EDITO: ISRAËL-TURQUIE : LE BON SENS A FINI PAR REPRENDRE LE DESSUS…

Jan 201021

Par Mati Ben-Avraham
Publié le 21 janvier 2010

Depuis Davos 2009, les relations turco-israéliennes s’étaient, disons, électrisées. Et la diplomatie israélienne a éprouvé du mal à appréhender le changement intervenu dans la ligne de politique étrangère turque, avec la nomination de Ahmet Davutoglu à la tête du ministère des Affaires étrangères. Ce professeur de Sciences politiques, proche du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan dont il fut le conseiller, ambitionne pour son pays un rôle de tout premier plan sur la scène du Proche et Moyen-Orient.

Une ambition compréhensible quand on sait que la Turquie est la première puissance économique de la région, même si sa dépendance à l’égard des investissements étrangers demeure encore trop forte. Avec un marché de plus de 70 millions de consommateurs, un PIB de 670 milliards d’euros, la Turquie se classe au quinzième rang mondial et au sixième rang européen au plan économique. Et si l’on suit les estimations de Goldman Sachs Economic Research, publiées fin 2008, ce pays atteindra le dixième rang mondial à l’horizon de 2050.

Mais pour tenir ce rang et partant, devenir l’arbitre dans les conflits internes et externes des différents états régionaux, il revenait à la Turquie d’équilibrer sa politique étrangère : moins d’Etats-Unis, moins d’Israël et plus de Syrie, plus d’Iran, assortie d’un rapprochement avec l’Islam, tant modéré que radical.

Alors, il est vrai que le Premier ministre Recep Tayyib Erdogan s’est montré outrancier vis-à-vis d’Israël. Il est vrai aussi qu’il a pris des décisions qui pouvaient passer pour des mesures anti-israéliennes, telle l’annulation des manœuvres militaires conjointes, l’été dernier. Il est vrai encore que la rediffusion, ces temps derniers, d’un feuilleton télévisé franchement caricatural et mensonger sur l’armée israélienne, relevait de la provocation.

Mais pas au point, quand même, d’oublier les initiatives prises par Ahmet Davutoglu pour impulser une nouvelle dynamique au volet israélo-syrien ou israélo-palestinien. Ou de négliger que les échanges économiques israélo-turcs portent sur trois milliards de dollars par an. En cela, le geste de mauvaise humeur du vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Dany Ayalon, relevait davantage de la maternelle que de la sphère diplomatique.
L’incident majeur – comme par exemple le rappel de l’ambassadeur turc à Ankara – a été cependant évité. Grâce à Ahmet Davutoglu d’un côté, Ehud Barak et Avigdor Lieberman de l’autre. Il s’en est suivi deux déplacements israéliens à Ankara.

Le ministre de la Défense, Ehud Barak, a été reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Il a mené des entretiens, d’abord avec Ahmet Davutoglu, ensuite avec son homologue à la Défense turque. Il a été suivi par une délégation du ministère israélien des Affaires étrangères, menée par son Directeur Général, Yossi Gal. Au menu : la relance de la coopération entre les deux pays, sur tous les plans. Une visite officielle en Israël, et du président Abdullah Gül, et du chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu a également été traitée.

Tout semble donc être rentré dans l’ordre. Pour la plus grande joie des touristes israéliens dont on sait le penchant pour l’ancien empire ottoman et qui, en prime, bénéficieront de superbes promotions lancées par les chaînes d’hôtels turques, inquiètes par leur désaffection liées aux turbulences politiques : – 40% !—

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