EDITO: ETATS-UNIS - ISRAËL : LE PRESIDENT AMERICAIN CALME LE JEU, MAIS NE LACHE RIEN SUR L'ESSENTIEL.
Par Mati Ben-Avraham
Publié le 18 mars 2010
" Israël est l’un de nos alliés les plus proches, et nous avons un lien privilégié avec l’Etat hébreu. Il n’y a pas de crise." C’est par ces mots que Barak Obama a fait mention, pour la première fois depuis huit jours, de la détérioration des relations entre Washington et Jérusalem. C’était au cours d’une interview télévisée, accordée à la chaîne américaine Fox. Et d’ajouter : " Il arrive, parfois, que des amis ne partagent pas le même point de vue sur des sujets donnés et, en ce moment, il y a désaccord quant à la manière de faire progresser le processus de paix…Il nous faut nous concentrer sur la relance de ce processus. Toutes les options sont sur la table."
Autre signe encourageant : le ministre de la Défense, Ehud Barak, s’est longuement entretenu, par téléphone, avec l’envoyé spécial du président pour le Proche-Orient, Georges Mitchell, lequel avait accentué l’effet de crise en annulant sa venue. Les deux hommes ont passé en revue plusieurs scénarii de sortie de crise, y compris que Georges Mitchell entame la navette Jérusalem-Ramallah dès dimanche prochain. Mais sans conclure.
La raison en est simple: l’exigence américaine d’un accord israélien sur trois points. Le premier porte sur l’annulation pure et simple du programme de construction de 1600 logements à Har Shlomo; le second sur l’ordre du jour des négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens, qui devrait inclure d’emblée le tracé de la frontière; le troisième enfin porte sur un geste de bonne volonté israélien à l’égard de Mahmoud Abbas, soit la libération de détenus relevant du Fatah.
Le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, est immédiatement monté au créneau pour déclarer inacceptables ces désiderati. Une réaction qui témoigne du dilemme dans lequel s’est plongé le chef du gouvernement : s’aligner sur l’intransigeance d’Avigdor Lieberman (et de quelques autres ministres) et s’aliéner les Etats-Unis ou aller dans le sens réclamé par la Maison blanche en prenant le risque, et d’une dislocation de sa coalition gouvernementale, et d’une levée de boucliers au sein de son propre parti. Ses conseillers font feu de tout bois pour trouver la formule salvatrice.
En attendant, Binyamin Netanyahou doit faire face à un autre casse-tête. En début de semaine prochaine, il se rendra aux Etats-Unis pour discourir devant le lobby pro-israélien au Congrès, où lui est réservé un accueil triomphal. Mais voilà, pour le moment, l’administration américaine ne lui a ménagé aucun rendez-vous à un haut niveau : ni le président, ni le vice-président, ni la Secrétaire d’Etat, ni le conseiller du président à la Sécurité nationale. Il n’y a pas de crise, a dit Barak Obama, mais l’étau américain ne se desserre pas…—






