EDITO: ISRAËLVALLEY : ECHEC DE LA TENTATIVE DE RELANCE DES NÉGOCIATIONS MENÉE PAR SAEB AREKAT ET YITZHAK MOLKHO.
Par Mati Ben-Avraham
Publié le 20 février 2012
Cette tentative de débloquer la situation a fait l’objet de plusieurs rencontres, dans la capitale jordanienne, entre l’avocat Yitzhak Molkho, envoyé spécial de Binyamin Netanyahou, et Saeb Arekat, représentant de Mahmoud Abbas, a finalement échoué. Elle aura eu cependant le mérite de sortir du flou quant à la position palestinienne.
Ramallah exige, en effet, : 1) 98,1% de la Cisjordanie (1), 2) la division de Jérusalem ; 3) une force de police militaire en sus de la police civile, 4) la libération de détenus palestiniens, y compris des membres Hamas, 5) le gel de toute construction et enfin, 6) l’Autorité palestinienne rejette l’idée de blocs d’implantation, destinés au regroupement de localités israéliennes éparpillées en Judée-Samarie (les colonies, en langage diplomatique).
La partie israélienne, pour sa part, a refusé de traiter, à ce stade, du tracé frontalier, arguant qu’il fallait au préalable régler quelques 21 points d’achoppement. En clair, Israël s’est refusé à ce que l’on mette la charrue avant les bœufs. Ce fut vrai en particulier en ce qui a trait à Jérusalem, jugée la question la plus délicate du dossier israélo-palestinien et, partant, ne devant être traitée qu’en tout dernier.
Par ailleurs, Binyamin Netanyahou, a demandé des éclaircissements quant à à savoir si l’entrée du Hamas dans le futur gouvernement palestinien de réconciliation nationale était subordonnée ou non à l’acceptation des conditions posées par le Quartet (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU). La réponse de Saeb Arekat, dévoilée hier au cours d’un briefing par un proche du négociateur israélien : « Le gouvernement d’union nationale sera un gouvernement démocratique fort. » Le même a ajouté : » Nous ne sommes tombés d’accord sur rien. La partie palestinienne a même refusé toute rencontre directe entre Binyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas. »
La semaine prochaine, les délégations du Fatah et du Hamas se retrouveront à nouveau pour débattre du gouvernement d’union nationale, plus précisément de la répartition des portefeuilles ministériels. En proposant, à titre temporaire, une sorte de régime présidentiel, Mahmoud Abbas avait cédé à la principale exigence du Hamas, à savoir la mise à l’écart du premier ministre Salam Fayyad, jugé par trop occidentalisé. Cèdera-t-il également sur l’acception par le Hamas de tous les accords intervenus entre Israël et l’Autorité palestinienne depuis 1993 ? Si oui, il est probable qu’Israël suspendra, une fois de plus, le transfert des recettes fiscales prélevées au nom de l’Autorité palestinienne, mais aussi que les Etats-Unis suspendent l’aide financière accordée à Ramallah.
(1) En septembre 2008, Ehud Olmert, alors premier ministre, avait proposé à Mahmoud Abbas 97% de la Cisjordanie, une compensation territorial de 3% du côté de la bande de Gaza et des négociations sur le statut de Jérusalem. Mahmoud Abbas n’avait pas donné suite.






