Jul 2

ISRAELVALLEY - La cherté du tourisme en Israël ne fait pas fuir que les visiteurs étrangers.

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Jacques Bendelac (Jérusalem)

Le cap des 3,5 millions de visiteurs étrangers sera franchi en 2012. Paradoxalement, la forte progression du tourisme en Israël, qui révèle un potentiel encore inexploité, ne s’accompagne pas d’un développement parallèle des infrastructures: au cours de la dernière décennie, le nombre d’hôtels a même baissé, passant de 339 en 2001 à 332 en 2010. Résultat: la pénurie de chambres tire les prix à la hausse. La cherté du tourisme en Israël ne fait pas fuir que les visiteurs étrangers: aujourd’hui, même un Israélien préfère passer ses vacances en dehors des frontières de son pays, sachant qu’il pourra diminuer son budget-vacances tout en bénéficiant de services touristiques de haut niveau.

Hôtellerie comme alimentation

Ce n’est pas seulement l’alimentation qui est chère en Israël: les vacances aussi. Une enquête, que vient de réaliser le ministère du Tourisme, indique que 35% des Israéliens (soit 2,5 millions de personnes) ne peuvent se permettre de prendre des vacances en Israël, et que 18% d’entre eux ont décidé de passer leurs vacances uniquement à l’étranger. La décision de passer des vacances à l’étranger est justifiée par les écarts de prix entre Israël et de nombreuses destinations bon marché dans le bassin méditerranéen, comme Chypre et les Iles grecques (qui ont remplacé la Turquie).

Stess Missajnikov, le ministre israélien du Tourisme, est conscient de la cherté du tourisme en Israël: « Prendre des vacances est cher pour l’Israélien comme pour l’étranger, ce qui conduit Israël à perdre une part importante de son potentiel touristique » vient-il de déclarer à la presse israélienne. Le diagnostic étant clair, il faut donc s’atteler à ses causes et mettre en place les remèdes adéquats.

Pénurie de chambres

Premier responsable de l’insuffisance du tourisme en Israël: la situation géopolitique qui fait fuir les étrangers. Deuxième cause: les coûts de fonctionnement sont plus chers en Israël qu’ailleurs. Les dépenses de sécurité, de cacherout et les impôts locaux renchérissent les services touristiques. Troisième blocage: l’accord de ciel ouvert avec l’Europe est gelé, ce qui ne permet toujours pas d’accroître la concurrence entre les compagnies aérienne et d’abaisser le prix des vols à destination et en partance d’Israël.

Mais il existe une autre cause, plus inattendue, de la cherté des services touristiques en Israël: la pénurie de chambres d’hôtels. Malgré le fort potentiel touristique, le nombre de chambres d’hôtels proposé aux touristes est de 47.500, soit un chiffre qui est resté stable au cours des dix dernières années. Le ministère du Tourisme reconnaît qu’il manque aujourd’hui 14.000 chambres d’hôtels pour répondre à la demande; et l’augmentation de l’offre hôtelière serait de nature à faire baisser les prix.

Neuf ans de construction

Désormais, les obstacles bureaucratiques sont les premiers responsables de l’insuffisance des infrastructures hôtelières: aujourd’hui, il faut un délai record de 9 ans pour construire un hôtel en Israël, ce qui suffit à décourager nombre d’investisseurs. Et les moyens que l’Etat consacre à l’un des principaux secteurs de l’économie israélienne ne sont pas à la hauteur des espérances: le ministère du Tourisme dispose d’un budget annuel de 700 millions de shekels (140 millions d’euros), soit 0,2% des dépenses de l’Etat. Cela paraît bien peu pour encourager les nouveaux projets hôteliers et pour inciter les agences de voyage à inscrire Israël dans leurs brochures de vacances.

Jacques Bendelac (Jérusalem)