Apr 30

ISRAËLVALLEY-SONDAGES : LE LIKOUD LARGEMENT EN TÊTE DES ELECTIONS LEGISLATIVES ANTICIPEES QUI AURONT BIEN LIEU CETTE ANNEE, ENTRE AOÛT ET OCTOBRE.

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Mati Ben-Avraham

Binyamin Netanyahou a donc choisi de prendre les devants, de bousculer l’agenda politique des uns et des autres, plutôt que de se voir contraint à prendre le train en marche. L’abrogation de la loi Tal avant l’été, ordonnée par la Cour suprême, encore davantage que la prochaine loi des Finances, le plaçait dans une situation inconfortable, à devoir choisir entre deux partenaires : l’ultra-orthodoxie religieuse (17 mandats) partisane du statu quo et Israël Beytenou d’Avigdor Lieberman (15 mandats), favorable à l’enrôlement à l’armée pour tous. La semaine prochaine, la Knesset débattra de quelques cinq projets de loi sur la question. Qui en sortira indemne ? Mieux vaut donc désamorcer la crise gouvernementale en annonçant la tenue d’élections législatives anticipées. A quelle date. Binyamin Netanyahou consulte. Lui-même incline à l’un des deux derniers mardis d’août (21 ou 28) ou le premier mardi de septembre (le 4), cette dernière date étant privilégiée par les caciques de son parti. La préférence du tout récent chef de l’opposition, Shaul Mofaz, va au mois d’octobre, les 16, 23 ou 30. La patronne du parti travailliste, Sheli Yacimovich, souhaite une campagne électorale courte, donc pointe sur fin août, début septembre.

En attendant que tout se décante, le sondage réalisé à chaud, dimanche en soirée, par l’Institut Dahaf confirme la progression du Likoud, porté par la popularité dont jouit le premier ministre à l’heure présente. Le Likoud est crédité de 30 mandats, loin donc devant ses partenaires et adversaires. Le parti travailliste, et c’est nouveau, est à la deuxième place (18), suivi par Israël Beytenou (13), Kadima (11), l’Avenir de Lapid (11), les partis arabes (11) Shass (7), Judaïsme de la Tora (6), Meretz (5), Déry (3) Union nationale (2), et Beit Hayéhudi (2). Le parti Indépendance, créé par Ehud Barak à sa mesure, est éliminé. A l’arrivée, le bloc idéologique de droite, issu des dernières législatives, atteint 61 mandats, soit une majorité d’une voix, mais l’opposition, qui s’est renforcée, plafonne à 56 mandats. Arie Déry, avec ses 3 mandats, peut renforcer la majorité, mais en aucun cas influer sur le cours des évènements.

Trois points sont à relever. Primo, Shass dirigé par Eli Ychai est en perte de vitesse. Cependant, confié à Arie Déry, le parti sépharade ultra-orthodoxe retrouve ses 11 mandats actuels. Le leader spirituel de ce parti – son âme, sa tête pendante, peut-il désavouer ses propres choix, ou va-t-il s’orienter vers un compromis, en proposant à Déry la 3ème place, derrière Ychai et Attias ? Allez savoir !

Secundo, Si Lapid et Livni conjuguent leurs talents, ils sont à même de ravir la deuxième place au parti travailliste (16 mandats contre 29 au Likoud, 14 aux travaillistes tandis que Kadima se retrouverait sous la barre des 10 (9).

Tertio, et le plus piquant : et si Binyamin Netanyahou en profitait pour changer de coalition ? Une coalition Likoud-Travailliste-Israël Beytenou-Lapid-Kadima-Déry aurait fière allure, avec ses 86 mandats, et qui pourrait répondre aux préoccupations essentielles des israéliens, à savoir justice sociale, répartition équitable des droits et des devoirs, revalorisation du travail. Une majorité, somme toute, laïque et traditionnaliste, ancré au centre, auquel aspirait déjà Ben-Gourion, à en croire son biographe Michel Bar-zohar.