EDITO: CHAMBRE DE COMMERCE ISRAËL-PALESTINE : LE CONTEXTE POLITIQUE NE FREINE PAS LES ECHANGES COMMERCIAUX, ESTIME DAN CATARIVAS.

Feb 201008

Par Mati Ben-Avraham
Publié le 8 février 2010

C’est en mai 2009 que la Chambre de Commerce Israël-Palestine a vu le jour, en présence de nombreuses personnalités du monde israélien de la politique et de l’économie. Tony Blair, représentant officiel du Quartet, était là, tout comme Stanley Fisher, le gouverneur de la Banque d’Israël ou encore le ministre Sylvain Shalom… L’initiative de la fondation de cette Chambre revenait à Ron Fondack, Directeur du Centre Peres pour la Paix, qui fut parmi les initiateurs des tractations israélo-palestinienne qui menèrent aux accords d’Oslo. Le point quant aux activités de la Chambre avec Dan Catarivas, membre du bureau exécutif.

Mati Ben-Avraham : Dans quelle mesure la Chambre de Commerce Israël-Palestine remplit-elle son métier, quand le contexte politique est plutôt terne ?

Dan Catarivas : En fait, dans ce cas précis, il faudrait se demander pourquoi cette Chambre n’a pas été créée depuis bien longtemps, étant donné que les échanges commerciaux entre Israël et les territoires palestiniens remontent au lendemain des accords d’Oslo et sont d’une ampleur assez considérable, en dépit de la politique, le commerce continue. Aujourd’hui, la Chambre se rajoute à ce réseau de relations entre les secteurs privés israéliens et palestiniens pour favoriser la circulation de l’information, organiser des rencontres entre partenaires possibles, avoir des activités communes afin d’encourager, développer, élargir les relations commerciales entre Israéliens et Palestiniens.

MBA : Quel est le volume de ces échanges ?

Dan Catarivas : Il est question, bon an, mal an, d’une dizaine de milliards de shekels avec une balance commercial nettement favorable à Israël(*). L’an dernier, en dépit de la crise mondiale, ces échanges ont continué à augmenter. Cela est dû à ce que la situation économique dans les territoires gérés par l’Autorité palestinienne s’’est améliorée. Il est bien entendu question de la seule Cisjordanie, et non de la Bande de Gaza.

MBA : Israël exporte quoi et importe quoi ?

Dan Catarivas : Tous les domaines sont concernés : produits agroalimentaires, agricoles, matériaux de construction, électroménagers, services…Nous leur achetons des produits agricoles, de la sous-traitance comme, par exemple, dans le domaine du textile, ou encore de la petite industrie, de l’artisanat, ou de la pierre pour l’habitat.

MBA : L’économie palestinienne, hors la bande de Gaza, est complexe. Il y a les territoires régis par la seule Autorité palestinienne, ceux qui relèvent qui relèvent d’une gestion mixte et enfin, les Palestiniens de la Jérusalem orientale…Vous vous en sortez comment ?

Dan Catarivas : Oui, mais pour Jérusalem-Est, les Palestiniens sont très intégrés au marché israélien. Par ailleurs, il n’y a pas de distinction entre zones palestiniennes A, B et C en ce qui concerne les échanges commerciaux. Au niveau de nos importations, elles forment un seul bloc.

MBA : Au plan politique, le dialogue est dans l’impasse. Peut-on en mesurer l’impact sur les échanges commerciaux ?

Dab Catarivas : Bon, il est évident qu’une impasse politique ne contribue pas à réchauffer l’atmosphère. Mais, et les données en témoignent, il y a une imbrication des deux économies qui fait que les rouages continuent d’opérer. Des accords ont été conclus, que les deux parties se doivent de respecter, dont les derniers en date sont ceux de la Conférence économique de Paris, qui a suivi celle d’Annapolis. Comme par exemple l’accord sur les taxes douanières prélevées par Israël au bénéfice de l’Autorité palestinienne et qui font l’objet d’un transfert mensuel. Donc, tout cela fonctionne, même si parfois il y a des anicroches, que les barrages liés à la question sécuritaire ne facilitent les choses. Mais, je pense qu’il y a, aujourd’hui, sur le terrain, une réalité économique quotidienne qui va plus loin que l’on ne le pense généralement.

MBA : Un dernier mot : existe-t-il une Chambre de Commerce “sœur”, si je puis m’exprimer ainsi?

Dan Catarivas : Pas encore. Espérons qu’elle sera fondée un jour. Pour l’heure, nous œuvrons avec les organismes représentatifs du secteur privé palestinien et ce que je peux dire, c’est que les relations entre eux et nous sont excellentes.

  • Selon le Bureau Central des Statistiques, en 2009, les exportations israéliennes vers l’AP se sont élevées à 2,8 milliards de dollars et les importations venant de l’AP à 384 millions de dollars.—

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