Jun 1

ISRAELVALLEY SPECIAL - Des experts israéliens font une percée sur le marché de la protection de la forêt.

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Jacques Bendelac (Tel-Aviv)

À l’approche de la Journée mondiale de l’Environnement qui se déroulera le 5 juin, des experts israéliens font une remarquable percée sur le marché de la protection de la forêt. La société Carbon Essence, fondée et gérée par des Israéliens, va participer au sauvetage de la forêt tropicale en République centrafricaine. La concession, qui lui a été accordée pour une durée de 25 ans, devrait lui permettre de gagner jusqu’à 80 millions d’euros par an. Le principe mis en œuvre par ce projet est simple: les forêts africaines absorbent une partie du surplus de carbone largué dans l’atmosphère par les activités humaines; la lutte contre la déforestation paraît donc un moyen efficace de réduire l’impact des activités humaines sur le climat planétaire. C’est sur ce marché que la société Carbone Essence a été créée en 2009 par Itzhak Tidhar, un ancien officier de Tsahal qui à longtemps dirigé le département des Soldats prisonniers et disparus, en association avec Terence Julius.

Une “Bourse du carbone”

Enregistrée à Londres, la société Carbon Essence se spécialise dans la protection des forêts et la réduction de la déforestation. Le projet qui démarre en République centrafricaine (RCA) prévoit que les industries polluantes situées à proximité de forêts tropicales verseront une taxe pour chaque tonne de carbone (CO2) rejetée dans l’atmosphère. Les fonds réunis permettront à la société Carbone Essence de mettre en œuvre un nouveau mécanisme visant à freiner la déforestation.

Dans le cadre de ce système, les industries énergivores comme la production d’électricité, la sidérurgie ou l’industrie du ciment, devront acheter des quotas d’émissions de carbone sur le “marché du carbone” qui sera mis en place par les pays d’Afrique concernés. Une industrie qui aura contribué au développement forestier se verra octroyer un “crédit” qui lui permettra d’émettre du CO2. Ce crédit sera échangé comme une action en Bourse: cette action pourra être rachetée par les banques et les maisons d’investissement qui les revendront aux industries polluantes qui financeront ainsi le reboisement.

Un marché prometteur

La société israélienne Carbone Essence va donc participer à la lutte contre le changement climatique en Afrique selon un modèle qui existe en Europe depuis 2002, The EU Emissions Trading System (ETS): les industries énergivores reçoivent gratuitement un certain nombre de quotas d’émission, mais si elles en veulent davantage, elles doivent les acheter sur le marché du carbone; elles peuvent également compenser leurs émissions en investissant dans des dispositifs de réduction du CO2 dans les pays en développement.

Le marché du gaz carbonique est en plein essor dans le monde, et en Afrique en particulier. Selon des études scientifiques, les forêts africaines stockeraient chaque année 1,2 milliard de tonnes de CO2 par hectare, ce qui conduit au chiffre de 4,8 milliards de tonnes pour les forêts d’Afrique et d’Amérique. La valeur financière de ces 4,8 milliards de tonnes est estimée à environ 15 milliards d’euros. L’entreprise israélienne dirigée Itzhak Tidhar ne vise donc qu’une modeste part de ce marché gigantesque.

Jacques Bendelac (Jérusalem)