May 25

ISRAELVALLEY - UN TAUX DE SYNDICALISATION DE 15% EN ISRAËL. Ofer Eini a été reconduit dans ses fonctions de Secrétaire Général de la Histadrout.

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Jacques Bendelac (Jérusalem)

Un demi-million d’Israéliens étaient appelés aux urnes pour élire le secrétaire général de la Histadrout, la puissante confédération syndicale du travail; et c’est sans surprise qu’Ofer Eini a été reconduit dans ses fonctions pour les cinq prochaines années: il a obtenu 66% des 200.000 voix exprimées. Le candidat qui lui était opposé, le député travailliste Eitan Cabel, n’a donc pas fait le poids: les salariés israéliens ont préféré confier leurs intérêts à un syndicaliste rompu aux négociations salariales, plutôt qu’à un député sans aucune expérience de la gestion d’une organisation syndicale.

Travail désorganisé
La campagne électorale pour la direction de la Histadrout s’est cristallisée autour des grands enjeux des cinq années à venir: le relèvement des bas salaires, la lutte contre le phénomène des travailleurs pauvres, la réduction de la précarité, la défense des travailleurs intérimaires, la revalorisation des pensions de retraite, etc. Ofer Eini avait aussi axé sa compagne sur le dialogue social avec le patronat; à plusieurs occasions, il a rappelé que la grève ne devait être utilisée qu’en dernier recours.

Le renforcement du travail organisé sera l’enjeu principal des années à venir. Depuis le début des années 2000, le libéralisme économique des gouvernements israéliens a accéléré la désorganisation du travail et a favorisé la montée du travail précaire. Les centrales syndicales n’ont pas pu empêcher les licenciements en masse et le recrutement de salariés aux conditions de travail précaires: dorénavant, 15% des salariés israéliens occupent un emploi intérimaire et 30% un emploi à temps partiel.

Syndicalisation en baisse

Il faut dire que les syndicats israéliens ont de plus en plus de mal à faire entendre leur voix. Et pour cause: la Histadrout a perdu progressivement de son influence sur le monde du travail. Avec un taux de syndicalisation de 15% seulement aujourd’hui, on est loin des 85% de salariés qui étaient syndiqués dans les années 70.

La chute du taux de syndicalisation va de pair avec le déclin de l’« économie ouvrière ». Progressivement, la Histadrout a perdu le contrôle de ses principales entreprises, industries, caisses de retraite, banque et assurances: au début des années 2000, le syndicat-patron va se séparer totalement de son empire économique pour se cantonner désormais à son rôle de défense des travailleurs.

Aujourd’hui, la Histadrout tente de reprendre l’initiative en matière de défense des salariés, et notamment des plus pauvres d’entre eux. L’enjeu est de taille à une période où la défense des travailleurs contre les abus patronaux (comme le non-respect des règles du salaire minimum) est reléguée au second rang des priorités sociales.

Jacques Bendelac (Jérusalem)