EDITO: ETATS-UNIS – ISRAËL : PEUT-ON PARLER DE LA CRISE LA PLUS GRAVE DEPUIS 1975?

Mar 201015

Par Mati Ben-Avraham
Publié le 15 mars 2010

PEUT-ON PARLER DE LA CRISE LA PLUS GRAVE DEPUIS 1975 ? C’est du moins l’opinion professée par l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Mikael Oren, au cours de consultations téléphoniques menées auprès des Consuls en poste. Cette année-là, Israël traînait les pieds pour entériner l’accord de désengagement dans le Sinaï, peaufiné par Henri Kissinger. L’administration américaine avait annoncé, alors, qu’elle allait procéder à “une reconsidération de nos relations avec Israël”.

Les faits semblent bien lui donner raison. Voici plusieurs jours, en effet, qu’Israël est malmené tant par l’entourage du président Obama (Mme Clinton, David Axelrod en particulier) que par les éditorialistes et analystes politiques. Et quand un journaliste de la trempe de Thomas Friedman, un grand ami d’Israël tout comme Joé Biden, écrit dans le New York Time :“…qu’il y a un conducteur en était d’ivresse dans Jérusalem.”, il y a tout lieu de s’inquiéter.

Que Washington ait très mal pris ce qui est considéré à leurs yeux comme un camouflet infligé à son vice-président est compréhensible. Mais là n’est pas l’essentiel. En fait, c’est Binyamin Netanyahou qui, sans le vouloir certainement, a mis hier le doigt sur la source de tous les malentendus.

Evoquant, en Conseil des ministres, la crise provoquée par l’annonce d’une nouvelle tranche de 1600 appartements à Ramat Shlomo, se voulant rassurant, le Premier ministre a conclu par ces mots : " …le plus important est de comprendre qu’Israël et les Etats-Unis ont des intérêts communs et nous, nous œuvrerons en fonction des intérêts de l’Etat d’Israël."

Et c’est là justement le principal reproche de l’administration Obama au gouvernement Netanyahou : ne voir midi qu’à sa porte. C’est ce qui transpire et des déclarations politiques et des principaux articles publiés ces jours-ci: Jérusalem, par une politique inconsidérée, entrave les efforts de la communauté occidentale, et des Etats-Unis en premier lieu, dans sa lutte pour réduire la capacité de nuisance du terrorisme islamiste, lutte qui passe par l’instauration d’une paix régionale.

Toute crise comporte une porte de sortie. La question est de savoir dans quel état on en sort. Sur ce point, les soucis de Binyamin Netanyahou risquent d’empirer : jeudi, en effet, le comité central du Likoud siègera. A l’ordre du jour, entre autres : l’arrêt du gel de toute construction dans les territoires…—

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