EDITO: FRANCE ISRAËL - DRONES, MISSILES, ARMES...LE PATRON D'IAI FRANCE S'EXPRIME SUR LES RELATIONS FRANCE -ISRAËL

Nov 200925

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Publié le 25 novembre 2009

iai.jpg La dernière émission “Israel Start up”sur Radio Shalom a été l’occasion d’échanger avec DANIEL ABEHSERA, Président France d’Israel Aerospace Industries. Cette interview exclusive avait pour thème : “Israël et les drones”.

Après avoir présenté la carrière brillante de Daniel Abehsera – Ingénieur en aéronautique spécialisé dans les matériaux, il a travaillé chez Messier (Groupe Safran) et chez Zodiac avant d’être Responsable chez Goodrich (anciennement Rohr) et CS Communication – Daniel Rouach entame l’interview sur une question liée au nouvel emploi de Daniel Abehsera : PDG d’IAI France

Daniel Rouach : vous avez connu de nombreux postes au sein de l’industrie aéronautique et de la défense, ma question est donc la suivante : considérez-vous ce nouveau job comme plutôt facile ou plutôt difficile ?

Daniel Abehsera : Il n’est pas possible de dire que ce nouveau job est facile. Même si cet élément est très subjectif, il y a différents aspects à prendre en compte, notamment l’aspect politique. Pour tout ce qui est lié à la commercialisation de nos produits, il y a une forte composante politique. En ce sens, nous sortons du domaine de l’industrie traditionnelle.

DR : Tout le monde sait aujourd’hui qu’IAI est l’un des plus grands groupes Israéliens, est-ce le cas ?

DA : c’est vrai, IAI est l’un des plus grands groupes israéliens et nous nous disputons régulièrement la première place avec le géant pharmaceutique Teva. Pour donner une idée d’IAI, je peux vous donner quelques chiffres. Nous sommes plus de 17000 personnes répartis dans 20 divisions.

Nous générons un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars et nous avons un carnet de commande de 8 milliards de dollars. IAI est un groupe résolument tourné vers l’export, l’international représente environ 80% de notre activité. Nous intervenons dans les secteurs civils (appelé secteur « commercial »), dans le secteur de la maintenance – plus de 4000 personnes – dans le secteur militaire où nous développons et commercialisons des avions de combat et des avions sans pilotes, les drones. Nous avons également 2 autres fleurons : « missiles et espace » et la division Elta (équipements et systèmes électroniques pour environnements sévères) à Ashdod.

Le groupe traverse aujourd’hui une période de crise dans le domaine « commercial », mais en aucun cas dans les autres secteurs. Je dirais même le contraire, nous sommes en très forte croissance dans les autres secteurs, notamment grâce à l’explosions des marché Asie et Amérique du Sud.

DR : David Harari, votre prédécesseur qui n’avait pas la langue de bois m’avait un jour affirmé que le marché français de la Défense et de l’Aéronautique était particulièrement difficile… Qu’en pensez-vous ? et quel est votre rôle en France ?

DA : Je dirais plutôt, contrairement aux apparences, que la France n’est pas un marché difficile. C’est vrai qu’il existe aujourd’hui une énorme concurrence avec des acteurs tels que Dassault, Airbus ou encore Thales. Avec juste 50 ans d’existence, IAI doit prouver sa réelle valeur ajoutée.

Lorsque l’on est compétitif, je pense que l’on peut travailler efficacement avec les secteurs civils et militaires français. Cette collaboration est d’ailleurs facilitée si vous tissez des liens et des partenariats avec les industries françaises du secteur.

DR : IAI devrait travailler avec EADS… Quelles sont vos relations avec EADS ?

DA : Nous avons eu des relations difficiles avec EADS il y a quelques années, mais aujourd’hui la collaboration se passe très bien, notamment dans le domaine des drones, mais nous y reviendrons probablement dans la suite de l’interview. L’armée française est très satisfaite de nos drones…

DR : En effet, parlons des drones, où Israël a vraiment gagné l’image de leader mondial de ce type d’équipement. Nous savons qu’il y a une collaboration poussée sur ce domaine entre Israël et la France, comment se passe cette collaboration ? est-ce fertile ?

DA : Oui, cette relation est fertile car nos produits ont désormais prouvé leur efficacité. Nous avons développé des drones stratégiques d’observation et des drones offensifs, nous excellons dans ce secteur. Ce fait est probablement lié au contexte du Proche Orient qui nous a permis d’avoir cette avance technologique. Aujourd’hui, je considère que nous n’avons qu’un concurrent majeur qui est américain…

DR : Avez-vous l’impression que la politique joue un rôle important dans vos tractations commerciales ?

DA : C’est vrai que la politique joue un rôle important, mais nous travaillons quand même d’une manière fluide. Il faut montrer que nous apportons un plus avec nos produits, et c’est le cas ! Tout le monde est satisfait de nos produits et de nos systèmes !

DR : Les Israéliens travaillent souvent en partenariats avec les USA, et cette image leur colle généralement à la peau… Cette image, l’avez-vous surmonté en Europe ?

DA : Franchement oui. Nous avons axé notre collaboration avec des acteurs européens sur de vraies complémentarités technologiques et aujourd’hui nous pouvons avancer sereinement. Nous avons actuellement beaucoup de programmes en cours d’analyse avec Airbus et EADS, je suis très optimiste.

DR : Vos drones sont notamment utilisés en Afghanistan par l’armée française…

DA : Comme je vous l’ai expliqué, nos drones ont deux fonctions, la surveillance et le combat. Nos drones de surveillance permettent notamment aux membres de la coalition en Afghanistan de surveiller et de gagner la guerre de l’information. Nos drones sont utilisés là-bas par l’armée Française, l’armée Australienne et l’armée canadienne. Seuls les USA utilisent d’autres drones. Nous jouons un rôle central là-bas, nos drones voient la nuit, par tout temps, nous sommes les meilleurs et nous sommes très demandés.

DR : Toulouse est réputée pour son dynamisme, comment sont les relations entre Israël et le tissu industriel local toulousain ?

DA : la région toulousaine présente une grande force d’innovation, dans le domaine des PME notamment. Le conseil régional est un catalyseur pour notre Chambre de Commerce France Israël locale. Nous avons planifié 2 missions en juin et en novembre 2010 qui toucheront tous les secteurs : agroalimentaire, textile, immobilier, etc… On trouve aujourd’hui une réelle demande dans le 2 sens (actions économiques entre Israël et la France, ndlr) pour ce type de manifestation. Les deux pays se ressemblent lorsqu’on parle d’innovation.

DR : J’ai présenté récemment le baromètre des relations France – Israël et j’ai prononcé le mot boycott… Qu’en pensez-vous ? y êtes-vous confronté ?

DA : Je n’y crois pas beaucoup car dans les faits il n’y a pas de boycott. Même les pays arabes demandent à la France de jouer le rôle d’intermédiaire pour acheter du matériel israélien. Il y a vraiment des collaborations surprenantes, qui restent toutefois marginales. Quoiqu’il en soit, nous ne ressentons pas ce type de boycott en Europe.

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