Sarah Tours

EDITO: ISRAËL VISITE DE BERNARD KOUCHNER - Situation bloquée, processus en panne, espoirs en berne : voilà où en est le dialogue israélo palestinien.

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Ce n’est peut-être pas à un constat d’impuissance qu’est parvenu Bernard Kouchner au terme de 48h d’entretiens en-deçà et au-delà de la ligne verte, mais nul doute que ce énième déplacement dans la région n’a pas été des plus encourageants.

oct06

Par Mati Ben Avraham à Jérusalem

Situation bloquée, processus en panne, espoirs en berne : voilà où en est le dialogue israélo-palestinien, moins d’un an après Annapolis et Paris. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, pourtant. Les Etats-Unis, l’Union européenne, Tony Blair au titre du quartette, le duo Ehoud Olmert-Tzipi Livni d’une part et le tandem Mahmoud Abbas- Salam Fayyad d’autre part ont multiplié les approches, les rencontres. Il n’empêche. A l’arrivée, rien de concret. Il y a plusieurs raisons à ce surplace.

Au plan international, d’abord. Rien de sérieux n’a été entrepris pour juguler le Hamas. La bande de Gaza a été mise sous coupe, contrôlée par les membres armés de cette organisation, mais aussi, à une échelle en-dessous, par ceux du Jihad islamique, de Al Qaïda et des familles de type mafieux. Tous ces éléments jouissent d’une prospérité certaine tandis que la majeure partie de la population tire la langue. L’argent pour assurer l’achat des armes, financer les instructeurs, le train de vie des dirigeants ne fait pas défaut. Mais d’où vient-il? Quels sont les circuits financiers? Pourquoi ne pas tarir cette manne ? Autre chose : quand Israël, visé par les roquettes, utilise des moyens de pressions divers, telle la fermeture des points de passage, il suffit au Hamas de monter un spectacle de pleureuses pour que la communauté internationale s’indigne et qu’Israël s’incline. Une sensiblerie de midinette, dont le Hamas joue à merveille. Mais qui éloigne toute possibilité d’avancée israélo-palestinienne.

Côté palestinien, ensuite. Le tandem Mahmoud Abbas/Salam Fayyad s’évertue à liquider l’héritage laissé par Yasser Arafat. L’exemple de Djénine en témoigne, de même que la volonté d’apurer les comptes. Mais le coup de force du Hamas dans la bande de Gaza et la lenteur des réformes les fragilisent. La rue grogne et d’aucuns au sein du Fatah ont de plus en plus envie d’en découdre. Une 3ème intifada est dans l’air. Et la proximité de l’élection présidentielle attise les rivalités. Du coup, pour s’affermir dans son camp, Mahmoud Abbas a durci le ton vis-à-vis d’Israël. Ce qui se traduit par un retour à d’anciennes exigences comme, par exemple, qu’Israël endosse la seule responsabilité de la Nekba de 1948. Inacceptable hier, elle l’est aussi aujourd’hui. Mais, ce raidissement n’aide en rien les affaires de l’Autorité palestinienne dans la mesure où le vrai problème a pour nom le Hamas. Tant que l’Autorité palestinienne n’aura pas rétabli sa souveraineté sur la bande de Gaza, aucun accord global israélo-palestinien n’est envisageable. Il est aussi une autre tâche dont les deux dirigeants ne pourront faire l’économie, à savoir désarmer tous les groupes et groupuscules qui, ont fleuri au temps d’Arafat. C’est à cette aune que l’opinion publique israélienne jugera du sérieux des intentions palestiniennes.

Le volet israélien, enfin. Les tractations pour la formation d’un nouveau gouvernement se poursuivent. Dimanche, au cours de la réunion avec les ambassadeurs israéliens en exercice, Tzipi Livni a assuré que les conversations avec les parties palestinienne et syrienne reprendront sitôt le gouvernement en place. Mais – et le négociateur en chef palestinien Abu Allah l’a relevé – la question n’est pas la désignation d’une nouvelle équipe de négociations israélienne, mais la composition de la coalition gouvernementale. Shass, qui ne le sait pas, est opposé à toute discussion sur le statut de Jérusalem. Or, il est évident que, pour la partie palestinienne, il n’y aura pas d’accord global sans accord sur Jérusalem. Si donc l’actuelle coalition est reconduite, le dialogue israélo-palestinien ne progressera pas sérieusement.

Pour le Nouvel An de la liturgie religieuse hébraïque, Ehoud Olmert a offert un sacré cadeau à la future équipe dirigeante, mais aussi au pays tout entier. Grosso modo, il a affirmé que la paix passe par un retour aux frontières d’avant juin 1967, avec des rectifications majeures. Mais qui ne le sait pas ? C’est la solution soutenue par la communauté internationale, y compris les Etats-Unis. C’est ce que, depuis la conférence de Madrid, nul homme politique israélien ne peut ignorer. Et que l’opinion publique israélienne a intégré, dans sa majorité. Mais voilà, le système électoral israélien n’a pas permis, ne permet toujours pas de dégager une majorité parlementaire allant dans ce sens. Un changement s’impose donc. Et vite. Tzipi Livni en est consciente. Saura-t-elle tirer la classe politique dans ce sens ? La question est posée.—

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