EDITO: ISRAËL GOUVERNEMENT : SI SHIMON PERES ET YTZHAK SHAMIR ONT REUSSI A COHABITER, POURQUOI PAS TZIPI LIVNI ET BINYAMIN NETANYAHOU ?

Il n’y a aucune raison, au vu des échéances qui attendent le pays, que Binyamin Netanyahou et Tzipi Livni ne suivent pas cet exemple.

Feb 200914

Par Mati Ben-Avraham
Publié le 14 février 2009

ISRAËL-KNESSET-GOUVERNEMENT : SI SHIMON PERES ET YTZHAK SHAMIR ONT REUSSI A COHABITER, POURQUOI PAS TZIPI LIVNI ET BINYAMIN NETANYAHOU?
Par Mati Ben-Avraham

Aux législatives de 1984 – Ytzhak Shamir était alors Premier Ministre – le parti travailliste récoltait 44 mandats contre 41 au Likoud, qui dirigeait le pays depuis 1977. Mais, en faisant le compte des alliés naturels, les deux se sont retrouvés à égalité. Un cas de figure inédit, mais qui n’arrangeait pas les affaires du pays, en proie à une hyper inflation. A l’arrivée : un accord de coalition nationale, incluant un système de rotation pour le poste de Premier Ministre. Shimon Peres a assuré les deux premières années, Ytzhak Shamir, les deux suivantes. Car contrairement à l’ensemble des pronostics, la Knesset est allée au bout de sa législature.

Le pessimisme des observateurs se comprenait : il n’y avait pas l’ombre d’un atome crochu entre les deux hommes. Pire, au plan idéologique, ils n’étaient pas adversaires, mais ennemis. L’un et l’autre étaient porteurs d’une haine tenace entre les deux courants, une haine dont il faut chercher l’origine dans les années trente du siècle dernier. L’intérêt bien compris de l’Etat a cependant prévalu.

Il n’y a donc aucune raison, au vu des échéances qui attendent le pays, que Binyamin Netanyahou et Tzipi Livni ne suivent pas cet exemple. Trois configurations sont possibles : soit un premier noyau dur Kadima-Likoud-Lieberman, soit un second Likoud-Kadima-Lieberman-Parti travailliste, ou un troisième Kadima-Likoud-Parti travailliste. La première pèse 70 mandats, la seconde 83 et la troisième 68. De quoi voir venir et surtout, ne pas devoir dépendre des extrêmes.

Religieux, d’une part. Les partis ultra-orthodoxes, sépharades et ashkénazes vont monnayer chèrement leur participation. Le monde de la Tora, celui des yéchivot, est, par ricochet, durement touché par l’affaire Bernard Madoff. De grands donateurs juifs américains font, en effet, partie des victimes de l’escroc du siècle. Certaines yéchivot sont déjà durement pénalisées : un repas chaud dans la journée, suppression d’activités sociales, ou ludiques (à la manière ultra-orthodoxe, bien entendu). Mais le Trésor public peut-il se permettre des largesses par les temps qui courent ? Quand le déficit budgétaire sera, selon les prévisions du Ministère des Finances, de l’ordre de 40 milliards de shekels pour 2009 ?

Nationaliste, d’autre part. L’Union nationale et la Maison juive, même en perte de vitesse, ne totalisant plus que 200 000 voix, va exiger une relance des implantations en Judée-Samarie pour éviter, dans un premier temps, toute extension du domaine de l’Autorité palestinienne. Assortie d’une annulation des accords conclus à ce jour. En dehors du problème du financement d’une telle politique, on voit mal les Etats-Unis et l’Union européenne demeurer indifférents à l’arrêt du processus en cours. Et ils ont les moyens de pressions pour se faire entendre et comprendre. Un exemple : l’opération “Plomb durci” a singulièrement entamé les stocks de l’armée, qu’il va falloir donc renouveler pour maintenir la capacité de dissuasion israélienne…

Ce sont là des considérations qui peuvent amener à revoir certaines prises de positions abruptes au soir même de la diffusion des premiers résultats. Et diminuer certains egos ! Mais Lieberman, direz-vous? C’est un bon ami de Tzipi Livni, savez-vous ! Et de Binyamin Netanyahou, dont il fut le directeur de cabinet de 1996 à 1999. Et puis, n’a-t-il pas participé à l’actuel gouvernement, entre 2007 et 2008, sans que les ministres travaillistes ne claquent la porte ? En attendant, l’homme innove : il est parti en vacances pour quelques jours, quelque part en Europe de l’est…—

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