Sarah Tours

EDITO: ISRAËL POLITIQUE - GLISSEMENT A DROITE DE LA SOCIETE ISRAELIENNE.

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Israël-Spécial-Législatives : Poussée à droite…La gauche israélienne va-t-elle se réduire à la portion congrue?

La gauche s’est délitée lentement, puis de plus en plus vite après l’assassinat d’Itzhak Rabin.

nov22

Par Mati Ben-Avraham

La question se pose, à la lecture des récents sondages. Le Parti travailliste est taxé de 8/9 sièges et Meretz plafonne pour l’instant à 7 mandats. 15/16 au total : pas de quoi pavoiser, quant on sait que cette gauche, le plus souvent décousue il est vrai, n’en totalisait pas moins dans ses grandes années jusqu’à 56 députés!

C’était dans les années cinquante et soixante. Le Mapaï historique d’abord, puis le Maharakh – alliance du premier avec le Mapam.

La gauche s’est délitée lentement, puis de plus en plus vite après l’assassinat d’Itzhak Rabin.

Shimon Pérès, mais surtout la relève, les Beilin, Zvili, Ramon, Burg, Meron ont déserté ses rangs. De parti de gouvernement, doté d’une plate-forme idéologique cohérente, porteur d’une certaine idée de la société, il est devenu un traîne-savate, à la remorque d’un leader d’un parti autre, Sharon avant-hier, Olmert hier. Quant à Meretz, il n’a jamais été qu’un parti d’appoint, sectoriel à sa manière.

Alors, au cours des derniers quinze jours, une nouvelle gauche tente de prendre corps, animée par des intellectuels (Amos Oz, par exemple), d’anciens travaillistes (l’ancien ministre Ouzi Baram) et des déçus du travaillisme. Un mouvement dont le pivot serait Meretz. Décollera-t-il dans les prochains sondages? Rien de moins sûr.

Car ce que révèlent les sondages publiés par les grands journaux en cette fin de semaine, c’est un glissement à droite de la société israélienne. Le principal bénéficiaire en est incontestablement le Likoud. Le voici à 32/34 mandats, soit 6 de mieux en deux semaines.

Trois raisons, pour le moins, à cette embellie. Primo, la situation sécuritaire délétère, principalement aux alentours de la bande de Gaza. Ce que voit le public, ce sont là les roquettes qui tombent, les violations incessantes de la trêve par le Hamas et consorts, la libération du soldat Shalit renvoyée aux calendes et ici des attitudes de matamore! Des paroles. De la gesticulation.

Secundo, le retour au bercail de personnalités marquantes du Likoud, Dan Méridor ou encore Beny Begin. Ce qui a drainé non seulement des anciens fâchés à divers degrés avec le président du parti, mais aussi des 30-45, qui appartiennent au haut du panier, qui il n’y a guère rejoignaient le parti travailliste. A l’arrivée : une liste attractive. Mais dont la gestion n’est pas évidente. Associer aujourd’hui Méridor et Begin relève du grand écart ! Et il n’est pas certain non plus que le ralliement de l’ancien chef d’état-major Ayalon soit profitable à terme.

Tertio, Binyamin Netanyahou ne s’est pas contenté de faire amende honorable pour rallier à lui les “princes” du Likoud, mais il a aussi manœuvré avec tact pour fermer la porte à des candidats – Ouzi Landau, Effi Eytam – qui auraient tiré l’image de marque du parti vers l’extrême droite de l’échiquier politique. Tout se passe donc comme si l’ancien Premier Ministre tenait à ancrer son parti au centre-droit.

Ce qui est bien joué. En effet, ce glissement de l’électorat israélien à droite, et c’est un point intéressant, ne profite pas à l’extrême-droite.

Aussi bien Israël Beitenou que l’Union nationale/PNR sont en recul. Moins deux mandats en moyenne. C’est le cas aussi pour Shass qui s’est raidi, par rapport au processus de paix.
Le grand perdant, cependant, à la lumière des sondages est Kadima. Il a perdu 6 points, laissant du coup le Likoud caracoler en tête. Curieusement, et à l’inverse du Likoud, il s’est montré relativement discret, ne recrutant pas à grands coups de cymbales. Il n’est pas impossible non plus que la gestion de la crise économique par le ministre des Finances, Roni Baron ait eu un impact négatif sur l’électorat.

Au niveau des blocs, la situation s’est inversée également. Pour la 1ère fois, le bloc Binyamin Netanyahou, avec 62/64 mandats possibles, distance nettement celui de Tzipi Livni qui stagne à 56.

C’est le moment de rappeler qu’un sondage n’est qu’un instantané d’une inclinaison à un moment précis. Et que la campagne électorale ne s’est pas encore engagée. Le mois de décembre verra la tenue des primaires au sein des principaux partis. C’est à cette aune que l’opinion publique commencera à se forger une idée quant aux acteurs qui solliciteront ses applaudissements, en attendant d’entendre leur partition.—

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