Galerie: Jacques Vainunska - "Brassens en Couleurs"
Le Pornographe

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C’est comme si nous venions d’entendre pour la première fois les chansons de l’un des plus grands chanteurs français du XXe siècle disparu il y a tout juste 25 ans, Georges BRASSENS.
En hommage à ce chanteur et pour célébrer l’anniversaire de sa mort, le peintre israélien de culture française Jacques VAINUNSKA présente une série de tableaux – une sorte de dialogue à bâtons rompus avec les chansons de Brassens, sur fond de liberté et d’imagination débridée. L’expression du peintre est lyrique, empreinte de romantisme et de nostalgie et chacune des toiles illustre une chanson que l’artiste transpose dans un monde débordant de vie et de couleurs. Pour Jacques Vainunska, les textes de Brassens recèlent un univers inépuisable d’où il tire son inspiration. Les accents anarchisants de ses chansons ont marqué toute une génération, la génération des soixante-huitards dont Jacques Vainunska fait partie et dont il a gardé une nostalgie inextinguible. Car aujourd’hui encore ces ballades rythmées qui ont martelé sa jeunesse se sont pour ainsi dire accrochées à sa mémoire et lui ont permis, comme le dit si joliment Francis Cabrel, « de clouer des notes à ses sabots de bois… »
Ses mots justes, ses textes parfaitement ciselés, révolutionnaires avant l’heure, avaient quelque chose de pittoresque, de pictural même, que Jacques Vainunska a eu envie de mettre en peinture.
Dès la première lecture, les textes incisifs de Brassens, qui dépeignent cruellement les travers de la société, servent une cause gauchisante sous forme de petites histoires de la vie qui se concluent chacune par une moralité. Bien que reniant toute idéologie convenue, le chanteur anarchiste ne se considère ni comme un philosophe ni comme un sociologue : il reste avant tout un poète.
La carrière de Brassens a débuté dans les années cinquante et dès les années soixante, il était considéré comme l’un des poètes français les plus populaires, connu pour le style simple et direct de ses textes. Ses poèmes, rédigés dans les règles de l’art, puisent leurs sources dans différentes époques et développent un large éventail de thèmes : depuis l’amitié, l’amour, jusqu’à la mort ou encore la prostitution.
Il n’y a pas une norme sociale, pas une loi, pas une idée sacro-sainte que Brassens n’ait défiée au moyen d’une chanson véhiculant une critique virulente contre les conventions : Le Gorille, La Guerre de 14-18, Mourir pour des idées, Chanson pour l’Auvergnat ou encore La non-demande en mariage, pour n’en citer que quelques-unes.
Les scènes les plus pittoresques ont été soigneusement choisies par Jacques Vainunska pour exprimer le sens profond de chaque chanson. Le peintre illustre les chansons d’amour avec toute la sensibilité et la sensualité qui se dégagent du texte à l’aide d’un style volontairement naëf servi par des couleurs franches et gaies. L’amour est un thème récurrent chez Brassens qui le décrit dans son langage truculent, et le peintre se plaît à représenter ces scènes d’amour, le plus souvent champêtres, et à coucher sur ses toiles des couples d’amoureux « se bécotant sur un banc public » ou « sous un coin de parapluie », un romantique joueur de flùteau, un chasseur de papillons ou une Margot dégrafant son corsage…
Je ne suis pas un moraliste, dit Brassens, et je n’essaie pas de montrer aux gens le droit chemin. « Tout ce que je sais faire, c’est composer de petites chansons pour vous offrir quelques minutes de bonheur ».
Daniel Cahana Levensohn
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