Apr 29

ISRAËLVALLEY-DEFENSE : CRITIQUES SANS PRECEDENT DE YUVAL DISKIN A L’ENCONTRE DE BINYAMIN NETANYAHOU ET EHUD BARAK.

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Mati Ben-Avraham

Des critiques qui font la une de tous les médias israéliens. Yuval Diskin n’est pas, en effet, le premier venu. 56 ans aujourd’hui, il a dirigé les Services de la sécurité intérieure (le Shabbak) de 2005 à 2011. A ce titre, il a été, avec les patrons du Mossad et des services de renseignements de l’armée, l’une des pièces maîtresses d’un système sécuritaire, entièrement voué à assurer la défense des citoyens du pays. Partant, il a été amené à traiter, analyser et donner son point de vue sur les sujets les plus sensibles touchant à la sécurité.

Que dit-il ? En substance, deux choses essentielles : et d’une, « une frappe israélienne contre l’Iran ne fera qu’accélérer le programme nucléaire iranien, en le légitimant » ; et de deux, « faire croire que nous n’avons pas de partenaire côté palestinien est une plaisanterie, la vérité est que ce gouvernement ne veut pas de dialogue avec l’Autorité palestinienne, ne trouve aucun intérêt à le faire. » Dur, très dur quant on sait que, de surcroît, Yuval Diskin, n’a pas hésité à qualifier Netanyahou et Barak d’aventuriers de type messianique. Du jamais vu dans les annales israéliennes.

Bien entendu, la réplique n’a pas tardé. Les « porte-flingues » du chef du gouvernement et du ministre de la Défense, ont dégainé rapidement, pour jeter le discrédit sur l’ancien chef du Shabbak. Tout comme contre Meir Dagan et Gaby Ashkénazi voici peu. Ce qui fait problème. L’an dernier, lors de son départ, Yuval Diskin a été encensé par Binyamin Netanyahou. Tout comme Dagan et Ashkénazi. Des éloges mérités, Dagan pour avoir redonné au Mossad son lustre d’antan, Ashkénazi pour avoir rétabli l’ efficacité et la puissance de Tsahal après 2006, soit la 2ème guerre du Liban, et Diskin pour avoir mené, avec succès, une lutte sans merci contre le terrorisme palestinien.

Aussi, il n’est pas possible d’évacuer leurs critiques d’un haussement d’épaules. D’autant plus quand on sait que, par exemple, le Hezbollah s’équipe – via Téhéran – de drones porteurs de bombes, à même de frapper les grandes agglomérations israéliennes et ceci dans le cadre d’une riposte généralisée en cas d’attaque israélienne contre les sites nucléaires iraniens. Ce que ces trois hommes remettent en question, en dernière analyse, ce n’est pas la légitimité d’une frappe anti-iranienne, mais l’efficacité d’une action israélienne isolée. Le cas iranien, disent-ils, n’est pas celui posé voici trente ans par l’Irak de Saddam Hussein. Et une action préventive, sans partenaire, serait à même de retarder le programme nucléaire iranien d’un an ou deux, mais non de l’éradiquer. Washington ne dit pas autre chose. Voilà qui mérite, à tout le moins, que la question soit débattue. Publiquement.