Jacques Bendelac
Les Pages Economiques de Jacques Bendelac
Jacques Bendelac est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem. Il a enseigné l’économie dans les universités françaises et israéliennes. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont « Israël à crédit », « L’Economie palestinienne », « La Nouvelle Société israélienne ». Ses recherches actuelles portent sur la société civile en Israël. Dernier ouvrage publié : « Les Arabes d’Israël » (Ed. Autrement, Paris, 2008).
SPÉCIAL RENTRÉE – UNE CHRONOLOGIE DES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS ÉCONOMIQUES QUI ONT JALONNÉ L’ÉTÉ ISRAÉLIEN: banque, immigration, pétrole, chômage, grève, canicule, etc.
Mercredi 1er septembre 2010
Il n’y aura pas eu de grandes vacances pour l’économie israélienne; les événements se sont succédés à un rythme soutenu, obligeant le gouvernement à travailler malgré la canicule de l’été. Pour le lecteur d’IsraelValley qui rentre de vacances, nous avons préparé une chronologie des principaux événements économiques qui ont jalonné les mois de juillet et août; de quoi lui permettre de reprendre le fil de l’actualité en douceur.
Juillet 2010
4 juillet : le Conseil des Ministres enterre la revalorisation du salaire minimum réclamée par les Travaillistes. Environ 700.000 salariés israéliens, qui sont rémunérés au salaire minimum, continueront de percevoir 3.850 shekels par mois (780 euros).
15 juillet : après 12 jours de grève, les salariés de la First International Bank reprennent le travail. La menace des clients de solder leurs comptes a fait plier le syndicat de la banque.
16 juillet : après une réunion marathon de 36 heures, le gouvernement adopte le budget bisannuel pour 2011 et 2012. Les dépenses militaires seront taillées de 2,7 milliards de shekels, les dépenses courantes seront amputées de 3%.
21 juillet : les députés israéliens adoptent une loi interdisant la vente d’alcool entre 23h et 06h. Les commerçants contrevenants seront passibles d’une amende de 9.000 shekels (1.800 euros).
22 juillet : les vacances parlementaires débutent pour les 120 députés israéliens. Pendant prés de trois mois (jusqu’au 10 octobre), ils seront payés à ne rien faire.
22 juillet : la Banque Leumi se donne un nouveau président. David Brodet succède à Eitan Raf à la tête de la grande banque israélienne; ancien directeur général du Trésor, Mr. Brodet percevra un salaire mensuel brut de 130.000 shekels (26.000 euros) pendant les trois ans de son mandat.
27 juillet : la « bulle immobilière » continue d’inquiéter le gouverneur Stanley Fischer. La Banque d’Israël relève son taux d’intérêt directeur de 0,25 point à 1,75% pour freiner l’envolée des prix de l’immobilier.
30 juillet : encore une nouvelle start-up de Tel-Aviv qui passe donc dans les mains d’IBM. L’américain IBM fait l’acquisition de la start-up israélienne Storwize, spécialiste de la compression de données, pour 140 millions de dollars.
Août 2010
1-2 août : le sort des 1.200 enfants d’immigrés en situation illégale en Israel est tranché en Conseil des Ministres. 800 d’entre eux seront régularisés et 400 seront expulsés.
5 août : les incendies dans les champs de blé en Russie se répercutent aussi en Israël. Le prix du pain augmente de 3,5% pour compenser l’envolée du prix de la farine.
9 août : les députés interrompent leur vacances et rentrent précipitamment à Jérusalem pour participer à une session extraordinaire de la Knesset. A l’ordre du jour, deux sujets « urgents »: l’expulsion de 400 enfants d’immigrés clandestins et le non-recrutement des ultraorthodoxes à Tsahal. Après quatre heures de débats, les députés reprendront le cours normal de leurs vacances.
8 août : le satellite “Amos 5i” est à court de carburant. Une panne sèche imprévue va obliger le satellite israélien à interrompre sa mission dans l’espace plus tôt que prévue. L’Agence spatiale recherche une solution provisoire jusqu’au lancement dans l’espace du prochain “Amos” en juin 2011.
10 août : le Trésor accorde sa garantie financière à des investisseurs privés pour la construction des centrales électriques. La garantie, à hauteur de 7 milliards de shekels, prendra fin en décembre 2011.
15 août : bonne surprise sur le front de l’inflation. L’indice des prix à la consommation n’a augmenté que d’un petit 0,5% en juillet.
15 août : les ministères des la Défense et des Finances se mettent d’accord sur la retraite des militaires de carrière. L’âge de la retraite sera relevé à 50 ans d’ici à 2029, contre 45 ans aujourd’hui.
18 août : la société de prospection pétrolière Givot Olam Oil Ltd annonce à la Bourse de Tel Aviv avoir découvert dans le centre du pays, près de Rosh Haayin, un puits contenant 1,5 milliard de barils de pétrole brut.
15 août : Tsahal paiera 2,75 milliards de dollars aux Etats-Unis pour l’achat de 20 chasseurs furtifs F-35, considérés comme les plus performants du monde.
22 août : le Trésor annule la concession accordée, il y a 4 ans, au consortium MTS pour la construction du métro de Tel Aviv. Motif: le consortium privé n’a pas réussi à lever les fonds nécessaires pour financer le chantier.
22 août : le gouvernement israélien avalise l’entrée d’Israël dans l’OCDE; l’adhésion d’Israël deviendra officielle après l’approbation de la Knesset.
25 août : la Banque Hapoalim annonce des profits records pour 2010. Au cours des six premiers mois de l’année, la banque a réalisé 1 milliard de shekels (200 millions d’euros) de bénéfice net, soit 130% de plus que l’année précédente.
31 août : le chômage est tombé à 6,2% de la population active au mois de juin, soit son niveau le plus bas depuis novembre 2008, c’est-à-dire avant le déclenchement de la crise mondiale.
1er septembre : ouf ! De mémoire de météorologue israélien, le mois d’août n’aura jamais été aussi chaud. La canicule s’est traduite par une consommation record d’électricité proche de 11.500 mégawatts, qui est la capacité maximale d’Israël.
ISRAËL SPÉCIAL VACANCES – PORTRAIT DE L’ISRAÉLIEN EN VACANCES: voyages, loisirs, gastronomie, congés annuels, etc.
Lundi 5 juillet 2010
Les Israéliens sont nombreux à céder à la tentation des « vacances » à la française: de plus en plus d’entreprises ferment une partie du mois d’août, les Israéliens se tassent sur les plages, les vacances se rallongent, etc. Certes, les Israéliens sont encore loin des Français, considérés comme les plus grands vacanciers au monde; mais ils adorent changer d’air, même pour une courte durée. Portrait.
Destinations
1. L’Israélien en vacances aime partir, de préférence à l’étranger: 1 Israélien sur 3 passe ses vacances à l’étranger. En 2009, ils étaient 2,5 millions d’Israéliens à être sortis du pays au moins une fois.
2. Beaucoup d’Israéliens ne se contentent plus d’un séjour par an à l’étranger: 1 Israélien sur 10 effectue un voyage à l’étranger deux fois par an ou plus.
3. Durant les mois d’été, l’Israélien voyage à l’étranger en famille: les enfants de moins de 14 ans représentent 17% des Israéliens qui se déplacent à l’étranger en juillet et août.
4. L’Israélien attend l’été pour partir à l’étranger: un tiers des départs annuels pour l’étranger a lieu durant les mois de juillet et d’août.
5. L’Israélien préfère l’avion pour partir à l’étranger: 85% des touristes israéliens quittent leur pays par voie aérienne, 12% par voie terrestre et 3% par la mer.
6. La Turquie ne fait plus partie des destinations préférées de l’Israélien; cette année, les pays visités par le plus grand nombre d’Israéliens seront les Etats-Unis, la France, l’Italie, l’Allemagne et la Grèce.
7. L’Israélien aime visiter des pays étrangers mais il se languit vite de son pays: un tiers des touristes israéliens ne reste que 4 jours à l’étranger et un autre tiers entre 5 et 9 jours. Seulement un tiers d’entre eux prolonge leur séjour à l’étranger au delà de 10 jours.
8. L’Israélien consacre en moyenne 800 dollars pour son séjour à l’étranger; c’est moins que la somme dépensée en Israël par le touriste français (1.000 $) ou américain (1.800 $).
Loisirs
9. L’Israélien en vacances découvre le plaisir des croisières; en 2010, environ 130.000 Israéliens vont embarquer à Haïfa ou Ashdod pour quelques jours d’une croisière qui les conduira en Grèce, Italie ou Espagne.
10. L’Israélien aime passer une bonne partie de son temps libre devant son écran de télévision. En vacances aussi, il va en profiter: en moyenne, il passe en moyenne 3 heures et 44 minutes par jour devant sa TV, soit bien plus que la moyenne mondiale.
11. L’Israélien en vacances raffole de festivals en tous genres: musique, danse, cinéma, théâtre, poésie, nature, folklore, spectacles de rue, etc., tous les événements culturels sont bons pour doper la fréquentation hôtelière et accroître la manne touristique.
12. L’Israélien en vacances aime pratiquer le tourisme « ludique »; les parcs à thème comme “MiniIsrael” (près de Jérusalem), “Kings City” (à Eilat) ou le parc aquatique de Nahshonit, arrivent au hit-parade des sites les plus fréquentés.
13. L’Israélien en vacances s’adonne aux plaisirs de la navigation: 65.000 Israéliens détiennent un permis-bateau. Les Israéliens sont propriétaires de 6.600 véhicules nautiques à moteur (motos des mers, scooters, etc.), de 9.500 voiliers et bateaux à moteur, ainsi que de 2.600 bateaux de plaisance longs de plus de sept mètres.
Gastronomie
14. L’Israélien en vacances adore déguster de la pastèque: il en mange sans compter sur la plage, à la piscine, en pique-nique, etc. Chaque année, un Israélien dévore près de 30 kg de pastèque, ce qui en fait un des plus forts consommateurs au monde.
15. L’Israélien en vacances supporte la canicule en consommant des glaces: avec une consommation de 8 litres de glace par tête, les Israéliens arrivent devant les Français (6 litres) mais ils arrivent loin derrière les Américains (20 litres). En Israël, une particularité: la moitié de la consommation annuelle de glace est absorbée durant les mois de juillet et août.
16. L’Israélien en vacances n’hésite pas à s’adonner aux plaisirs culinaires, en joignant l’utile à l’agréable: il confectionne du chocolat dans les ateliers de la “Ferme de chocolat” au kibboutz Degania, il participe à la cueillette des cerises sur le Golan, il fréquente les restaurants bios, etc.
17. L’Israélien en vacances aime se faire servir: il choisit de préférence les séjours touristiques en formule “tout compris” où il pourra boire et manger à volonté, tout en se plaignant de la qualité moyenne des repas.
Congés annuels
18. L’Israélien jalouse le Français pour la durée de ses congés annuels: il dispose seulement de 10 jours à 22 jours ouvrables de congés par an, selon son ancienneté chez le même employeur. Bien sûr, c’est sans compter sur les nombreux jours fériés du calendrier juif.
19. La tendance aux congés collectifs se développe: selon une enquête du patronat israélien, 1 entreprise industrielle sur 5 va fermer au cours de cet été, pour un congé annuel collectif.
20. Pour financer une partie de ses vacances, le salarié israélien attend le début du mois de juillet pour encaisser sa prime annuelle de vacances. En 2010, la prime varie entre 2.800 et 4.900 shekels (de 580 à 1.000 euros), selon l’ancienneté du salarié. Cette prime s’ajoute aux journées de congés payés auxquelles a droit le salarié.
CONSOMMATION – TÉLÉPHONIE, BANQUE, DISTRIBUTION: le consommateur israélien est l’otage de cartels qui entravent la concurrence et imposent des prix élevés.
Lundi 28 juin 2010
La Knesset discutera cette semaine d’un projet de loi visant à plafonner les frais de gestion prélevés par les fonds de retraite. Comment en est-on arrivé là? Il se trouve que, contrairement aux déclarations du gouvernement israélien, l’économie israélienne n’est pas vraiment concurrentielle. D’autant plus que l’Etat ne joue pas son rôle de régulateur pour réprimer les entraves à la concurrence. Résultat: le consommateur paie plus cher qu’ailleurs dans le monde pour téléphoner ou gérer son épargne de retraite.
L’Etat ne remplit plus sa fonction de régulateur
La concurrence est le principal credo économique de l’actuel gouvernement israélien. Le raisonnement est simple: les commerçants se disputent le consommateur en baissant leurs prix et toute l’activité économique en profite. Voila pour la théorie. En pratique, c’est l’inverse qui s’est produit: les privatisations et le retrait de l’Etat ont renforcé les cartels, freiné la concurrence et tiré les prix à la hausse. L’Etat ne joue plus son rôle de régulateur et des secteurs entiers sont tombés sous la coupe de cartels qui dictent leur prix aux consommateurs: banque, téléphonie, distribution, etc.
Sous prétexte de ne pas entraver l’initiative privée, l’Etat se refuse à intervenir, même lorsque le consommateur doit en payer le prix. Seule l’intervention d’un député finit par obliger l’Etat à remplir son rôle de régulateur pour protéger le consommateur. Les exemples récents sont nombreux: les frais bancaires exorbitants, les hauts-salaires des patrons, les produits alimentaires distribués par les grandes surfaces, le tarif des téléphones portables, etc.
Les frais de gestion ont fait un bond de 70% en quatre ans
Cette semaine, la Knesset discutera d’un projet de loi déposé par le député Amnon Cohen (Shas): ce dernier propose de fixer à 0,25% le taux maximal des frais de gestion prélevés par les caisses de retraite. Sans l’accord du gouvernement, cette proposition a peu de chance de recueillir la majorité des parlementaires. Mais elle a le mérite d’ouvrir un débat public qui concerne l’ensemble des épargnants israéliens.
En 2004, la privatisation des caisses de retraite devait ouvrir une ère nouvelle aux futurs retraités israéliens; désormais, la concurrence entre les fonds de retraite fera baisser les frais de gestion. Or, c’est le contraire qui s’est produit: au cours des cinq dernières années, les frais ont fait un bond de 70%! Aujourd’hui, les frais de gestion moyens sont de 1,1% pour les fonds d’épargne à long terme, de 1,2% pour l’épargne d’assurance-vie; pour les nouvelles caisses de retraite, les frais s’élèvent à 0,4% des fonds gérés.
Dorénavant, le ministère israélien des Finances devra choisir son camp: soit protéger l’épargne des Israéliens, soit favoriser le secteur de la finance qui n’hésite pas à utiliser des moyens illégaux (entente sur les prix, entrave à la concurrence) pour accroître ses profits.
Les opérateurs de téléphone mobile font de gros profits
La téléphonie est un autre domaine où il est difficile d’affirmer que la concurrence profite au consommateur. Aujourd’hui, quatre operateurs de téléphone mobile se partagent un marché de 9 millions d’Israéliens (particuliers et entreprises). Mais les entraves à la concurrence sont nombreuses: complexité des tarifs, difficultés de résiliation d’un contrat, fortes amendes en cas de changement d’opérateur, surtarification entre deux opérateurs différents, etc.
Au cours de la dernière décennie, pas moins de 8 ministres des Communications se sont succédé à Jérusalem; c’est dire la difficulté de définir une politique cohérente sur le long terme. Entretemps, les compagnies s’enrichissent sur le dos de leur clientèle: en 2009, les quatre opérateurs de téléphone mobile ont réalisé un profit net d’environ 5 milliards de shekels (1 milliard d’euros) pour un chiffre d’affaires de 18 milliards de shekels (3,5 milliards €). Pour renforcer la concurrence, le gouvernement actuel voudrait forcer les opérateurs à abaisser les tarifs et ouvrir le marché à de nouveaux opérateurs. Les opérateurs actuels s’y opposent, et on comprend pourquoi.
ÉNERGIE – LA TENSION AVEC LA TURQUIE POURRAIT REMETTRE EN CAUSE L’APPROVISIONNEMENT PÉTROLIER D’ISRAËL: 80% du pétrole brut importé par Israël transitent par le territoire turc.
Lundi 21 juin 2010
La tension persistante entre la Turquie et Israël pourrait prendre une nouvelle dimension. En effet, les relations entre les deux pays ne se limitent pas à des échanges commerciaux ou à une coopération militaire et industrielle. Depuis quelques années, la majorité de l’approvisionnement en pétrole d’Israël transite par le sol turc: ce qui constitue pour le gouvernement d’Ankara un moyen de pression économique sur Israël. Dorénavant, la menace turque de baisser le niveau de ses rapports diplomatiques avec Israël devra être prise au sérieux par le gouvernement de Jérusalem.
80% des approvisionnements pétroliers d’Israël
Une enquête publiée par le quotidien de l’économie Globes confirme qu’Israël est particulièrement dépendant de la Turquie pour son approvisionnement pétrolier. Il se trouve qu’environ 80% du pétrole brut importé par Israël transitent par le territoire turc. Il s’agit du pétrole qu’Israël achète à l’Azerbaïdjan et à la Russie. Le pétrole brut est transporté en Israël au départ de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, par l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (oléoduc BTC), depuis les champs pétrolifères de la mer Caspienne jusqu’à la côte méditerranéenne turque. Par ailleurs, les pétroliers passent le détroit du Bosphore reliant la Mer noire et la mer de Marmara, pour rejoindre la Méditerranée. Autrement dit, les Turcs détiennent le contrôle de l’approvisionnement pétrolier d’Israël.
Si les Turcs ne permettaient plus à Israël de faire transiter le pétrole russe ou azerbaïdjanais par leur territoire, le gouvernement israélien devra trouver d’autres sources d’approvisionnement pour faire fonctionner ses centrales électriques. Or, les autres marchés pétroliers d’Europe centrale, Afrique ou Amérique, sont plus éloignés d’Israël; le renchérissement du coût du transport aurait des répercussions immédiates sur l’économie israélienne.
Accord stratégique pour la production d’électricité
Autre accord bilatéral dans le domaine de l’énergie et qui pourrait être remis en cause par la Turquie: depuis 2004, l’entreprise turque Zorlu Elektrik Uretim possède 25% du capital de la société israélienne privée Dorad Energy spécialisée dans la production d’électricité. Or, Dorad a conclu un accord avec le ministère israélien de la Défense pour fournir de l’électricité à Tsahal. Et le turc Zorlu s’est engagé à garantir le bon fonctionnement de la future station électrique pendant une durée de 25 ans. C’est la raison pour laquelle cet accord a été déclaré « stratégique » par les autorités israéliennes.
Pour l’instant, le projet impliquant une entreprise turque n’a pas encore réuni les capitaux nécessaires qui sont estimés à 1 milliard de dollars. Les difficultés financières, associées à la tension turco-israélienne, pourraient entrainer l’annulation de ce projet commun avant qu’il ne voit le jour.
L’OCDE au secours d’Israël
Par ailleurs, Israël et la Turquie sont liés par des accords internationaux qui interdisent le boycott mutuel. C’est ainsi que selon la convention de l’OCDE, les 34 pays membres de l’organisation doivent entretenir des relations économiques normales entre elles; autrement dit, le boycott doit être banni. Or la Turquie comme Israël font partie de l’OCDE, et ils sont donc tenus d’en respecter les règles.
Sur le plan commercial, le gel des relations sera d’autant plus difficile à appliquer que les échanges sont importants. En 2009, les échanges bilatéraux ont représenté 2,5 milliards de dollars et ils ont progressé de 24% au cours du premier trimestre de 2010. Au delà des échanges commerciaux, de grands groupes industriels et bancaires israéliens sont implantés en Turquie, directement ou en partenariat avec un investisseur local, comme Teva, Netafim, Iskar, Radware, Holga ou la banque Hapoalim.
Reste les projets de coopération bilatéraux qui sont tributaires de la bonne volonté des gouvernements. Il y a quelques jours, le gouvernement turc avait gelé deux grands projets: la construction du gazoduc Blue Stream-II censé acheminer le gaz russe vers le Proche-Orient, et le projet d’acheminement d’eau potable depuis la rivière turque Manavgat vers Israël. Cette semaine, on apprenait aussi que le gouvernement turc aurait gelé tous les accords militaires entre les deux pays. Selon la presse d’Ankara, le gel concerne notamment la vente à la Turquie de 1.000 tanks Merkava, la formation de pilotes turcs ainsi que les essais de l’armée de l’air israélienne dans l’espace aérien turc. Par ailleurs, Israël serait exclu d’appels d’offre à venir, comme l’achat par la Turquie de missiles pour un montant estimé à 1,5 milliard de dollars.
L’ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE EST-ELLE PRÉPARÉE À AFFRONTER UN BOYCOTT GÉNÉRALISÉ? Les secteurs menacés sont nombreux: finances, commerce, immobilier, tourisme, etc.
Lundi 14 juin 2010
Les menaces de boycott de l’économie israélienne se précisent. Ce qui a commencé comme un incident diplomatique avec la Turquie, ou comme un acte de protestation de l’Autorité palestinienne, s’étend aux quatre coins du monde: associations, syndicats et universitaires, lancent à leurs concitoyens des appels à ne pas acheter les produits made in Israel, voire à rompre toute relation économique avec l’Etat juif. L’économie israélienne doit-elle redouter un tel boycott? Ou bien, au contraire, les intérêts économiques seront-ils plus forts que toute menace politique? Une chose est sûre: Israël doit prendre au sérieux les appels au boycott, même si par le passé, de telles menaces n’ont jamais fait leur preuve.
De la finance au cinéma
En réponse au blocus de la bande de Gaza imposé par Israël, la liste des pays qui appellent au boycott d’Israël s’allonge: Français, Norvégiens, Italiens et Suédois (pour n’en citer que quelques uns) sont appelés à boycotter les produits israéliens. Le boycott ne se limite plus aux oranges et avocats commercialisés dans les supermarchés européens. Désormais, il concerne des activités multiples et variées; la finances, le tourisme, l’immobilier, etc. En Suède, un fonds de retraite vend son paquet d’actions de la société Elbit; en Allemagne aussi, la Deutsch Bank s’est débarrassée de ses participations dans Elbit. En Italie et en France, des supermarchés italiens retirent de ses étagères des produits israéliens. Dorénavant, les appels au boycott dépassent même les activités économiques: ils s’étendent aussi aux sports, au cinéma, à la chanson, etc.
Certes, les appels au boycott sont l’initiative d’associations, syndicats et universitaires, et non pas de gouvernements, à l’exception de la Turquie et du presqu’Etat de Palestine. Les traités internationaux, auxquels Israël a adhéré, interdisent à un pays d’imposer des mesures de boycott sur un autre; l’adhésion à l’OCDE, qui prône la libre-circulation des marchandises, et les accords d’association avec l’Europe devraient permettre à Israël d’éviter un embargo officiel.
La menace de boycott comme opportunité économique
On ne peut pas négliger les retombées économiques négatives d’un boycott généralisé. Pour une économie qui, en 2009, a exporté le quart de sa production nationale (PIB), la fermeture de débouchés extérieurs pourrait être fatale. De même, l’approvisionnement de matières premières pourrait être perturbé par un embargo international; néanmoins, les récentes découvertes de gaz et de pétrole vont rendre l’économie israélienne plus indépendante pour ses approvisionnements énergétiques. Quant aux investissements étrangers, ils sont également sensibles à la situation sécuritaire qui prévaut en Israël.
Certes, le boycott finit par peser sur l’économie israélienne. Mais pour certains économistes israéliens, Israël pourrait tirer parti d’un boycott généralisé. Il est vrai qu’Israël a déjà fait face à des appels au boycott beaucoup plus massif et durant des périodes de son histoire plus délicates pour sa survie. L’exemple le plus significatif est celui de l’embargo sur les fournitures françaises déclaré par la France en 1967; Israël a alors décidé de fabriquer lui-même ce que les autres nations ne voulaient plus lui fournir. L’Etat juif s’est constitué une industrie militaire de pointe, qui a entrainé à son tour la création d’un tissu industriel de PME agissant aussi bien comme sous-traitant à l’industrie militaire que comme relais pour reconvertir les technologies militaires au secteur civil.
Buycott contre Boycott
Pour l’heure, l’exemple de la Turquie semble indiquer que les intérêts économiques sont plus forts que toute menace politique. Certes, Ankara a annoncé la suspension de tous ses projets d’infrastructure en partenariat avec Israël; des hommes d’affaires turcs annulent des réunions avec leurs partenaires israéliens; le tourisme entre les deux pays s’est interrompu, etc. Mais les intérêts communs sont plus résistants que la pression politique. Selon l’Institut israélien d’Exportation, environ 900 grandes sociétés israéliennes sont actuellement implantées en Turquie, principalement dans la chimie, l’industrie pharmaceutique, les fournitures médicales, les logiciels et les communications, sans oublier bien sûr les divers prestataires dans le domaine de la défense. Ce tissu de partenariats et d’échanges commerciaux devrait se poursuivre, même dans la discrétion.
Face aux appels à boycotter les produits israéliens, un contre-courant de « buycott » se développe et prospère, notamment en Amérique du Nord; au Canada en particulier, des associations incitent les consommateurs à acheter de préférences des produits en provenance de l’Etat juif. En fait, Israël dispose d’un argument convaincant: si les consommateurs étrangers décident de boycotter massivement les produits israéliens, ils devront carrément changer leur mode de vie: aujourd’hui, il est difficile de trouver dans le monde un téléphone cellulaire, un ordinateur portable ou instrument médical dont une de ses composantes ne sorte pas d’une usine israélienne.
SPÉCIAL MONDIAL 2010 – SPORT ET ÉCONOMIE EN ISRAËL: certaines entreprises lutteront contre l’absentéisme de leurs salariés, d’autres stimuleront leurs ventes.
Lundi 7 juin 2010
L’édition 2010 de La Coupe du monde de football se déroulera du 11 juin au 11 juillet prochain en Afrique du Sud. Si les amateurs de football attendent l’événement avec impatience, les entreprises israéliennes sont partagées: certaines redoutent que leurs activités ne tournent au ralenti pendant un mois, d’autres profiteront de l’événement pour doper leurs ventes.
Business et plaisir
Les rencontres du Mondial sont programmées à partir de 14h30, soit bien avant la fin de la journée de travail. Comme Israël et l’Afrique du Sud sont situés sur le même fuseau horaire, les entreprises israéliennes se préparent à lutter contre l’absentéisme de leurs salariés. Pour éviter une désorganisation totale de leur production, certains patrons autoriseront leurs salariés à rentrer chez eux plus tôt, voire à prendre carrément un mois de congé; d’autres assoupliront les heures de travail de leur société pour limiter la baisse de productivité.
Dans leur grande majorité, les entreprises israéliennes permettront à leurs salariés de voir les matchs de l’après-midi sur le lieu même de leur travail. Chez Bitouah Yashir (assurance), on a installé un écran géant sur le toit de la société pour permettre aux 1.000 salariés de voir le match de leur choix. Même solution chez Orian (logistique), qui offrira aussi un barbecue à ses 400 salariés qui assisteront aux matchs depuis leur bureau. Parmi les autres entreprises qui ont annoncé avoir fait l’acquisition d’écrans géants pour leurs salariés, on trouve aussi Matrix (informatique) qui promet de gâter ses 6.000 salariés par des collations. Chez Eurocom (électronique), les 200 salariés seront accueillis dans la salle de réunion transformée en salle de télévision et équipée de fauteuils de relaxation. Dans tous les cas, les salariés recevront leur salaire complet, même s’ils ont assisté à un match pendant les heures de travail.
D’autres patrons préfèreront libérer leurs salariés plus tôt que de les retenir au travail. Nicoletti (importateur de meubles) a annoncé à ses 30 salariés qu’ils pourront rentrer chez eux pour soutenir leurs équipes préférées. La maison d’investissement Borenstein a accordé un congé spécial à ses salariés qui ont décidé de se rendre en Afrique du Sud.
Le créneau masculin
Depuis plusieurs semaines, le Mondial dope en Israël les ventes de produits destinés au public masculin. En effet, l’Homme est devenu une cible pour les commerçants: un récent sondage réalisé par l’Institut Brown-Millward a montré que 69% des hommes israéliens (contre 27% des femmes) regarderont un ou plusieurs matchs. Autrement dit, il s’agit d’un marché d’environ 1 million d’hommes que se partageront les commerçants spécialisés dans la vente d’articles liés à la Coupe du monde de football.
Depuis quelques semaines, c’est surtout le marché de téléviseurs qui est en ébullition: les ventes de TV grand écran, à écran plat, LCD, plasma et HD, ont fait un bond depuis plusieurs semaines. Pour le consommateur, c’est aussi une période propice pour remplacer son vieux téléviseur puisque la concurrence tire les prix à la baisse. Même ruée sur les autres articles courants que les Israéliens vont consommer plus spécialement durant les matchs; les supermarchés réapprovisionnent leurs stocks de boissons, alcools, alimentation rapide, confiserie, etc.
Par ailleurs, et pour la première fois en Israël, un « Salon masculin » sera organisé au parc des Expositions à Tel Aviv durant le mois de juin. Il s’étendra sur 20.000 mètres carrés pour un investissement de 5 millions de shekels (1 million d’euros). Il regroupera tout ce qui peut se vendre à un public masculin et dans tous les domaines: gadgets, mode, équipements sportifs, bijoux, etc. L’entrée du salon sera payante pour les hommes mais gratuite pour les femmes.
LA POLITIQUE DE PRESTIGE DE B. NETANYAHOU NE RÉSOUDRA PAS LES PROBLÈMES ÉCONOMIQUES INTÉRIEURS. Les dossiers qui attendent le Premier ministre: le relèvement du salaire minimum, le plafonnement des hauts salaires, etc.
Lundi 31 mai 2010
Le premier ministre Benyamin Netanyahou ne cachait pas sa satisfaction à Paris à l’occasion de l’entrée d’Israël dans l’OCDE. Il a même déclaré qu’il ne s’arrêterait pas en si bonne voie: son objectif suivant est de faire intégrer Israël au Groupe des 20 (ou G20) qui regroupe les vingt grandes puissances économiques du monde. Son périple de huit jours en Europe et Amérique du nord lui aura permis de rencontrer de grands chefs d’Etat: Sarkozy, Berlusconi, Obama, etc. En optant résolument pour une politique de prestige, le Premier ministre israélien estime qu’il lui sera plus facile de résoudre certains problèmes intérieurs. Or, rien n’est moins sûr. A son retour, de grands dossiers économiques l’attendront.
Après l’OCDE, le G20 ?
Pourquoi le G20 semble attirer aujourd’hui Benyamin Netanyahou? Tout d’abord, parce qu’il s’agit du groupe des 20 premières puissances économiques. Le Groupe des 20 est un forum économique qui a été créé en 1999, après la succession de crises financières dans les années 90. Il vise à favoriser la concertation internationale, en tenant compte du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Les membres du G20 sont les suivants, par ordre alphabétique: Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine,Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, Union européenne.
Le raisonnement de Benyamin Netanyahou est logique: si la Turquie et l’Arabie Saoudite sont membres du G20, pourquoi Israël resterait-il à l’écart? Pour beaucoup d’observateurs, la réponse semble pourtant simple: pour la même raison que des pays comme l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Suède ou la Suisse n’ont pas été retenus, bien que leur PIB soient relativement importants. Et pour cause: ces pays ont compris que le prestige international a parfois un coût supérieur aux avantages qu’il procure.
Les travailleurs pauvres attendent
La stratégie à long terme du Premier ministre Netanyahou, qui vise à entrer dans la cour des puissants en adoptant une politique de prestige, ne résoudra pas tous les maux de l’économie israélienne. Comme l’OCDE, le G20 est un forum qui n’a pour seule raison d’être que le prestige qu’il fournit à ses membres. Est-ce suffisant pour affronter les difficultés de l’économie israélienne et favoriser le bien-être de sa population? Sans doute que non.
En rentrant de son périple en Europe et Amérique du Nord, le premier ministre israélien devra trancher des questions économiques qu’aucun prestige international ne résoudra à sa place. Les dossiers économiques et sociaux qu’il devra trancher à Jérusalem sont nombreux et parfois épineux: le relèvement du salaire minimum que les travailleurs pauvres attendent, le plafonnement des hauts salaires que les patrons redoutent, le retard des infrastructures qui restent à la traîne, etc.
Le « triangle » vertueux
C’est à Paris que le Premier ministre Netanyahou a annoncé ses orientations économiques pour les années à venir. Il a rappelé aux journalistes ce qu’il considère comme le « triangle de la croissance »: les infrastructures de transport, les terrains à construire et la planification urbaine. Il a répété à ses proches collaborateurs que ses priorités géographiques sont la Galilée et le Néguev, et qu’il œuvrera pour un axe routier qui mettra « Tibériade à 20 minutes de Haïfa ».
Lors de ses différentes allocutions prononcées dans la capitale française, Benyamin Netanyahou est revenu sur un des dossiers qu’il traitera dès son retour à Jérusalem: la forte concentration qui caractérise le secteur privé. Il s’attachera à lutter contre l’influence des grandes familles qui contrôlent la moitié de l’économie israélienne et qui faussent la concurrence. Il s’est notamment prononcé pour une législation qui interdirait aux entreprises industrielles de prendre des participations dans le secteur bancaire.
1 EURO = 1 DOLLAR ? Un euro bas n’a pas que des inconvénients pour l’économie israélienne.
Lundi 24 mai 2010
« L’euro atteindra la parité avec le dollar au premier trimestre 2011 »: ces prévisions que vient de dévoiler la banque BNP Paribas ne laissent pas les économistes israéliens indifférents. En Israël aussi, la parité totale de l’euro et du dollar est un scénario qui est envisagé sérieusement. Pour l’économie israélienne, la baisse de l’euro n’a pas que des inconvénients: c’est peut-être mauvais pour les exportations et les industriels, mais c’est bon pour les importations et les consommateurs.
L’occasion de diversifier les débouchés extérieurs
Le cours élevé du shekel face à un euro faible pénalise les exportateurs israéliens: la contrepartie qu’ils perçoivent en shekels de leurs fournitures aux pays européens diminue. Pour compenser la dévaluation de l’euro qui a perdu 20% de sa valeur en quelques semaines, les industriels israéliens doivent se tourner vers de nouveaux marchés pour écouler leurs produits, essentiellement en Asie et Amérique latine. En 2009, les exportations israéliennes sont encore concentrées vers les Etats-Unis (35%) et l’Europe (26%); l’Asie (20%) et le reste du monde (19%) pourraient faire partie des destinations privilégiées pour les exportateurs israéliens.
Un euro bas pourrait donc être l’occasion de diversifier les débouchés extérieurs. Les pays à forte croissance du groupe des pays émergents BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) seraient une bonne cible pour les exportations israéliennes. En 2009 déjà, Israël a vendu pour 700 millions de dollars au Brésil, pour 650 millions de dollars à la Russie, pour 1,8 milliard à l’Inde et pour 1 milliard à la Chine. Même lorsque la crise actuelle se sera atténuée, la diversification des débouchés extérieurs restera un atout pour l’économie israélienne.
En attendant, les industriels israéliens veulent inciter les Israéliens à préférer les produits locaux aux produits importés. Une campagne médiatique pour l’achat de produits « bleus et blancs » vient d’être lancée par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi. En achetant un produit “made in Israel”, l’Israélien permet aux industriels d’écouler sur place des articles qui, momentanément, ont vu leurs marchés extérieurs se rétrécir.
L’inflation recule avec la baisse du coût des importations
Le consommateur israélien a toujours eu un faible pour les articles importés. Aujourd’hui, il devrait bénéficier de la baisse du prix des produits originaires de la zone euro: voitures, électroménager, parfum ou alcool, “made in France” ou fabriqués dans un autre pays européen, devraient voir leur prix baisser en Israël. La baisse prendra effet dès que le stock de produits achetés avant le début de la crise européenne sera épuisé.
Par ailleurs, pour les voyageurs et hommes d’affaires, l’Europe devient une destination bon marché. Sans compter qu’à la veille de la période estivale, le coût des vacances en Europe (avion et séjour) pour une famille israélienne devrait chuter d’au moins 20%, en shekels, par rapport à l’année dernière.
Pour les industriels aussi, la faiblesse de l’euro abaisse le prix des matières premières importées: la baisse des coût de production va donc compenser, même partiellement, les pertes essuyées à l’exportation. Et en réduisant le coût des importations, la chute du taux de change de l’euro va contribuer à la baisse de l’inflation en Israël.
Un taux d’intérêt bas favorise la croissance
Un shekel fort permet aussi de maintenir des taux d’intérêt bas, puisqu’il n’est plus nécessaire de défendre le shekel contre les spéculateurs. Et des taux d’intérêt bas favorisent la croissance et l’emploi, sans crainte de dérapage inflationniste.
Par ailleurs, la crise de l’euro remet à l’ordre du jour la question du taux de change du shekel vis-à-vis des principales devises. La politique de rachat massif de dollars par la Banque d’Israël commence à s’épuiser: aujourd’hui, c’est l’afflux de dollars en Israël qui est une des principales raisons de la surévaluation du shekel. La solution serait d’exporter le dollar vers l’étranger pour desserrer la pression à la hausse sur le shekel.
Aujourd’hui, certains économistes israéliens n’hésitent plus à recommander aux fonds d’épargne et caisses de retraite de placer les excédents dans les pays émergents qui présentent une meilleure stabilité que les pays occidentaux. Ce pourrait être au Brésil dont le taux d’endettement est plus faible qu’en Europe; ou encore en Chine qui annonce, pour cette année, un taux de croissance record de 12% de son PIB.







