SARAH TOURS: Voyage en Israel

SAVE THE DATE: Rencontres sur la Sécurité le lundi 16 novembre 2009 Jacques Bendelac

Les Pages Economiques de Jacques Bendelac

Jacques Bendelac est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem. Il a enseigné l’économie dans les universités françaises et israéliennes. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont « Israël à crédit », « l’Economie palestinienne », « la Nouvelle Société israélienne ». Ses recherches actuelles portent sur la société civile en Israël. Dernier ouvrage publié : « les Arabes d’Israël » (Ed. Autrement, Paris, 2008).

AFFAIRES ET MYSTICISME – Les patrons israéliens sont de plus en plus nombreux à consulter des mysticiens et cabalistes.

lundi 29 juin 2009

La confession de Sherry Harrisson n’a pas surpris le milieu israélien des affaires: une effervescence mystique s’empare du patronat israélien!

Si la propriétaire de la Banque Hapoalim reçoit des « messages de l’au-delà », de nombreux patrons consultent régulièrement des mysticiens ou cabalistes en tous genres pour améliorer la gestion de leur entreprise.

La crise économique aidant, des milliers d’hommes d’affaires n’hésitent plus à consulter une personnalité mystique avant de procéder à un investissement, d’effectuer une opération en bourse ou tout simplement pour tenter d’améliorer la gestion courante de leur entreprise.

Les techniques ésotériques utilisées par les patrons israéliens sont très diverses. Certains participent à des exercices spirituels et corporels, comme yoga, shiatsu, méditation transcendantale, etc.; d’autres ont recours à la médecine chinoise avant de prendre une décision importante.

Dorénavant, la mode est à la kabbale. Certains patrons préfèreront s’initier eux-mêmes par des cours de “méditation kabbalistique” qui favorise une certaine élévation spirituelle.

Mais la pratique qui semble la plus répandue aujourd’hui pour découvrir les secrets de la kabbale est, tout simplement, la fréquentation des cabalistes; il s’agit souvent de rabbins auxquels les Israéliens reconnaissent un pouvoir mystique.

Parmi les noms les plus connus du patronat israélien qui ont un recours régulier à un coaching mystique, on trouve Nohi Dankner, le patron du puissant holding IDB. Celui-ci consulte fréquemment le rav Yaacov Israel Ifergan (40 ans) à Nétivot. Le rav Ifergan est aussi surnommé en hébreu « Rentguen » ou « Rayons-X » en raison de ses capacités à diagnostiquer l’état de santé de son visiteur. L’influence du vénérable rabbin n’est pas négligeable: ainsi, c’est sur la recommandation du rav Ifergan que Nohi Dankner a décidé de ne pas ouvrir son réseau de supermarchés Shufersol le shabbat.

Parmi les autres patrons israéliens habitués de l’antichambre de Yaacov Ifergan, on trouve Ofer Nimrodi (Maariv), Ami Harel (Bezeq), David Fattal (hôtellerie) ou Ygal Britman (high tech). Selon le journal économique “The Marker”, le rav Ifergan faisait même partie en 2008 de la liste des 100 personnalités les plus influentes d’Israël.

Autre cabaliste qui attire les patrons à la recherche de conseils mystiques: le rav Yoshiyaou Pinto, 37 ans, d’Ashdod. Parmi les fidèles visiteurs du rav Pinto, figurent les hommes d’affaires israéliens Itzhak Techouva (Delek Group), Jacky Benzaken (immobilier) ou encore Meir Brend (Google Israel).

Les grandes décisions des patrons israéliens sont-elles, pour autant, prises selon les conseils des cabalistes? Sans doute que non. Il n’empêche que l’influence indirecte de ces derniers reste indéniable sur le processus de décision de nombreux patrons.

Au total, le marché du mysticisme draine en Israël des millions de shekels par an. Stages, séminaires, coaching privé, dons volontaires, etc.: il est impossible de connaître exactement le chiffre d’affaires de cette activité puisque, par définition, il s’agit d’un secteur occulte qui échappe souvent aux chiffres officiels.

Et c’est aussi un marché qui profite de la crise actuelle, lorsque le rationnel ne suffit plus à justifier une décision économique.

VACANCES SCOLAIRES – Les centres aérés font preuve d’innovation : robotique, finance, japonais, cirque, dressage de chiens, etc.

lundi 22 juin 2009

Cette semaine, les vacances scolaires débutent en Israël pour 611 942 élèves du secondaire; pour les parents, c’est le début d’un véritable casse-tête pour occuper leurs enfants en bas âge.

Avec ou sans crise économique, les parents sont prêts à dépenser quelques milliers de shekels pour trouver une structure d’accueil adaptée à leurs bambins. Et aujourd’hui encore, la solution la plus appréciée par les petits et grands est le centre aéré ou Kaetana, c’est-à-dire le centre de loisirs sans hébergement.

Objectif des parents: continuer à travailler tout en occupant leurs enfants pendant deux ou trois semaines de leurs vacances scolaires; et, si possible, en profiter pour les initier à de nouvelles activités, mais sans se ruiner pour autant.

On estime cette année que 500.000 petits Israéliens vont participer à un centre de vacances durant l’été. C’est dire que la concurrence entre les centres de loisirs est rude. A côté des mouvements de jeunesse, des centres communautaires et de certaines écoles qui proposent des formules variées de camps, clubs et centres de vacances, on trouve de plus en plus d’opérateurs privés de centres de loisirs.

Pour proposer des vacances inoubliables aux petits Israéliens, les opérateurs de centres aérés font donc preuve d’une imagination débordante. La tendance actuelle est au centre aéré spécialisé, autour d’un thème particulier qui attise la curiosité de l’enfant.

A Ramat Gan, les Israéliens de 7 à 17 ans pourront découvrir la robotique. Pendant les cinq jours de centres aérés, ils apprendront les rudiments de la robotique avec des enseignants spécialisés, travaux pratiques compris.

Autre nouveauté: l’association des Chambres de Commerce à Tel Aviv organise un “séminaire” d’été intitulé “Les Affaires en Jeans”! Les enfants de 14 à 18 ans pourront s’initier aux secrets de la finance, de la Bourse et de la gestion de portefeuilles, le tout dans une atmosphère ludique et détendue.

Pour les amateurs de langues, il y a toujours le traditionnel centre aéré en anglais de Berlitz. Mais cette année, on trouve aussi un centre de vacances destiné à s’initier au japonais: le programme comprend l’apprentissage de la langue japonaise, mais aussi de la culture, des arts martiaux, sans oublier la préparation du traditionnel sushi.

Pour les Israéliens plus petits, de 5 à 14 ans, le Cirque Florentine propose, près de Tel Aviv, un centre aéré axé sur les techniques du cirque: trapèze, jonglerie, trampoline, etc. Les trois semaines de vacances se termineront par un spectacle de cirque préparé par les enfants.

Les amoureux des animaux choisiront les centres aérés organisés dans les parcs zoologiques du pays. Avec une nouveauté cette année: le kibboutz Afikim organise un centre aéré spécialisé dans le dressage des chiens! Au programme: cours de dressage, initiation aux soins vétérinaires, etc. L’enfant peut arriver au centre avec son propre chien ou en adopter un sur place, le temps des vacances.

Quant à ceux qui préfèrent les thèmes plus traditionnels et moins “dangereux”, ils pourront toujours passer de bonnes vacances en s’initiant au théâtre, à danse, à la cuisine ou aux sports.

SPÉCIAL SEMAINE DU LIVRE – Les éditeurs israéliens proposent d’imiter en Israël la loi française sur un prix unique du livre.

lundi 15 juin 2009

La Semaine du Livre, qui se tient en Israël du 10 au 20 juin 2009, est marquée par la polémique qui oppose les éditeurs aux libraires israéliens.

Objet de la polémique: le prix du livre. Les éditeurs israéliens sont très favorables à une législation calquée sur le modèle français de la Loi Lang qui fixe un prix unique du livre. Ils envisagent même d’agir sur les députés pour qu’une loi semblable à la loi française soit votée en Israël.

De quoi s’agit-il? En France, la commercialisation du livre est régie par la loi de 1981, dite Loi Lang. Cette loi fixe un prix unique du livre selon le principe suivant: l’éditeur fixe le prix de son livre et le marque au dos de l’ouvrage alors que le point de vente (librairie, surface spécialisée ou grande surface) ne peut vendre le livre à un prix différent; toutefois, une remise maximum de 5 % est autorisée.

Dorénavant, la “loi française” est devenue une référence en Israël: la presse locale la cite régulièrement dans ses reportages sur la Semaine du Livre et les éditeurs y font allusion à chaque interview.

Par contre, les libraires israéliens sont en colère. Ils s’opposent catégoriquement à une loi qui ne leur permettrait pas de fixer librement leurs prix; ils sont convaincus que c’est proposant des rabais permanents à leur clientèle qu’ils parviennent à faire progresser leurs ventes.

Pour le directeur général de Tsomet Hasfarim, l’une des grandes chaînes israéliennes de distribution de livres, “l’application de la loi française en Israël provoquerait l’effondrement du secteur”. Selon lui, c’est la concurrence entre les points de vente et les rabais offerts aux consommateurs qui garantissent la bonne santé du secteur.

Il est vrai qu’en Israël, la production éditoriale fait preuve d’une vigueur exceptionnelle: chaque année, 6.500 nouveautés apparaissent dans les rayons des librairies israéliens qui vendent pas moins de 40 millions de livres par an.

Autant dire que les Israéliens restent le “Peuple du Livre”: l’Israélien achète en moyenne 6 ouvrages par an, ce qui le classe à la tête de la plupart des pays occidentaux.

Les enjeux d’une loi sur le prix des livres sont donc importants: selon l’institut d’analyse financière Dun & Bradstreet, le secteur du livre totalisera un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de shekels en 2009 (450 millions d’euros), soit 6% de mieux que l’année précédente. La crise économique n’aura donc pas eu d’influence négative sur la consommation de livres et sur les ventes du secteur.

Pour l’instant, les éditeurs viennent de marquer un point: ils ont réussi à convaincre le député Nissan Horowitz (Meretz) de soumettre à la Knesset un projet de loi qui limiterait à 10% la remise maximale autorisée durant la première année de commercialisation d’un livre. La “loi française” n’a pas fini de faire parler d’elle, surtout dans l’enceinte de la Knesset.

ISRAËL ÉTATS-UNIS – La dépendance économique vis-à-vis des Etats-Unis réduit la marge de manœuvre politique du gouvernement israélien.

Lundi 8 juin 2009

Les réactions contrastées, suscitées en Israël par le discours du Caire du président Obama, ont occulté la dimension économique des relations entre Israël et les Etats-Unis.

Un tour d’horizon des relations économiques entre les deux pays permettra de mieux situer les enjeux du débat actuel. Il apparaît qu’Israël est lié au “Big Brother” américain dans de nombreux domaines: échanges commerciaux, finance, high tech, coopération militaire, tourisme, etc.

20 milliards de shekels de marchandises israéliennes

Malgré un léger recul des exportations israéliennes vers les Etats-Unis durant ces trois dernières années, le marché américain restent la principale destination pour les marchandises israéliennes: en 2008, il a absorbé pour 20 milliards de shekels de produits israéliens, soit 28% des exportations israéliennes.

Les fournitures israéliennes aux Etats-Unis se composent essentiellement de produits chimiques, d’instruments médicaux, de matériel optique et d’agroalimentaire. Et sans oublier, bien sûr, les diamants israéliens qui sont exportés aux Etats-Unis: en 2008, le marché américain a absorbé 44% des diamants polis en Israël.

1 milliard de dollars d’investissements

Les capitaux d’origine américaine sont investis massivement dans différents secteurs de l’économie israélienne: immobilier, high tech, finances, etc. Les citoyens américains ne sont pas encore très impliqués dans l’immobilier israélien mais leur part va croissant depuis 2005. Par contre, le high tech israélien reste très recherché par les investisseurs américains; aujourd’hui, pas moins de 150 start-up israéliennes sont cotées à la Bourse de New York. Les capitaux américains s’investissent aussi bien directement dans les sociétés israéliennes que par l’intermédiaire de fonds de capital-risque, pour un montant estimé à 1 milliard de dollars par an.

Les flux de capitaux américains en Israël sont favorisés par la présence de quatre grandes banques israéliennes sur le territoire américain: Discount, Leoumi, Hapoalim et Mizrahi. Elles sont actives dans le domaine des investissements et du crédit, aussi bien parmi les sociétés israéliennes agissant aux Etats-Unis comme parmi les associations juives. Malgré la faiblesse du dollar face au shekel, le billet vert joue encore un rôle important dans l’économie israélienne, et c’est aussi la monnaie de réserve de la Banque d’Israël.

2,4 milliards de dollars en aide militaire

La coopération militaire israélo-américaine a pris de l’ampleur au début des années 90. Avec la suppression de l’aide économique l’année dernière, c’est l’aide militaire qui a été revalorisée. En 2009, les Etats-Unis verseront 2,4 milliards de dollars à Israël, une partie en matériel acheté auprès des entreprises américaines et une autre en liquide. Certes, ce sont surtout les industries américaines qui profitent de la coopération militaire en vendant leur matériel à l’armée israélienne; mais l’aide militaire représente aussi une ressource importante pour le budget d’Israël déjà bien lourd.

En contrepartie, les exportations militaires d’Israël vers les Etats-Unis augmentent chaque année: de nombreuses industries israéliennes, notamment dans le domaine de l’électronique civil et militaire, ont réussi à percer le marché américain, comme les Industries aéronautiques, Elbit, Rafael, etc.

620.000 touristes américains

Les Etats-Unis restent le principal fournisseur de touristes d’Israël. En 2008, ce sont 620.000 touristes américains qui sont venus passer leurs vacances en Israël, soit 21% du flux touristique vers Israël. C’est donc une importante source de revenu pour le secteur touristique israélien et une entrée de devises non négligeable pour les caisses de l’Etat.

CONCURRENCE, PRIVATISATION ET RESTRUCTURATION: ce sont les trois mots clés de la politique économique du gouvernement pour 2009 et 2010.

Lundi 1er juin 2009

Après la trêve de Shavouot, la Knesset reprend l’examen du budget pour 2009 et 2010.

Parmi les mesures économiques proposées par le gouvernement, les médias mettent l’accent sur les projets impopulaires comme l’imposition de la TVA sur les fruits et légumes ou la coupe dans les budgets sociaux.

Pourtant, d’autres projets devraient mériter l’attention de l’opinion publique. Trois expressions reviennent des dizaines de fois tout au long des 238 pages du livre du budget et de ses annexes: « accroissement de la concurrence », « privatisation » et « réformes structurelles ». Pour illustrer les mesures proposées, voici quelques exemples de ce qui va changer dans la vie des Israéliens après le vote du budget par la Knesset.

Des réformes structurelles

Sous cette expression ésotérique, se cache la réforme de trois grands secteurs publics: l’électricité, les ports et la propriété foncière.

La réforme de l’Electricité revient périodiquement à l’ordre du jour du gouvernement. Il est vrai que la Compagnie nationale d’Electricité est un géant de l’économie israélienne: 13.000 salariés, 70 milliards de shekels de chiffre d’affaires par an pour un endettement de 60 milliards de shekels. L’ambition des pouvoirs publics se résume en trois volets: ouverture du marché de l’électricité à des producteurs privés, démantèlement de la Compagnie nationale en plusieurs sociétés qui se spécialiseront chacune dans une seule activité (comme production, distribution ou gestion) et création d’une Autorité de contrôle destinée à coordonner les activités de tous les opérateurs du secteur de l’électricité.

Les activités portuaires seront aussi l’objet d’une restructuration. Israël est un petit pays dont 99% du commerce transitent par la mer. Pour améliorer le service donné aux utilisateurs des installations portuaires israéliennes, le gouvernement propose de vendre en bourse les parts de l’Etat dans les ports de Haïfa et d’Ashdod, de privatiser le port d’Eilat et de se désengager financièrement de toutes les activités portuaires du pays.

Troisième candidat à la restructuration: l’Administration foncière (“Israel Land Administration”) qui gère 93% des terres du pays. Jusqu’à aujourd’hui, l’Etat met les terrains à construire ou agricoles à disposition de l’utilisateur avec un bail de 49 ans renouvelable. Le gouvernement propose de transformer radicalement la gestion des terres publiques en supprimant le système actuel de location à long terme et en privatisant toutes les terres du pays. Les détracteurs de ce projet mettent en avant le risque de voir fleurir une spéculation foncière qui ne profitera qu’aux plus aisés.

Des privatisations

Parmi les privatisations proposées par le gouvernement, on trouve toute une panoplie de services publics:

L’intensification de la concurrence

Aucun domaine de la vie économique ne sera épargné par la concurrence: la santé, avec création d’une cinquième caisse de maladie à but lucratif, l’électricité avec l’ouverture du marché aux capitaux privés, la télévision avec davantage de bouquets de chaînes offerts aux téléspectateurs, l’importation libre de voitures étrangères, la téléphonie mobile, la distribution du gaz, etc.

Même des services publics traditionnels comme l’éducation primaire seront soumis à la concurrence: les parents auront le libre-choix de l’établissement scolaire pour leur enfant tandis que le budget accordé aux directeurs d’école par le ministère de l’Education variera selon le programme enseigné et le taux de réussite des élèves.

Si l’objectif visé par ces réformes est l’assouplissement des procédures et la réduction de la bureaucratie, on peut se demander si le consommateur en profitera réellement. Car, qui dit “concurrence”, dit “rentabilité”, ce qui n’est pas toujours synonyme avec qualité du service et bas prix.

PLAN DE RELANCE – Le gouvernement israélien va dépenser 2,5 milliards de shekels d’aides aux entreprises, soit 0,4% du PIB; cela suffira-t-il à créer 130.000 emplois?

Lundi 25 mai 2009

Le projet de budget pour 2009 et 2010 en discussion à la Knesset contient une panoplie d’aides aux entreprises.

Objectif: sortir l’industrie israélienne du marasme dans lequel elle se trouve, relancer les exportations, favoriser la construction et le tourisme. Avec, à la clé, la création de 130.000 emplois nouveaux.

A première vue, les mesures proposées paraissent bien étoffées. Qu’on en juge:

Seulement voilà: cette enveloppe budgétaire est moins épaisse qu’elle n’y parait. Les garanties d’Etat, les aides au financement des entreprises, les crédits de recherche, etc., ne sont souvent que de simples avances que les industriels devront rembourser. Quant aux travaux d’infrastructure annoncés (comme train, route et énergie), ils auraient eu lieu de toutes les façons…

Un calcul rapide montre que les véritables aides aux entreprises se monteront donc à 2,5 milliards de shekels environ, soit à peine 0,4% du PIB israélien. C’est trois à quatre fois moins que l’enveloppe budgétaire accordée aux entreprises en Allemagne, au Japon ou aux Etats-Unis.

Du reste, les banques israéliennes restent frileuses pour accorder des crédits aux PME en difficultés de trésorerie, même lorsque ces crédits sont garantis par l’Etat! Jusqu’à ce jour, le Patronat estime que 70% des demandes adressées au fonds de soutien aux PME ont été repoussées. Dans une interview au quotidien Globes, le directeur du Trésor vient de reconnaître que depuis le début de cette année, seulement 211 crédits avaient été autorisés à des PME israéliennes pour un montant de 67 millions de shekels!

Aujourd’hui, beaucoup d’économistes israéliens préconisent de doper la consommation des ménages plutôt que de miser sur l’aide aux entreprises. Or, en proposant de relever la TVA et d’abaisser la tranche maximale d’impôt sur le revenu, le gouvernement israélien pénalise les classes moyennes et pauvres.

Et faute de soutien au pouvoir d’achat des Israéliens les plus défavorisés, la consommation des ménages va stagner et les carnets de commandes des entreprises resteront vides.

CRISE ÉCONOMIQUE – RÉVÉLATIONS : DEUX LICENCIÉS SUR TROIS ONT RETROUVÉ UN EMPLOI; les secteurs qui embauchent: télécoms, distribution, santé, tourisme.

Lundi 18 mai 2009

Les chiffres de l’emploi que vient de publier l’Agence nationale pour l’Emploi révèlent un phénomène encourageant: malgré les licenciements, les embauches n’ont jamais cessé et certaines entreprises israéliennes peinent même à trouver le salarié au profil adéquat.

Durant les six derniers mois connus (d’octobre 2008 à mars 2009), les entreprises israéliennes ont licencié 92.000 salariés, soit près de 20.000 licenciements par mois. Or durant la même période, l’Agence pour l’Emploi révèle que 54.000 chômeurs ont retrouvé un emploi: autrement dit, ce sont bien 2 licenciés sur 3 qui ont réintégré le marché du travail.

Certes, les emplois créés depuis le début de la crise économique ne sont pas dans le high tech; ils sont surtout dans les services et ils sont faiblement rémunérés. Mais ils permettent aux licenciés de s’assurer un revenu minimal en attendant des jours meilleurs.

Dans ce contexte d’incertitude, quelles sont les entreprises qui prennent le “risque” d’embaucher? Il s’agit essentiellement des secteurs qui ont “profité” de la crise comme les télécoms, la distribution, la santé ou le tourisme.

Les télécoms

La crise économique n’empêche pas les Israéliens de regarder la télévision, de surfer sur Internet ou de faire usage de leur téléphone portable. Les fournisseurs d’accès et opérateurs israéliens n’ont pas interrompu leurs embauches. Ces jours-ci, par exemple, la chaîne de TV par satellite Yes recrute 5.000 techniciens dans tout le pays. De même, l’opérateur de téléphonie mobile Cellcom recherche 50 salariés pour ses services commerciaux et techniques.

La distribution

Les grandes chaînes de distribution continuent leurs programmes de développement. La chaîne “Eden Teva Market”, spécialisée dans les produits organiques et naturels, recrute 150 salariés (caissiers et chefs de rayon) dans le centre du pays, ainsi que pour ses deux nouveaux magasins qui viennent d’ouvrir à Ramat Gan et Ramat Hasharon. Chez Ikéa, on embauche 10 salariés pour le service logistique du dépôt de Netanya et la chaîne prépare le recrutement de 500 salariés pour son nouveau magasin à Rishon Letsion.

La santé

La pénurie de personnel médical et paramédical s’accentue en Israël. La demande de personnel ne concerne pas seulement les caisses de maladie ou les hôpitaux publics. Dans le privé aussi, on embauche: les réseaux de médecine d’urgence (comme “Shahal”) ou les centres de médecine esthétique (comme “Proportia”) embauchent des médecins, infirmiers, aides soignants. Les maisons de retraite aussi recrutent du personnel médical et des auxiliaires paramédicaux spécialisés en gérontologie.

Les services

Beaucoup de services, comme assurances, surveillance et gardiennage, poursuivent leurs programmes d’embauche. A l’approche de l’été, les services touristiques (hôtels, restaurants, musées) recrutent aussi du personnel saisonnier.

Certes, la plupart des embauches actuelles concernent des emplois intérimaires, instables et mal rémunérés. Mais un redémarrage de l’activité économique pourrait les transformer en emplois stables.

ISRAËL VISITE PAPALE – L’ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE VA PROFITER DE L’EFFET “PAPE”: TOURISME, HÔTELLERIE, RESTAURATION, ETC.

Lundi 11 mai 2009

Les cinq jours de la visite du pape Benoît XVI en Israël vont donner un coup de fouet à de nombreux secteurs de l’activité économique du pays.

On peut parler véritablement d’un « effet Pape »: tourisme, hôtellerie, restauration, rénovation des infrastructures, etc., autant de secteurs qui vont bénéficier d’un afflux de commandes et contrats, de quoi faire bondir le chiffre d’affaires de nombreux prestataires de services.

Certes, le gouvernement israélien a mis du temps pour lancer les préparatifs de cette visite historique. Finalement, le ministère du Tourisme a débloqué un budget de 43 millions de shekels pour préparer comme il se doit la réception du pape, soit 10 millions de dollars.

De nombreux hôtels affichent complet

Le principal bénéficiaire de la visite papale reste l’hôtellerie. Depuis longtemps, les hôtels israéliens situés sur le parcours de la visite papale affichent complets. A Jérusalem, Nazareth ou Tibériade, les Israéliens qui ont voulu réserver cette semaine un séjour dans un hôtel ont été priés de rester chez eux. A Jérusalem, les 6.700 chambres d’hôtel disponibles ont été réservées depuis plusieurs mois.

Et pour cause: pas moins 40.000 pèlerins sont attendus en Israël dans les jours qui viennent. Ils accompagneront le pape dans sa visite et en profiteront pour découvrir les lieux saints de la chrétienté. Selon certaines estimations, ils feront rentrer dans les caisses du tourisme israélien quelque 60 millions de dollars.

Des infrastructures ont été construites

A l’occasion de cette visite, les autorités israéliennes ont effectué des travaux de rénovation et de construction autour des lieux saints situés sur le parcours du pape. De nombreuses routes que devra emprunter le pape ont été refaites alors que des infrastructures spéciales ont été également mises en place à cette occasion.

A Nazareth, un amphithéâtre flambant neuf a été construit en un temps record. Il pourra accueillir 50.000 pèlerins qui assisteront à la messe papale. Les autorités israéliennes ont investi près de 6 millions de shekels pour le bon déroulement de la messe publique que le pape y célèbrera.

Des jobs ont été créés

A elle seule, la municipalité de Jérusalem a investi 7 millions de shekels dans la rénovation des routes, nettoyage des grands axes et services d’ordre. Elle a aussi installé un service de presse et recruté 40 étudiants qui seront charge des relations avec les 1.000 journalistes étrangers qui suivront la visite papale.

Le secteur de la sécurité aussi va bénéficier de la visite papale. Israël va déployer 80.000 personnels de sécurité, pour la protection du voyage du pape Benoît XVI: policiers, agents privés de surveillance, gardes-frontières, etc.

Des retombées à long terme

Pour exploiter au mieux cet « effet Pape », le ministère israélien du Tourisme a ouvert un site Internet consacré exclusivement à la visite du pape. Dans le cadre de la campagne qui a été lancée sous le slogan « un Pont pour la Paix », le site rassemble toutes les informations pertinentes concernant la visite papale. Disponible en sept langues, il met à la disposition des internautes les informations relatives aux sites chrétiens en Israël, les lieux de pèlerinage, les itinéraires conseillés et la liste des tour-opérateurs qui proposent des voyages en Israël.

Les autorités israéliennes estiment que les retombées économiques de la visite papale devraient se prolonger sur plusieurs mois, fournissant une véritable bouée d’oxygène au secteur du tourisme. C’est pourquoi, la campagne promotionnelle devrait se poursuivre encore six mois en Italie, en Espagne, en France, en Pologne, au Brésil et aux Etats-Unis.

ISRAËL LE BOUT DU TUNNEL ? L’économie israélienne montre les premiers signes d’atténuation de la récession: le chômage se stabilise, la production freine sa chute, les ventes au détail se redressent, etc.

4 mai 2009

Peut-on déjà parler d’une “éclaircie” de la situation économique en Israël? En tous cas, les derniers chiffres publiés par l’Institut de la Statistique permettent de déceler les premiers signes d’une stabilisation de l’économie israélienne.

Voici quelques signaux du premier trimestre 2009 qui laissent entrevoir un ralentissement de la récession, voire une stabilisation de la situation économique en Israël.

1. Le chômage se stabilise

En février dernier, et pour le deuxième mois consécutif, le taux de chômage est resté stable à 6,9% de la population active. Il s’agit de 205.000 chômeurs, contre 179.000 avant la crise. Ces chiffres signifient que la majorité des licenciés a fini par retrouver un emploi, même si ce n’est pas toujours dans leur profession et s’ils doivent accepter des salaires plus faibles.

2. La baisse de la production industrielle se ralentit

Durant les deux premiers mois de 2009, la production industrielle a baissé de 1,9% en rythme annuel. Ce n’est pas encore la reprise mais c’est un mieux par rapport à la chute brutale de 6% enregistrée durant les deux mois précédents. Si la production des industries traditionnelles s’est effondrée de 17,4% en janvier-février 2009, les industries de pointe se sont redressées avec une production qui a augmenté de 12,9% en glissement annuel.

3. Les ventes au détail se redressent

La consommation des ménages israéliens semble résister à la morosité. Au premier trimestre de 2009, les ventes réalisées par les chaînes de distribution ont augmenté de 2,3% à prix constant et en glissement annuel. Au dernier trimestre de 2008, les chaînes de distribution avaient enregistré une baisse de 0,9% de leur chiffre d’affaires. Selon l’Institut de la Statistique, les achats de produits manufacturés se sont mieux tenus que les achats de produits alimentaires.

4. La crise du logement s’atténue

La vente de logements neufs s’est contractée de 16% au premier trimestre de 2009. Mais à y voir de plus près, la mévente semble se stabiliser: au mois de mars dernier, ce sont 1.143 logement neufs qui ont été vendus, soit 6% de mieux que le mois précédent en rythme annuel. C’est la première hausse de vente de logements neufs enregistrée depuis le début de la crise financière en septembre dernier.

5. Les prix au détail ont cessé leur baisse

Au premier trimestre de 2009, l’indice des prix à la consommation a progressé de 1,6% en rythme annuel (contre +0,8% seulement au dernier trimestre de 2008). La reprise des prix de détail confirme que la consommation des ménages se redresse.

Certes, il ne s’agit là que de signes avant-coureurs de reprise; en aucun cas, on ne peut en conclure à un redémarrage généralisé de l’activité économique. Il faudra attendre encore quelques mois pour savoir si cette tendance à la stabilisation se confirme.

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