses approvisionnements énergétiques et ses investissements.

FRANÇOIS HOLLANDE ÉLU PRÉSIDENT – Un changement de priorités pourrait profiter à des entreprises israéliennes: industrie, finance, innovation, commerce, etc.

Lundi 7 mai 2012

hollande L’élection de François Hollande à la présidence de la France ne devrait avoir aucune incidence majeure, ou directe, sur les relations économiques avec Israël. Néanmoins, certaines réformes qui ont été proposées par le candidat Hollande, pourraient profiter à des entreprises israéliennes. Dans ses “60 engagements pour la France”, le candidat socialiste à l’élection présidentielle détaillait les mesures qu’il entend adopter sur les principaux dossiers économiques et sociaux: l’industrie, la finance, l’Europe, la recherche, l’énergie, l’agriculture, etc. Certaines de ces propositions, si elles étaient appliquées, pourraient améliorer la coopération entre la France et Israël. Décryptage.

Europe. Pour François Hollande, l’Europe doit favoriser l’emploi et la croissance pour réduire le déficit public et la dette. Le candidat socialiste a donc proposé de réorienter le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) dans cette direction; il demande notamment la création d’euro-obligations qui permettraient de « sortir de la crise et de la spirale d’austérité en privilégiant la croissance et l’emploi ». Cette mesure permettrait aux pays européens, même les plus endettés, d’emprunter sur le marché financier international à des taux modérés.

La Banque d’Israël pourrait trouver dans ces euro-obligations une opportunité de placement pour une partie de ses réserves en devises (qui totalisent près de 80 milliards de dollars). En souscrivant à des euro-obligations, la banque centrale d’Israël effectuerait un investissement sûr et sans risque, puisque le remboursement des obligations serait garanti par Banque centrale européenne.

Industrie. Le programme de François Hollande prévoit de lancer « des programmes industriels innovants, notamment dans les domaines des technologies vertes »; il vise aussi à favoriser « la montée en puissance des énergies renouvelables en soutenant la création et le développement de filières industrielles dans ce secteur ».

Les secteurs stratégiques seront financés par une Banque publique d’Investissement qui favorisera « le développement des PME, le soutien aux filières d’avenir et la convection écologique et énergétique de l’industrie". Ces nouvelles priorités de la politique industrielle pourraient permettre à des entreprises israéliennes de décrocher des contrats de coopération ou d’échange avec des entreprises françaises qui, de surcroît, bénéficieront d’un financement public.

Recherche et innovation. Le nouveau président français entend soutenir « le développement des nouvelles technologies et de l’économie numérique, levier essentiel d’un nouvelle croissance ». Par ailleurs, François Hollande s’est engagé à rendre plus accessible le crédit impôt-recherche par les petites et moyennes entreprises. Ces engagements concernent de nombreux secteurs où les entreprises israéliennes sont à la pointe de l’innovation mondiale.

Deux filières, qui figurent parmi les priorités socialistes, pourraient favoriser la coopération franco-israélienne: l’industrie de la santé, qui sera un des axes forts du redressement de l’industrie française, et l’agriculture, dont la promotion « de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique » figure au programme du parti socialiste pour la présidentielle 2012. Dans ces deux secteurs, les innovations israéliennes pourraient trouver des débouchés en France.

Commerce. Les engagements socialistes concernent la mise en place d’une « nouvelle politique commerciale pour faire obstacle à toute forme de concurrence déloyale et pour fixer des règles strictes de réciprocité en matière sociale et environnementale ». Cette proposition ne concerne pas les échanges commerciaux franco-israéliens qui sont régis par l’accord commercial entre l’Union européenne et Israël.

D’ailleurs, les données 2012 du commerce extérieur font apparaître que le commerce d’Israël avec la France a retrouvé son niveau d’avant la crise mondiale de 2009. De janvier à mars 2012, les exportations israéliennes vers la France ont connu une progression de 5% pour se monter à 405 millions de dollars; en sens inverse, les fournitures françaises à Israël ont augmenté de 4% pour totaliser 434 millions de dollars. La France garde bien sa place au classement des principaux partenaires commerciaux d’Israël: au premier trimestre 2012, la France restait le 10e client d’Israël et son 12e fournisseur de marchandises d’Israël avec une part de marché de 2,3%.

RUPTURE DU CONTRAT DE GAZ AVEC L’EGYPTE : QUI PERD, QUI GAGNE? En Israël, le consommateur et l’épargnant seront perdants, mais il y aura aussi des gagnants.

Lundi 30 avril 2012

gaz naturel energieCatastrophe économique ou opportunité favorable à l’économie d’Israël? Au delà de la querelle diplomatique entre les autorités égyptiennes et israéliennes, la rupture de l’accord gazier donne lieu à une controverse économique en Israël. Une chose est sûre: il y a autant de perdants que de gagnants à ce différent commercial. Le consommateur, l’épargnant et l’investisseur, en paieront le prix. En revanche, le Trésor israélien, tout comme les hommes d’affaires Itzhak Techouva et Yossi Maiman, sauront en tirer profit. Revue de détail de ce nouvel épisode de la saga gazière d’Israël.

QUI PERD ?

Le consommateur. La pénurie de gaz égyptien a un coût pour le consommateur israélien: 15 milliards de shekels ou 3 milliards d’euros. Désormais, l’électricité est produite au mazout est plus chère: la facture d’électricité payée par les ménages israéliens a été relevée de 40% en moins d’un an. Sans compter la pollution et dégâts environnementaux causés par l’usage de pétrole au lieu du gaz.

Les actionnaires. Lorsque la société EMG a décroché, en 2000, l’appel d’offres pour la construction d’un gazoduc reliant El-Arish à Ashkelon, de nombreux investisseurs israéliens y ont vu une opportunité de placement sûre et stable. C’est donc sans difficulté qu’en 2007, l’homme d’affaires Yossi Maiman, le patron israélien d’EMG, a cédé une partie du capital de sa société à des investisseurs institutionnels pour un montant de 350 millions de dollars (1,3 million de shekels). Aujourd’hui, la valeur boursière des actions d’EMG est presque nulle. Principale victime: la société israélienne Ampal, qui avait acheté 12,5% du capital de EMG et qui se retrouve aujourd’hui à la tête d’un endettement énorme.

Les épargnants. De nombreuses caisses de retraite ont placé l’épargne des Israéliens dans les actions de la société EMG qui fournit notamment le gaz égyptien à la compagnie israélienne d’Electricité. Au cours des cinq dernières années, des fonds de retraite comme Phénix, Menora, Harel et Psagot, ont investi 350 millions de shekels (soit 70 millions d’euros) dans EMG, convaincus qu’il s’agit d’un placement rentable sur les vingt années à venir. Aujourd’hui, cet investissement est quasiment perdu.

QUI GAGNE ?

L’Etat. En accélérant l’exploitation du gaz israélien au détriment du gaz égyptien, l’Etat va bénéficier d’un surcroît de taxes et autres royalties. Par ailleurs, le recours au pétrole plutôt qu’au gaz permet à l’Etat d’engranger davantage de recettes fiscales sur le dos du consommateur final: tout relèvement des tarifs de l’électricité entraîne, presque automatiquement, un supplément de recettes pour les caisses du Trésor.

Itzhak Techouva. L’actionnaire de la société Derek, principal actionnaire des gisements gaziers découverts au large des côtes israéliennes, a toutes les raisons de se réjouir. Dorénavant, Itzhak Techouva devient le seul fournisseur de gaz de l’économie israélienne: sa “rente de situation” est évaluée à environ 15 milliards de dollars, c’est-à-dire le revenu attendu de l’exploitation du puits Tamar. S’agissant d’un monopole, la société de Techouva sera en situation de force, notamment pour dicter ses conditions de vente au gouvernement israélien.

Yossi Maiman. Le principal actionnaire israélien de la société EMG qui, en 2005, a obtenu l’exclusivité de la livraison de gaz égyptien à Israël, a longtemps joui du monopole du gaz. En 2007, sa société a atteint une valeur boursière de 2,2 milliards de dollars; et c’est à ce prix que Yossi Maiman a cédé une partie de son capital à des investisseurs institutionnels. Si EMG n’a pas eu le temps de verser des dividendes à ses actionnaires, son patron semble s’être octroyé des salaires disproportionnés aux résultats de l’entreprise: entre 2005 et 2011, le salaire de Yossi Maiman a “coûté” 56 millions de shekels (15 million de dollars) à ses actionnaires. Certes, Y. Maiman va aussi perdre de la rupture du contrat qui lie sa société à l’Egypte, mais bien moins que les investisseurs qui lui ont fait confiance.

QUIZ SPÉCIAL FÊTE DE L’INDÉPENDANCE: AVEZ-VOUS SUIVI L’ACTUALITÉ ÉCONOMIQUE DE LA 64E ANNÉE DE L’ÉTAT D’ISRAËL? Testez vos connaissances.

Lundi 23 avril 2012

quizz Si vous êtes un lecteur assidu d’IsraelValley, vous n’aurez aucune difficulté à répondre aux dix questions ci-dessous. Par exemple: qui fut pressenti pour remplacer le gouverneur de la Banque d’Israël; quel est le Tycoon israélien le plus endetté; quelle est la dernière chaîne internationale de prêt-à-porter à ouvrir une boutique à Tel Aviv? Un quiz en forme de récapitulatif de quelques événements économiques qui ont marqué la soixante-quatrième année de l’Etat d’Israël. À vous de jouer (réponses en fin de questionnaire).

1. Selon des sources étrangères, quel économiste français fut pressenti pour remplacer Stanley Fischer comme gouverneur de la Banque d’Israël?
a. Jean-Claude Trichet
b. Jacques Attali
c. Dominique Strauss-Khan
d. Jean-Paul Fitoussi

2. Quel fabricant israélien détient un monopole dans l’agroalimentaire?
a. Tnuva, qui détient 90% du marché des fromages en tranche
b. Strauss, qui détient 80% du marché du chocolat en poudre
c. Osem, qui détient 60% du marché des produits alimentaires pour bébés
d. Toutes les réponses sont justes

3. Quel Tycoon israélien a accumulé une dette qui dépasse les 2 milliards de shekels (400 millions d’euros) en raison de la crise boursière?

a. Itzhak Techouva (actionnaire de Delek)
b. Ilan Bendov (actionnaire de Partner)
c. Nohi Dankner (actionnaire d’IDB)
d. Yossi Maiman (actionnaire d’Ampal)

4. Quelle chaîne internationale de prêt-à-porter a ouvert une boutique à Tel Aviv?
a. H&M
b. Forever 21
c. Wal-Mart
d. C&A

5. Le boulevard Rothschild à Tel Aviv est devenu célèbre en raison de:
a. ses arbres centenaires
b. un accident mortel causé par un touriste français
c. le prix élevé de l’immobilier
d. la “révolte des tentes”

6. Le paquebot “Costa Concordia”, qui a fait naufrage au large de l’Italie en janvier, appartenait à une riche famille israélienne:
a. la famille Dankner
b. la famille Techouva
c. la famille Harisson
d. la famille Wertheimer

7. L’âge légal de la retraite des femmes a été fixé à:
a. 60 ans
b. 62 ans
c. 64 ans
d. 67 ans

8. Le dernier réseau de téléphonie mobile qui a été inauguré est:
a. Partner
b. YouPhone
c. Rami Levy Communications
d. Kohavit

9. Au cours des huit derniers mois, le tarif de l’électricité a augmenté de:
a. 25%
b. 35%
c. 40%
d. 45%

10. La dernière privatisation décidée par le gouvernement israélien concerne:
a. la banque Leumi
b. la Poste
c. le port d’Eilat
d. les Archives nationales

Réponses: en dessous de la photo.

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RÉPONSES: 1c, 2d, 3a, 4b, 5d, 6c, 7b, 8c, 9c, 10d.

SCORE: Vous avez obtenu :
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BUDGET 2013: UN REMAKE DE 2012? LE TRÉSOR ENVISAGE DE NE PAS PRÉPARER UN BUDGET POUR 2013: la loi de Finances 2012 serait reconduite aussi en 2013.

Lundi 16 avril 2012

COMPRESSIONS BUDGETAIRES EN ISRAEL « Copier-coller »: telle pourrait être la tactique du Trésor pour la préparation du budget 2013. Selon des rumeurs qui ont couru pendant la trêve pascale, les fonctionnaires du Trésor pourraient renoncer à préparer un budget nouveau pour 2013: ils recopieront simplement celui de 2012, en se contentant de changer le dernier chiffre de l’année. Ce budget “plagiat” s’expliquerait par la difficulté d’assainir les finances publiques sans augmenter la fiscalité, et donc sans contredire les promesses gouvernementales. Selon ce scénario, les élections législatives pourraient être anticipées dès la fin de cette année.

Rafistolage budgétaire

Le budget est, avant tout, un instrument de politique économique du gouvernement. Or pour préparer le budget de 2013, le gouvernement israélien devra, au préalable, répondre à deux interrogations cardinales vis-à-vis de la politique budgétaire: 1) le prochain budget sera-t-il bisannuel comme le précédent qui couvrait 2011 et 2012 (donc un budget pour 2013 et 2014)? 2) Comment seront financées les rallonges budgétaires qui ont déjà été approuvées en conseil des Ministres (comme l’école gratuite dès 3 ans et la revalorisation des salaires de certains fonctionnaires)?

Avec le recul, il apparaît que l’expérience du budget bisannuel couvrant 2011 et 2012 aura été désastreuse pour l’économie israélienne: préparé en 2010, il n’aura pris en compte ni la crise financière mondiale, ni la contestation sociale de l’été 2011, ni la menace iranienne. Résultat: de nombreux correctifs budgétaires ont été votés au cours de la dernière année, au point de rendre méconnaissable le budget prévisionnel. En janvier dernier, le gouvernement s’est résolu à accroître son déficit public de 2 à 3,3% du PIB pour tenir compte de la baisse des rentrées fiscales tout comme de la hausse des dépenses, militaires comme civiles.

Valse d’hésitations

Pour 2013 aussi, le gouvernement devra faire face à des engagements qu’il a déjà donnés: une rallonge au budget de la Défense (3,5 milliards de shekels), les réformes sociales comprises dans le rapport Trajtenberg (3,3 milliards de shekels), l’augmentation du salaire des médecins, enseignants et avocats (2,2 milliards de shekels), l’amélioration des conditions de travail des salariés en sous-traitance, (0,8 milliard de shekels), etc. Au total, il s’agit de dépenses publiques supplémentaires d’un montant de 10 milliards de shekels (2 milliards d’euros) qui représentent 1,3% du PIB.

À côté de l’augmentation des dépenses, le gouvernement s’évertue à ne pas alourdir les prélèvements obligatoires. Il a même commencé à réduire certains impôts, comme la fiscalité sur l’essence et l’impôt sur le revenu des classes moyennes, ce qui creuse davantage les déficits. En revanche, il se refuse à trouver d’autres sources budgétaires qui auraient permis de ramener le déficit à un niveau plus acceptable, comme par exemple: instaurer une tranche d’impôt sur les hauts revenus, introduire des droits de succession, réduire les exonérations fiscales, relever l’impôt sur le capital, etc. A défaut de telles mesures fiscales, la Banque d’Israël estime que le déficit public se creusera à 5% du PIB en 2013 et à 5,5% en 2014, soit bien loin des 1,5% prévus d’ici à 2014.

Elections anticipées

Dans ce contexte aléatoire, le gouvernement pourrait faire un autre choix: le budget 2013 ne sera pas voté d’ici à la fin 2012, ce qui conduirait à avancer les élections législatives de quelques mois. C’est le même scenario qui s’est réalisé à la fin 2008: le gouvernement d’Ehoud Olmert n’était pas parvenu à faire adopter le budget 2009 dans les délais légaux, conduisant à des élections anticipées en février 2009 et à la nomination de Benyamin Netanyahou à la présidence du Conseil. Mais cette fois-ci, des élections anticipées auraient une conséquence économique majeure: aucune des rallonges budgétaires déjà approuvées par le gouvernement ne pourra être appliquée au début de 2013.

Les zigzags du gouvernement ont fini par mettre en colère le président de la Knesset, Reouven Rivlin: « si le gouvernement décide de la tenue d’élections anticipées, ce qui le dispenserait de préparer le budget 2013, il doit en informer la Knesset immédiatement après la semaine de Pessah » a-t-il déclaré en fin de semaine dernière. Dans le cas contraire, le budget 2013 doit être préparé et approuvé par le gouvernement durant les mois de juin et juillet, puis être débattu par les députés à partir du mois d’octobre, afin d’être voté avant la fin décembre.

Pour l’heure, les prochaines élections législatives sont prévues pour le 22 octobre 2013. Si le scénario d’élections anticipées se réalise prochainement, il serait logique de reporter la préparation du budget 2013 jusqu’à la mise en place d’une nouvelle coalition gouvernementale; entretemps, le budget 2012 sera reconduit durant les premiers mois de 2013: « ce dispositif est possible dans la démocratie parlementaire israélienne: le gouvernement doit alors faire part de ses intentions, à la Knesset et au Peuple, de ne pas soumettre de budget aux députés » a souligné Reouven Rivlin.