EDITO: ISRAËLVALLEY-PALESTINE : KHALED MESCHAL SERA-T-IL LE PROCHAIN PRESIDENT DE L’AUTORITE PALESTINIENNE ?
Par Mati Ben-Avraham
Publié le 23 janvier 2012
Un sacré casse-tête en Israël, mais pas seulement, qu’une telle candidature du chef du bureau politique du Hamas puisse se conclure dans les temps qui viennent. A priori, les élections se tiendront courant mai. L’actuel président, Mahmoud Abbas, se dit fatigué, tant au mental qu’au physique. Et le fait est que du côté du Fatah, aucune personnalité d’envergure (hormis Marwan Bargouti, en prison en Israël) n’a émergé au cours de ces dernières années. Salam Fayyad, peut-être, premier ministre exemplaire, mais qui n’a pas d’assise populaire, ni d’aura au sein d’un Fatah où la légende du « combattant » tient encore lieu de CV.
Premier signe : Khaled Meschal a annoncé qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession à la tête du bureau politique du Hamas. Deuxième signe : il a multiplié les signes d’apaisement vis-à-vis de la communauté internationale d’une part et, d’autre part, les pays arabes pragmatiques, se disant prêt à abandonner la lutte armée contre Israël au profit d’une contestation politique permanente. Selon différentes sources, à Ramallah et à Gaza, l’homme travaille à parfaire une stature de dirigeant national, et non plus de simple leader politique d’un mouvement classé terroriste par une grande partie de la communauté internationale.
Voila qui risque de poser un cas de figure intéressant. Si Khaled Meschal est élu président de l’Autorité palestinienne, il y a fort à parier que le Hamas remporte, tout comme en 2006, les législatives. Que se passera-t-il alors ? Deux possibilités : ou bien le Hamas impose la forme de gouvernement qui lui paraît la plus apte à servir ses objectifs propres (islamisation avant tout) et, partant, prendre le risque de l’isolement; ou bien , à l’imitation des frères musulmans égyptiens, il se mue en parti politique, se démarque des intégristes salafistes, joue la carte de la réconciliation, adopte le pragmatisme prôné au Caire par Mohamed Badie , le chef de la Confrérie des frères musulmans, et se pose en interlocuteur incontournable pour les israéliens. Un cas de figure qui ne manquerait pas peser sur la donne politique intra-israélienne qui s’amorce. Le premier terme de l’alternative, à l’évidence, ferait le jeu de la droite classique et de l’extrême-droite, le second celui du centre-droit-centre gauche. Oh les beaux jours…






