EDITO: ISRAËLVALLEY-INCENDIE DU CARMEL : LES MINISTRES YUVAL STEINITZ ET ELI YCHAI DIRECTEMENT MIS EN CAUSE.
Par Mati Ben-Avraham
Publié le 30 janvier 2012
C’est ce qui apparaîtra, si l’on suit les divulgations des médias israéliens, dans le rapport sur cette catastrophe (1). Le contrôleur de l’Etat, le juge Mika Lindenstrauss, en a en effet achevé la rédaction, dont la publication interviendra dans les prochains jours. Un rapport qui n’est pas tendre – mais c’était attendu – pour les ministres des Finances Yuval Steinitz et de l’Intérieur Eli Ychai.
Le premier est pointé du doigt pour « rétention de budgets ». En clair, le ministère des Finances, pour imposer une réforme des services de lutte contre les incendies se heurtant à l’hostilité du corps des sapeurs-pompiers, avait subordonné l’octroi de toute enveloppe budgétaire à l’adhésion des sapeurs-pompiers à la réforme envisagée. Une tactique que le Trésor avait rôdée en d’autres circonstances. Lorsque l’incendie s’est déclarée pour prendre de l’ampleur en raison des vents violents, les services de lutte contre les incendies n’ont pas disposé des moyens pour y faire face.
Quand au second, il lui est reproché, disons, de n’avoir pas « donné du poing sur la table » ou encore mis sa démission dans la balance pour contraindre le gouvernement à plancher sérieusement et rapidement sur la question, afin de prévenir toute catastrophe. Certes, Eli Ychai a alerté, par courrier et de vive-voix tant le Trésor que la présidence du Conseil, mais sans aller au bout de sa responsabilité ministérielle.
En ce qui concerne le 1er ministre et les autres membres du gouvernement, il est évoqué une responsabilité indirecte, soit la fameuse responsabilité ministérielle collective qui sonne bien, mais n’a jamais conduit à une quelconque prise de responsabilité, soit démissionner. Binyamin Netanyahou, en particulier, sera égratigné, mais sans qu’il doive pour autant en tirer des conclusions personnelles.
Du reste, il semble que le juge Mika Lindenstrauss n’exige pas des ministres impliqués directement, Yuval Steinitz et Eli Ychai, de quitter leurs fonctions, les laissant maîtres de leur destin. Or, échouer, du moins sous nos latitudes, ne tire pas à conséquence. Et tout porte à croire que les deux hommes vont se défendre bec et ongles, par une démolition en règle des conclusions du rapport. C’est de survie politique qu’il s’agit pour l’un et l’autre, de plus à un moment où des senteurs d’élections anticipées sont dasn l’air. A moins qu’ils ne soient obligés de partir sous la pression de l’opinion publique. Comme ce fut le cas pour Golda Meir et Moshe Dayan après la guerre de Kippour. Le rapport de la commission Agranat les avait épargnés, qui avait imputé au chef d’état-major David Eliezer l’entière responsabilité de l’impréparation de l’armée. Mais l’un et l’autre ont été poussés à la démission par la rue israélienne.
(1) Le contrôleur de l’Etat a été amené à enquêter sur deux aspects : d’une part, en amont, les causes de l’indigence des services de sapeurs-pompiers et, d’autre part, le comportement des autorités pendant la catastrophe. Rappelons que le bilan de celle-ci s’est élevé à 44 morts, 77 maisons détruites, 173 endommagées à divers degrés, 17000 personnes évacuées et 4 millions d’arbres calcinés.






