EDITO: FRANCE-ISRAËL : BINYAMIN NETANYAHOU VA PLAIDER A PARIS POUR UN ETAT PALESTINIEN QUI NE SOIT PAS UNE EPINE DANS SON PIED ET MOBILISER LES ENERGIES FACE A L'IRAN…

C’est un ami qui attend le Premier ministre israélien à l’Elysée, mais un ami singulièrement averti des choses du terrain, à qui nul ne fera prendre des vessies pour des lanternes.

Jun 200924

Par Mati Ben-Avraham
Publié le 24 juin 2009

FRANCE-ISRAËL : BINYAMIN NETANYAHOU VA PLAIDER A PARIS POUR UN ETAT PALESTINIEN QUI NE SOIT PAS UNE EPINE DANS SON PIED ET MOBILISER LES ENERGIES FACE A L’IRAN…rnPar Mati Ben-Avraham

A Rome hier, le Premier ministre Silvio Berlusconi, s’est dit d’accord sur nombre de points avec son hôte israélien, Binyamin Netanyahou – en particulier la nécessité d’empêcher l’Iran de parvenir à l’arme nucléaire – sauf un où il n’a pas dérogé de la position classique européenne : la politique israélienne d’occupation des sols en Judée-Samarie et Jérusalem orientale est contre-productive. C’est un obstacle sur la voie de la paix qu’il s’agit de lever. A Paris, aujourd’hui, le président Sarkozy ne lui jouera pas d’autre partition que celle-ci, avec cependant le souci du détail.

La France en effet, par le biais de l’Agence Française du Développement (AFD), s’active fort, dans les territoires palestiniens autonomes depuis novembre 1998. En 10 ans, l’AFD a investi 117 millions d’euros dans des projets concrets : Station d’assainissement au nord de la bande de Gaza, Adduction et distribution d’eau potable, électrification rurale, services de santé, développement municipal, zone industrielle, création d’une faculté de droit, assistance aux ONG. Selon les chiffres publiés, quelques 650000 Palestiniens, environ 20% de la population, tirent bénéfice de ces réalisations. Depuis la conférence économique de Paris en décembre 2007, qui a suivi celle d’Annapolis, l’AFD a, d’une certaine manière, canalisé les contributions des pays donateurs, optant pour la transparence des opérations financières. Une avancée qui se démarque des méthodes instaurées en son temps par Yasser Arafat.

Ce qui sous-tend cette action, c’est la volonté, d’une part, de contribuer à l’essor économique de la Palestine et, d’autre part, d’aider à la mise en place des structures du futur Etat. Cependant, et cela les Français sont bien placés pour le savoir – et un rapport du Fonds Monétaire Internationale l’a fortement souligné – un véritable décollage de l’économie palestinienne passe par un allègement sensible des restrictions à la circulation à l’intérieur même des territoires. Plus de 500 barrages, talus, postes de contrôle ont été mis en place par l’armée israélienne. Le ministre français des Affaires extérieures, Bernard Kouchner, lors de l’un de ses passages, avait mis l’accent sur ces entraves et, tout en reconnaissant la justesse du principe de sécurité mis en avant par Israël, n’en estimait pas mois que tous les obstacles n’avaient pas de raison d’être.

C’est un ami qui attend le Premier ministre israélien à l’Elysée, mais un ami singulièrement averti des choses du terrain, à qui nul ne fera prendre des vessies pour des lanternes. Et qui sur la question des implantations est dans le droit fil de la position américaine. La question iranienne, elle, sera de pure formalité : Binyamin Netanyahou prêchera à un convaincu de la nécessité à durcir les sanctions contre le régime en place à Téhéran.—

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