EDITO: Israël – Justice : La police recommande de traduire Ehoud Olmert devant les tribunaux.
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Au terme d’un débat interne de près de cinq heures, réunissant le sommet de la hiérarchie policière et les enquêteurs de la brigade des fraudes, il a été décidé de recommander au Parquet le dépôt d’un double acte d’accusation contre Ehoud Olmert.
Par Mati Ben-Avraham
Le premier porte sur l’affaire des “enveloppes”. Les délits retenus : corruption, fraude et blanchiment d’argent. Le second sur celle de l’agence de voyages ” Rishontours”. Les délits : fraude avec circonstances aggravantes, abus de confiance, fraude fiscale. Il appartiendra au conseiller juridique du gouvernement, Meni Mazouz de décider de traduire ou non Ehoud Olmert devant les tribunaux, et sous quel chef d’accusation.
C’est la première fois, dans les annales de l’Etat, qu’un premier ministre fait l’objet d’une telle recommandation. Mais ce n’est pas la première fois qu’un chef de l’exécutif est sur la sellette. Ont précédé, dans l’ordre Ehoud Olmert, depuis 1996 : Binyamin Netanyahou, Ehoud Barak et Ariel Sharon. Les enquêtes diligentées n’ont pas eu de suites, classées pour insuffisances de preuves selon l’estimation des conseillers juridiques ayant eu à traiter de ces affaires.
Des jouisseurs, dit-on d’eux dans la presse israélienne. Une appétence avide des choses de la vie. Des ambitions qui justifient moyens et méthodes utilisés. Et puis la conviction d’être intouchable parce qu’au sommet de la pyramide.
Une mentalité de tricheurs, que n’avaient pas leurs aînés. Qu’un ministre de la Sécurité Intérieure ait songé à proposer une loi visant à assurer une immunité totale à un Premier Ministre durant la durée de son mandat, en dit long sur l’état d’esprit de cette nouvelle génération de politiciens.
En ce sens, il faut se féliciter de la bonne santé des institutions du pays. Ni le contrôleur de l’Etat, ni la Police, ni le Parquet, ni le Conseiller juridique du gouvernement n’ont frémi. Un signe fort à l’adresse de tous ceux qui demeurent convaincus de la prééminence de l’Etat de Droit. Il faut se féliciter aussi du bons sens manifesté par la société civile qui, les sondages en témoignent, ne prend plus des vessies pour des lanternes.—


